La députée Aouatef Cheniti : « les productions agricoles se vendent cher à causes des intermédiaires ! »
• À Béja, l’agriculteur vend le mouton pesant entre 27 et 30 kg à l’intermédiaire (« gachar », sic) pour un prix oscillant entre 700 et 900 dinars. »
Aouatef Chniti, députée représentante de la région de Béja et membre de la Commission de la Santé, de la femme et des affaires sociales au Parlement, a révélé ce matin du mardi 21 avril 2026 au micro de la Radio Nationale qu’il existe un fossé entre la promulgation des lois d’un côté et leur application de l’autre.
Ella a assuré que les députés remplissent convenablement leur devoir législatif et de contrôle sauf qu’il y a toujours des obstacles au niveau des applications et de la concrétisation des lois. Elle a indiqué, à titre d’exemple, qu’un article de loi datant de plus de deux ans et qui concerne les bétails, n’a toujours pas été activé. « Cet article, précise -t-elle, vise au développement du cheptel et vise d’assurer la sécurité alimentaire des Tunisiens ».
Pour ce qui est du prix du mouton, l’intervenante a assuré que ce sont les intermédiaires qui tirent profit de la situation et rendent le prix inaccessible aux citoyens.
« En discutant avec les agriculteurs de ma région, j’ai su que chacun possède entre 300 et 400 têtes. Malheureusement, ces moutons ne sont pas directement vendus aux consommateurs mais aux intermédiaires », a-t-elle noté. Et d’ajouter : « l’agriculteur à Béja vend le mouton pesant entre 27 et 30 kg à l’intermédiaire (« gachar », sic) pour un prix oscillant entre 700 et 900 dinars ! »
Richesse illicite, profit et blanchiment d’argent
« Ces intermédiaires, ajoute la députée, n’ont aucun rapport avec le domaine de l’agriculture ! Ils font du blanchiment d’argent, sont à l’origine de tous les maux et je sais très bien ce que je dis », dénonce-t-elle.
Et de poursuivre : « Comme ils ont beaucoup d’argent, ils guettent l’opportunité des saisons de récolte sur du charbon ardent. Ils s’adressent en premier aux agriculteurs pour mettre la main sur les meilleures récoltes ne laissant pas aux agriculteurs l’occasion de refuser tant ils achètent au comptant et en très grandes quantités. L’agriculteur qui a dépensé beaucoup d’argent sur sa production accepte l’offre parce que cela lui permet de payer ses dettes, de couvrir ses dépenses et d’avoir un certain gain immédiat. Ensuite les intermédiaires revendent ces productions agricoles aux citoyens à des prix exorbitants, peu importe combien la récolte a été bonne et généreuse ! C’est le cas pour la récolte des olives, la récoltes des petits pois et évidemment pour les moutons. Et e citoyen ne comprend pas pourquoi les prix des productions agricoles restent chers même si les récoltes sont bonnes et qu’il a plu ! Voilà, tout le mal est là : dans les circuits de distribution », explique-t-elle.



