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A la une Editorial

Tunisair : Le paradoxe du Tarmac

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  • 20 avril 2026
  • 3 min de lecture
Tunisair : Le paradoxe du Tarmac

Selon le ministre des Transports , durant les quinze derniers jours, Tunis air n’a enregistré aucun retard. Il y a de quoi pavoiser sincèrement ! Pour ceux qui ont connu les errances chronométriques de notre pavillon national, cette statistique sonne comme une symphonie de ponctualité retrouvée, le signe avant-coureur d’un redressement que l’on espérait plus. Devant les élus de la nation, le ministre a dessiné les contours d’une ambitieuse reconquête : une flotte de 21 appareils à l’horizon 2026. L’effort est louable, la stratégie de montée en charge est cohérente, et l’on ne peut que saluer cette volonté de redonner de l’envergure à notre transporteur historique.

Pourtant, on ne saurait se laisser griser par le seul éclat des carlingues neuves ou remises à neuf. Si l’on peut se féliciter de voir le nombre d’avions opérationnels croître, il convient de poser les questions qui fâchent, celles qui se situent non pas dans les nuages, mais au ras du tarmac. Car le véritable talon d’Achille de Tunisair, ce « point de rupture » où la mécanique de précision se grippe, réside dans la gestion de ses ressources humaines, et plus précisément chez ces « petites mains » qui orchestrent le ballet complexe du sol.

Agrandir la flotte est une condition nécessaire, mais elle restera insuffisante si l’on ne réforme pas l’éthique du service au sol. Le mal est profond : il se loge dans une culture de l’absentéisme endémique, ces « congés de maladie » de complaisance qui déciment les équipes au moment des pics d’activité, et dans la manipulation parfois opaque des pièces de rechange. Qu’importe que l’on dispose de 21 avions si une poignée de « petits couteaux » de l’entreprise décide, par lassitude ou par manque de conscience professionnelle, de rentrer plus tôt ou d’invoquer l’éternelle urgence domestique pour déserter son poste.

A notre humble avis, la restructuration se joue sur l’équilibre subtil entre une flotte performante et des cadres qualifiés capables de restaurer une discipline de fer. Il s’agit de rompre avec cette morosité qui a trop longtemps gangréné Tunisair Handling ou Technics. Soutenir Tunisair aujourd’hui, ce n’est pas nier ses efforts, c’est exiger que l’excellence opérationnelle promise par le ministre soit irriguée jusqu’au dernier échelon de la chaîne logistique. Pour que la Gazelle reprenne son vol souverain, elle doit impérativement soigner ses pieds d’argile.

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Auteur

Salem Trabelsi

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