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Tunisie – Royaume-Uni : Une ambition réaffirmée à « London Tech Week 2026 »

  • 18 avril 2026
  • 7 min de lecture
Tunisie – Royaume-Uni : Une ambition réaffirmée  à « London Tech Week 2026 »

A l’approche de London Tech Week 2026, la Tunisie prépare une participation plus structurée et résolument tournée vers l’impact. Forte des acquis de sa première participation en 2025, elle ambitionne de renforcer sa visibilité internationale et de consolider sa place dans les chaînes de valeur technologiques mondiales.

La Presse — A l’occasion d’une session d’information organisée récemment au siège de la Conect, l’appel à candidatures pour la deuxième édition du pavillon tunisien à la London Tech Week 2026, prévue du 8 au 12 juin 2026, a été officiellement lancé.

Après une première participation saluée comme une réussite diplomatique et économique, la Tunisie revient sur la scène londonienne avec une délégation plus mature, mieux structurée et portée par un objectif clair : consolider son positionnement en tant que hub régional de l’innovation et passerelle stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

London Tech Week : l’un des plus grands rendez-vous mondiaux de la tech

Véritable baromètre de l’innovation mondiale, la London Tech Week rassemble chaque année plus de 45.000 participants issus de plus de 90 pays, autour de près de 300 intervenants de haut niveau et de plus de 600 exposants. L’édition 2025 a, à elle seule, généré plus de 15 milliards de livres sterling d’annonces d’investissement dans l’écosystème technologique britannique, confirmant Londres comme la première capitale européenne du capital-risque tech.

Pour les startups africaines et méditerranéennes, cet événement constitue un passage stratégique : c’est à Londres que se nouent les partenariats avec les fonds européens, les grandes entreprises internationales et les plateformes d’accélération capables de transformer une jeune pousse locale en acteur global.

La première participation tunisienne, en 2025, avait réuni une trentaine de startups et d’entreprises numériques, accompagnées de fonds d’investissement, d’accélérateurs et de talents de la diaspora tunisienne au Royaume-Uni. Plusieurs secteurs de pointe étaient représentés, notamment la cybersécurité, la santé digitale et l’intelligence artificielle.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du projet « Startups et PME Innovantes », financé à hauteur de 75 millions de dollars par la Banque mondiale et mis en œuvre par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) en partenariat avec Smart Capital. Cinq ans après son lancement, le projet affiche un bilan tangible : 70 startups financées via le Fonds « Anava », 21,5 millions de dinars injectés dans 11 PME innovantes via « InnovaTECH », et plus de 171 bénéficiaires accompagnés à travers le programme « Flywheel ».

Nejia Gharbi : « Nous revenons à Londres avec un track record »

« Il y a un an, la Tunisie participait pour la première fois à la London Tech Week avec un pavillon national. Nous n’étions pas là en observateurs : nous étions des contributeurs, porteurs du talent et des capacités de notre écosystème tech. Aujourd’hui, nous revenons à Londres, non pas comme de nouveaux venus, mais comme une délégation ayant fait ses preuves sur la scène internationale, avec un véritable track record, des sorties réussies et des startups tunisiennes capables de lever des millions à l’international.

La London Tech Week réunit des leaders de plus de 120 pays : c’est une plateforme pour nouer des partenariats stratégiques, attirer des investisseurs et renforcer les liens avec notre diaspora. La Tunisie n’est plus seulement une porte d’entrée vers l’Afrique, elle est un hub d’innovation à part entière, classé parmi les 20 meilleurs écosystèmes mondiaux selon Startup Genome en 2025 », a déclaré la directrice générale de la CDC.

La montée en puissance du pavillon tunisien doit beaucoup au travail de la Chambre de commerce Tuniso-britannique (Tbcc), qui s’impose depuis plusieurs années comme un véritable pont institutionnel entre les deux écosystèmes. Mise en réseau, facilitation diplomatique, accompagnement des investisseurs, soutien aux missions B2B : la Tbcc constitue désormais un maillon structurant du corridor économique entre Tunis et Londres.

« La relation entre le Royaume-Uni et la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase. Nous ne parlons plus seulement d’échanges commerciaux classiques, mais de co-innovation et de partenariats en intelligence artificielle, en fintech, en cybersécurité et en cleantech. Notre ambition est claire : faire de la Tunisie un hub d’innovation de référence en Afrique et la porte d’entrée naturelle des entreprises britanniques vers le continent.

Avec ses talents, sa proximité avec l’Europe, ses coûts compétitifs et la qualité de son capital humain, la Tunisie dispose de tous les atouts pour devenir ce que Londres a été pour l’Europe : un centre où se dessine l’avenir technologique d’une région entière. Notre rôle de catalyseur est précisément de traduire ce potentiel en contrats, en investissements et en emplois des deux côtés de la Méditerranée », a déclaré Jed Mrabet, président de la chambre.

Pourquoi rejoindre la délégation tunisienne ?

Pour les startups et PME innovantes tunisiennes, intégrer le pavillon national à la London Tech Week 2026 constitue une opportunité stratégique à plusieurs niveaux. Cela leur permet d’abord de prendre part à un événement international de premier plan, réunissant plus de 45.000 décideurs, investisseurs et leaders technologiques issus de plus de 90 pays.

Elles bénéficient également d’un programme B2B structuré, comprenant des rendez-vous qualifiés, des sessions de pitch devant des investisseurs, ainsi que des side-events et des rencontres institutionnelles favorisant les échanges à forte valeur ajoutée. Cette participation leur offre par ailleurs une visibilité accrue sous pavillon national, soutenue par un appui diplomatique renforcé, tout en leur donnant un accès privilégié aux réseaux de la diaspora tunisienne au Royaume-Uni ainsi qu’à ceux de la Tbcc.

Enfin, les entreprises sélectionnées profitent d’un accompagnement complet, incluant la préparation en amont, le coaching pour les pitchs et la mise en relation, aussi bien avant, pendant qu’après l’événement, afin de maximiser les retombées de leur participation. Alors que la première édition avait été celle de la découverte, celle de juin 2026 se veut être celle de la consolidation et de la traction.

Les organisateurs appellent les startups, PME innovantes, fonds d’investissement et structures d’accompagnement à postuler sans tarder afin de bâtir, ensemble, une délégation encore plus ambitieuse et porteuse d’impact, pour positionner durablement la Tunisie comme le hub d’innovation incontournable du continent africain.

Aslan Ben Rejeb : une participation ouverte à tous les secteurs

En clôture de la session d’information, Aslan Ben Rejeb, président de la Conect, a tenu à rassurer et encourager les entreprises de tous horizons à saisir cette opportunité. Il a précisé qu’il n’est pas nécessaire d’être exclusivement spécialisé dans l’intelligence artificielle pour rejoindre la délégation :

« Toute startup intégrant une dimension technologique ou liée à l’IA peut candidater, quel que soit son secteur d’activité, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’industrie, des services ou encore de l’artisanat ». Il a également souligné que plusieurs institutions et acteurs financiers seront présents à Londres afin de soutenir les entreprises participantes, que ce soit en matière de financement, de mise en relation avec les investisseurs ou d’accompagnement à la structuration de leurs projets à l’international.

Le président de la Conect a enfin mis en avant le rôle de la Confédération dans le développement des relations internationales du secteur privé tunisien.

Auteur

Nadia CHAHED

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