L’Espérance Sportive de Tunis quitte la Ligue des champions africaine aux portes de la finale, dominée sur la pelouse du Loftus Versfeld par ces mêmes Mamelodi Sundowns qui l’avaient déjà sortie de la compétition au stade des quarts de finale la saison passée. Avec un retard d’un but à remonter après la manche aller de Radès, le déplacement à Pretoria s’annonçait périlleux pour les hommes de Patrice Beaumelle. Cela s’est mué en périple difficile pour des Sang et Or trop timorés, battus une nouvelle fois sur le plus petit des scores (1-0), mais sur le plus grand des regrets.
Cette double confrontation était présentée comme une finale avant l’heure entre le quadruple vainqueur de l’épreuve, qui n’a plus foulé le gazon d’une finale depuis 2024, et le malheureux finaliste de la dernière édition, coaché par un Miguel Cardoso qui connaît la maison espérantiste comme sa poche. Le technicien portugais a récité une partition tactique quasi-parfaite, là où l’EST a payé cash le manque de justesse dans la zone de vérité.
Il y avait pourtant de quoi y croire durant les premières minutes. Les Tunisiens étaient les plus entreprenants, affichant une possession de balle supérieure à 60 pc dans le premier quart d’heure. Avec des attaques placées et une animation offensive bien ficelée, l’Espérance monopolisait le cuir. Mais cette domination stérile s’est heurtée au mur de la dernière passe, ce défaut chronique qui plombe les ambitions continentales du club de Bab Souika.
En face, la machine de Miguel Cardoso, bien huilée, a attendu son heure, jouant les coups en contre avec une efficacité chirurgicale. Le signal d’alarme a retenti à la 20e minute : sur un une-deux dévastateur effaçant une ligne entière, le Colombien Bryan se présentait seul face à Bechir Ben Saïd. Heureusement pour l’EST, le portier Bechir Ben Said sortait vainqueur de ce face-à-face qui aurait pu être le coup de massue fatal.
Mais le sursis fut de courte durée. A la 31e, l’impensable s’est produit sur une phase anodine. Une remise en touche de Keita vers son gardien, une pression adverse, et l’irréparable est commis dans la surface. Penalty sévère, transformé sans trembler par Brayan Leon Muniz. L’Espérance venait de se saborder, offrant aux Sud-Africains le seul luxe dont ils ont besoin : un but d’avance pour s’abriter derrière leur science du tempo.
Juste avant la pause (41e), le bois a repoussé les espoirs de Florian Danho, avant que Koucaila Boualia ne rate le cadre de la tête dans la foulée. C’était le tournant du match, et peut-être du quart de finale.
A la reprise, si l’on attendait des Sang et Or qu’ils jouent le tout pour le tout avec le couteau entre les dents, le terrain a renvoyé l’image d’une équipe sans solutions. Ni le rythme ni la combativité ne laissaient présager un remontada.
Patrice Beaumelle a bien tenté de bousculer les lignes en lançant Diakité, Rafia et Diarra, mais la machine espérantiste s’est enrayée à mesure que les Mamelodi Sundowns gagnaient en maîtrise. A l’heure de jeu, le compteur de possession s’était inversé (57 pc pour les locaux). Pire, l’Espérance a fini par user de précipitation en attaque et de manque de lucidité en défense. Sans un Bechir Ben Said vigilant sur une frappe surpuissante de Marcello Evan (75e), l’addition aurait pu être plus salée, mais tout aussi synonyme d’élimination.
Les six minutes de temps additionnel sifflées par l’arbitre somalien n’ont fait que repousser l’inéluctable. L’Espérance quitte la scène continentale sur une impression de trop peu, victime d’un verrou sud-africain qui a encore frappé. Le rêve d’un cinquième sacre continental s’évanouit à Pretoria où un millier des supporters du club de Bab Souika s’est déplacé pour soutenir l’équipe.
Formation de l’Espérance ST :
Bechir Ben Said, Ibrahima Keita, Hamza Jelassi, Mohamed Amine Tougai, Mohamed Amine Ben Hmida, Onuche Ogbelu, Houssem Tka (Rafia), Abderamane Konaté (Haj Ali), Yan Sasse (Diarra), Kouceila Boualia (Diakité), Florian Danho (Maacha).



