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Monde Société

Comment obtenir la nationalité italienne avec les nouvelles règles ?

  • 24 avril 2026
  • 4 min de lecture
Comment obtenir la nationalité italienne avec les nouvelles règles ?

La réforme de la nationalité italienne, validée en mars 2026, marque un tournant majeur dans l’accès à la citoyenneté. Désormais, les conditions d’obtention sont plus strictes, en particulier pour les demandes fondées sur la filiation. Si les voies traditionnelles restent ouvertes, le nouveau cadre juridique impose des critères plus rigoureux, avec des conséquences concrètes pour des milliers de candidats à travers le monde, y compris en Tunisie.

Au cœur de cette réforme figure la limitation du droit du sang, longtemps pilier du système italien. Jusqu’ici, il était possible de revendiquer la nationalité en remontant plusieurs générations, à condition de prouver une ascendance italienne continue. Désormais, cette transmission est restreinte aux deux premières générations. Concrètement, seuls les individus ayant un parent ou un grand-parent italien peuvent prétendre à une reconnaissance automatique, sous réserve de conditions supplémentaires liées notamment à la situation de l’ascendant.

Cette évolution vise à encadrer un afflux croissant de demandes, souvent issues de descendants éloignés sans lien réel avec le pays. Elle introduit une exigence nouvelle : celle d’un rattachement plus tangible à l’Italie, qu’il soit familial, culturel ou territorial.

Des voies d’accès maintenues mais encadrées

En dehors de la filiation, les autres voies d’accès à la nationalité italienne demeurent inchangées dans leur principe, mais continuent d’exiger rigueur et patience.

La naturalisation par mariage reste possible après deux ans d’union pour les résidents en Italie, ou trois ans pour les couples vivant à l’étranger. Ce délai peut être réduit de moitié en présence d’enfants. La procédure implique toutefois un examen approfondi du dossier et le respect de critères administratifs stricts.

La voie par résidence constitue une autre option pour les ressortissants étrangers. Elle nécessite une présence légale et continue en Italie pendant une durée variant entre trois et dix ans selon le statut du demandeur. Pour les non-européens, dont les Tunisiens, la durée minimale est généralement de dix ans, assortie de conditions d’intégration, de stabilité financière et d’absence de condamnations.

Dans tous les cas, la constitution du dossier reste une étape longue et exigeante. La collecte des documents, leur traduction et leur validation peuvent prendre plusieurs mois. Une fois la demande déposée, les autorités disposent d’un délai pouvant atteindre trois ans pour statuer.

Tunisiens : concernés dans certains cas précis

La réforme italienne ne cible aucune nationalité en particulier. Elle s’applique de manière uniforme à tous les demandeurs. Toutefois, elle concerne indirectement certains Tunisiens, notamment ceux ayant des origines italiennes.

La Tunisie a en effet accueilli historiquement une importante communauté italienne, en particulier au début du XXe siècle. De nombreuses familles tunisiennes possèdent aujourd’hui des racines italiennes plus ou moins éloignées. Ce sont précisément ces profils qui se retrouvent les plus impactés par la réforme.

Pour ces descendants, l’accès à la nationalité devient désormais plus complexe, voire impossible si le lien de filiation dépasse la génération des grands-parents. En revanche, pour les Tunisiens sans ascendance italienne, les règles restent inchangées : seules les voies classiques, comme la résidence ou le mariage, permettent d’envisager une naturalisation.

Au-delà des chiffres et des textes, cette réforme touche aussi des trajectoires personnelles. Pour certains, elle met fin à un projet longtemps nourri, parfois transmis de génération en génération. Pour d’autres, elle renforce la nécessité de construire un lien concret avec l’Italie, au-delà de l’héritage familial.

Dans ce nouveau contexte, obtenir la nationalité italienne reste possible, mais demande désormais davantage qu’une simple preuve d’origine. C’est un parcours qui exige préparation, patience et, plus que jamais, une véritable inscription dans la réalité italienne.

Auteur

R. I

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