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Le D.G. de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration dresse le bilan du programme THAMM-OFI

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  • 22 avril 2026
  • 6 min de lecture
Le D.G. de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration dresse le bilan du programme THAMM-OFI

A l’occasion du lancement de la deuxième phase du projet THAMM+OFI, un projet qui s’inscrit dans le cadre de la coopération franco-tunisienne pour une migration professionnelle mieux structurée et plus durable, M. Didier Leschi Directeur général de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, dresse le bilan de la première phase tout en expliquant les secteurs visés par ce projet de migration.

Interviewé par l’agence TAP au sujet du projet THAMM, l’intervenant a indiqué à ce titre que depuis le lancement, en 2022, du programme THAMM, 500 personnes ont obtenu un contrat de travail de longue durée en France et 1000 personnes ont été formées. “Certains ont bénéficié d’une formation pour pouvoir honorer les engagements de leurs contrats en France alors que d’autres ont été formés pour être employés en Tunisie.

Ces résultats expliquent d’eux-mêmes l’esprit même du programme THAMM qui reflète la volonté d’investissement de l’Union européenne et de la France. Durant sa première phase, ce programme a offert l’avantage de la montée en qualification aussi bien des personnes qui vont partir en France que pour ceux qui se trouvent en Tunisie.

Et ce dans la mesure où ils vont pouvoir répondre aux besoins des deux pays en termes d’emploi. Parce que l’esprit même du THAMM est de ne pas travailler et bénéficier à sens unique”, a révélé M. Leschi ajoutant que tout l’enjeu est de faire en sorte que la migration vers la France soit sûre et structurée pour que le migrant ne se retrouve pas dans une situation sociale difficile et pour qu’il ait la capacité d’être autonome. “Et être autonome en France, explique-t-il, ça suppose d’un côté un travail sûr via un contrat légal et une rémunération et un logement”.

Partenariat

Une fois les candidats recrutés, et arrivés en France, est-il du rôle de l’OFI de les accompagner jusqu’à leur intégration ? M. Leschi explique que c’est justement à ce niveau là où réside l’importance du partenariat de l’OFI avec les autorités tunisiennes, particulièrement avec l’Agence Nationale de l’Emploi et le Travail Indépendant (ANETI). “Il est à savoir que l’ANETI nous présente des candidats.

Pour intégrer le programme, il faut que les candidats aient un minimum de motivation et de compétences de base. Et c’est là où intervient le tiers de confiance. D’où l’importance capitale de notre partenariat de longue durée avec les autorités tunisiennes, notamment l’ANETI et le ministère du Travail et de la Formation Professionnelle qui sont nos partenaires fiables.

C’est d’ailleurs l’avantage par lequel la Tunisie se démarque des autres pays : la Tunisie est un partenaire fiable qui présente des personnes avec des compétences et ayant la volonté de de se former pour répondre aux besoins du marché de l’emploi français. D’ailleurs nous avons respecté la volonté tunisienne qui a veillé à ce que les bénéficiaires du programme viennent des différentes régions”, révèle-t-il..

Dès lors, le bilan de la première phase du programme THAMM est plutôt positif et satisfaisant. Aujourd’hui que la deuxième phase est lancée, M. Leschi indique que l’objectif est “d’augmenter en volume et de digitaliser la procédure administrative afin de la rendre plus fluide”. Il a ajouté que l’un des enjeux les plus importants de cette deuxième phase qui se poursuivra jusqu’en 2029, est d’élargir l’éventail des secteurs de recrutement.

Les secteurs visés

Dans cet ordre d’idées, le responsable français a reconnu l’existence de problèmes spécifiques dans le secteur de l’agriculture. “Je dois dire que même si aujourd’hui l’agriculture se mécanise, nous avons besoin de main d’œuvre aussi bien saisonnière que de longue durée. Nous cherchons une main

d’œuvre avec de jeunes compétences spécifiques. C’est le cas pour le secteur agricole mais aussi pour les secteurs prioritaires comme l’industrie, le transport, la restauration, les métiers de soins infirmiers et d’aide aux personnes. En France, nous avons besoin de personnes compétentes pour réindustrialiser le pays.

Car après avoir passé par une longue période de désindustrialisation en France, nous cherchons à relancer l’industrialisation et avons donc besoin de compétences techniques qu’on peut trouver auprès des Tunisiens comme dans d’autres pays. Cependant, l’avantage avec la Tunisie, c’est justement le partenariat de longue durée et la connaissance de la langue française ce qui fait que les personnes sont directement employables contrairement à ceux qui viennent d’autres pays et qui nécessitent une formation en langue”.

Ceci dit, ajoute le responsable, du côté français, il va falloir accélérer le rythme des procédures administratives, spécifiquement pour le recrutement des transporteurs. Nous avons en effet des problèmes spécifiques liés à la législation européenne qui exige une formation initiale validée par l’Europe pour pouvoir être conducteur de de poids lourds par exemple.

Cependant, et en dépit de cette longueur des procédures, le programme est considéré comme une fierté et une expérience exemplaire, aussi bien par l’Union européenne que par la Tunisie et la France. Et l’on doit cette réussite dans le flux migratoire au rapport de confiance.

Intérêt à double sens

En recrutant les compétences tunisiennes, la Tunisie n’est-elle pas une proie au phénomène de fuite des cerveaux ? L’intervenant répond que non ! Il assure que le fait que les flux migratoires ne soient pas à sens unique protège les deux parties. “Notre but n’est pas que tous les médecins tunisiens, par exemple, partent en France !

Ce n’est pas notre objectif dans la mesure où cela nuirait à la Tunisie et ne serait pas non plus profitable pour la France. Le projet THAMM ne marche que dans les deux sens. En outre, nous ne souhaitons pas que des Tunisiens comme d’autres nationalités se retrouvent en France dans une situation sociale très difficile.

Et c’est pour cette raison que nous proposons de l’aide au retour volontaire. Ce sont des dotations importantes pouvant atteindre jusqu’à 9000 € et qui peuvent être un fond de départ pour un investissement en Tunisie. Et ceci ne peut se faire qu’en partenariat avec les autorités d’un pays qui accepte ce type de schéma et d’intervention de l’OFI”.

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Auteur

Abir Chemli

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