Après une période de hausse jugée exceptionnelle, les prix des légumes en Tunisie devraient amorcer une baisse progressive dans les prochaines semaines, portée par une amélioration attendue de l’offre sur le marché. C’est ce qu’a indiqué l’expert en politiques agricoles Faouzi Zayani, jeudi 23 avril 2026.
Selon lui, l’augmentation récente des prix s’explique par une combinaison de facteurs, notamment la période de transition entre les saisons et le caractère précoce de certains produits issus des cultures sous serre. Toutefois, il souligne que l’ampleur de cette hausse reste inédite par rapport aux années précédentes.
Intervenant sur Express Fm, l’expert a mis en lumière les dysfonctionnements structurels du secteur agricole, évoquant une forme de désorganisation liée à l’absence d’estimations précises de la consommation nationale et au manque de données statistiques fiables. Cette situation complique l’évaluation des besoins réels du marché et la régulation de l’offre.
Il a aussi pointé l’impact de la pénurie hydrique sur les cultures sous serre, particulièrement gourmandes en eau. Environ 35 % de la production de légumes issus de ces exploitations est concentrée dans la région du Sahel, notamment dans le gouvernorat de Monastir, où la raréfaction des ressources en eau a contribué à une baisse des volumes produits.
Face à cette situation, Faouzi Zayani a appelé à l’identification de nouvelles zones de production afin de garantir un approvisionnement régulier du marché, d’autant que la consommation de légumes en Tunisie s’étale désormais sur l’ensemble de l’année.
Par ailleurs, il a évoqué l’existence de pratiques spéculatives dans un contexte de production limitée, plaidant pour un renforcement des mécanismes de contrôle, notamment aux frontières, afin de lutter contre les circuits illégaux, d’assurer la qualité des produits et de protéger la santé des consommateurs.
S’agissant des perspectives, l’expert prévoit une amélioration progressive de la situation du marché dans un délai n’excédant pas vingt jours. Cette évolution serait favorisée par l’arrivée de légumes cultivés en plein champ, notamment les légumes-feuilles, à la suite des récentes précipitations.
Cette hausse de l’offre devrait se traduire par un recul progressif des prix, en particulier pour les légumes-feuilles, mais également pour des produits largement consommés tels que la tomate et le piment, à mesure que les niveaux de production se redresseront.



