Didier Leschi : «”À la fin du contrat en France, le retour au pays est obligatoire !”
En marge du lancement, le 8 avril 2026, de la deuxième phase du projet THAMM+OFI, projet qui s’inscrit dans le cadre de la coopération franco-tunisienne pour une migration professionnelle mieux structurée et plus durable, M. Didier Leschi Directeur général de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, a expliqué à l’agence TAP que ce programme offre de grandes opportunités aux migrants qu’ils soient recrutés pour une longue durée ou en tant que saisonniers.
Il a ajouté que si les migrants respectent au pied de la lettre les clauses du contrat et se plient aux règlements du départ, ils ne peuvent qu’en sortir gagnants. A contrario, ceux qui violent leur durée de séjour, n’empruntent pas la voie du salut… D’ailleurs, il a révélé que ceux ayant mené une expérience professionnelle en France à travers le programme peuvent toujours être appelés à revenir en cas de besoin.
Le retour des compétences
M. Didier Leschi a laissé entendre que le retour en Tunisie n’est pas forcément le point final de cette expérience, indiquant que la communauté tunisienne augmente régulièrement en France ce qui prouve que certains finissent par installer en France. “De par nos entretiens avec les ministres tunisiens du Travail, des Affaires Etrangères et de la Santé que j’ai aussi rencontré, il était convenu de faire en sorte qu’à un moment donné, la diaspora tunisienne se préoccupe aussi du développement de la Tunisie.
Parce qu’il faut dire que si elle est employée en France, elle fait bénéficier à la France de ses compétences. Les autorités tunisiennes ont besoin aussi, dans le cadre de leur schéma de développement économique, de bénéficier des compétences accumulées des Tunisiens partis travailler en France. Et c’est justement tout l’enjeu des flux migratoires à l’échelle du monde, mais en particulier entre l’Europe, les pays du Maghreb et de l’Afrique. Il ne doit pas y avoir de vision égoïste, mais un intérêt réciproque. Voilà”.
Les spécificités pour les saisonniers
Concernant les saisonniers, l’intervenant a précisé que, de façon globale, ces derniers arrivent en France en répondant à une offre d’emploi. Cependant, et pour éviter que ces saisonniers ne soient exploités, ces offres doivent être vérifiées par les autorités françaises. “Parfois, ce qui est présenté comme un contrat de travail, ne l’est pas en réalité ! Certains pensent que ça va être facile, ils utilisent un passeur ou payent un prix énorme pour un faux contrat de travail qui va les amener dans une situation difficile !
Avec le programme THAMM, les saisonniers sont protégés contre ce genre de mésaventure de plus, ils sont payés exactement comme des salariés Français. Cependant, ils doivent respecter la durée du contrat, souvent recrutés pour six mois, et repartir une fois l’emploi est terminé.
Cependant, ils peuvent bénéficier d’un titre pluriannuel sur trois années. Mais ils doivent rentrer et nous pointons les retours. Parce qu’un contrat saisonnier n’est pas un contrat d’installation en France. Le cas échéant, c’est-à-dire s’ils ne rentrent pas, ils sont marqués et ne peuvent jamais aspirer à ce que leur situation soit régularisée”.
La voie légale est l’unique voie du salut
20 000 Tunisiens sont allés de la Tunisie vers la France par les voies légales d’immigration en 2025. Il s’agit de travailleurs et de compétences comme les médecins et les ingénieurs. Ces chiffres prouvent que les voies légales d’immigration vers la France sont ouvertes et que toute immigration irrégulière vers la France n’aboutit qu’à des situations compliquées.
D’abord parce que la France est un pays qui a lui aussi des difficultés sociales, et puis parce que le pays est impacté aussi par ce qui se passe dans le monde. La France aussi est passée par une conjoncture difficile et a souffert du prix du pétrole et par les transformations liées à l’intelligence artificielle. Chez nous aussi les Français perdent des emplois et certains secteurs souffrent.



