Festival des fleurs de bigaradier session 2026 : Des senteurs, des fiasques et un circuit de saveurs florales
Treize acteurs économiques et régionaux participent au circuit écotouristique « La Route du bigaradier », dont le lancement officiel a été donné samedi dernier par la gouverneure de Nabeul, Mme Hana Chouchani, au siège social de l’Association pour la sauvegarde de la ville de Nabeul (Asvn) qui pilote cette initiative en collaboration avec le Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (Pampat).
La Presse — La Cité des Potiers a vécu durant le weekend dernier, du 17 au 19 avril, au rythme du festival des fleurs de bigaradier, qui a dressé son chapiteau à Dar Sidi Ali Azzouz (siège de l’Association pour la sauvegarde de la ville de Nabeul).
Si les artisans locaux et régionaux étaient au rendez-vous pour exhiber leurs productions d’hydrolats d’eau de fleur d’oranger et les produits dérivés du bigaradier (confitures, marmelades, confiseries, produits cosmétiques, etc.), cette édition fut l’occasion de donner le coup d’envoi officiel de la « Route du Bigaradier » par la gouverneure de Nabeul, Mme Hana Chouchani.
Soutenu par le Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (Pampat) et le commissariat régional de l’Office national du tourisme tunisien (Ontt-Nabeul), sous le pilotage de l’Asvn, ce circuit éco-touristique rassemble 13 acteurs économiques locaux et régionaux :
– 1 ferme pédagogique (Ethos Farm, à Ghardaya-Somaa)
– 2 artisans de transformation et de distillation (Terroirs de Tunisie à Dar Chaâbane & Ezzemnia à Nabeul)
– 1 verger (Saniet Kort, à l’entrée de Nabeul)
– 1 table d’hôtes (Sawa, à Bir Drassen)
– 1 maison d’hôtes (Dar El Gaïed, à Nabeul)
– 1 gîte rural (Dar Jel, à Bir Bouregba)
– 2 restaurants (Dar Mrad & Il Gusto, à Nabeul)
– 3 entreprises de cosmétique (Ziramdiz, Feshka et Organica, à Nabeul
– 1 maison événementielle (Dar Machat, à Nabeul)
« Cette “Route du bigaradier” représente une bonne opportunité pour le développement socioéconomique de la région. Actuellement, nous comptons 13 acteurs impliqués dans ce projet très ambitieux qui vise à valoriser le bigaradier et ses produits dérivés à travers un circuit inclusif offrant une immersion totale dans les saveurs et les senteurs florales de l’or blanc du Cap Bon », fait savoir M. Issam Gabsi, président du Festival des fleurs de bigaradier et trésorier de l’Asvn. « Les portes d’adhésion à ce circuit sont ouvertes à tous les acteurs économiques de la région, dont l’activité a un rapport direct avec l’exploitation, la production et la transformation des fleurs et du fruit du bigaradier. D’ailleurs, plusieurs artisans ont exprimé leur désir de figurer dans cette Route », ajoute-t-il.
Parallèlement, les initiateurs de ce festival ont organisé une conférence scientifique autour des bienfaits médicinaux de l’hydrolat de fleur de bigaradier et une présentation historique sur la dynamique socioculturelle de la cueillette et de la transformation des fleurs d’oranger, animée par M. Rached Khayati, ainsi que des « cookings shows » mettant en exergue le patrimoine culinaire régional et les saveurs locales sous la houlette des membres de l’association des Ambassadrices de Hammamet et des adhérentes de l’Asvn ainsi que des apprenants de l’Institut de formation dans les métiers du tourisme de Nabeul (Ifmtn).
« Une signature gustative bien distinguée »
« L’eau de fleur d’oranger est un produit très raffiné qui distingue le patrimoine culinaire capbonnais. Son association avec le safran, notamment pour la marinade des viandes ovine et bovine et le mouillage de la graine de couscous, offre une saveur unique en son genre et une signature gustative bien distinguée », précise chef Khoubeib Dhouibi, un cuisinier originaire de Grombalia et expatrié en Autriche. « D’ailleurs, j’utilise l’eau de fleur de bigaradier dans mes recettes gastronomiques d’inspiration internationale et dans mes dessert créatifs pour leur donner une touche tunisienne aux effluves de mes racines », renchérit-il.
Enfin, l’art était au rendez-vous à Dar Sidi Ali Azzouz avec la présence d’ateliers de mosaïque, de calligraphie et de décoration de poterie et de peinture sur verre.
« J’anime cet atelier de mosaïque qui a pour but de donner vie à une fresque représentant une fleur de bigaradier avec des morceaux de tessons de faïences coupés en petits cubes. Par ailleurs, à mes côtés, M. Radhi Khallel, un artiste calligraphe, anime un atelier mettant en valeur l’art de la calligraphie arabe au service de la décoration des contenants de l’hydrolat de fleur de bigaradier.
En outre, des formateurs du Centre de formation aux métiers d’arts de Nabeul initie les jeunes aux technique de décoration des fiasques de l’eau de fleur d’oranger et autres articles décoratifs », déclare M. Lotfi Bettaieb, membre de l’Asvn. « Même l’art de sparterie est au rendez-vous à travers la présence d’artisans nattiers qui fabriquent des supports en jonc séché habillant les fiasques », conclut-il.



