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Les aventures d’un artiste peu conventionnel : El Seed de Gabès !

  • 25 avril 2026
  • 4 min de lecture
Les aventures d’un artiste peu conventionnel : El Seed de Gabès !

Il sillonne le monde, et tel un petit poucet inspiré, de le baliser de ses calligraphitis. Sa dernière expérience est étonnante. Elle se déroulait à San Francisco. « In othereyes » est parti d’un souvenir. Un jour, un sage m’a dit : « Si tu regardes la lune et que je la regarde en même temps, c’est comme si nous nous regardions dans les yeux ».

La Presse — Quand on lui pose la question habituelle — où es-tu en ce moment ? — Il répond invariablement : à Paris, Dubaï et surtout Gabès. Gabès, dont, on le sait, El Seed rêve de faire le centre du monde. Et où, en attendant, il fait venir le monde entier. Les plus grands artistes, architectes, cinéastes, et…. chefs étoilés au Michelin se succèdent sous les oliviers qu’il cultive à Tacapae, distillant une huile dorée dont il affirme sans sourciller qu’elle est la meilleure du monde.

«Un alliage harmonieux de chemli, pour sa douceur et zarazi pour sa puissance», nous explique-t-il à nous pauvres ignorants des secrets de l’oléiculture qui constitue désormais son jardin secret. Mais bien sûr, il continue de sillonner le monde, et tel un petit Poucet inspiré, de le baliser de ses calligraphitis.

Sa dernière expérience est étonnante. Elle se déroulait à San Francisco. «In othereyes» est parti d’un souvenir. Un jour, un sage m’a dit : «Si tu regardes la lune et que je la regarde en même temps, c’est comme si nous nous regardions dans les yeux». C’est cet effet miroir que El Seed a souhaité reproduire. Deux œuvres identiques ont été réalisées, l’une devant le City Hall de San Francisco, l’autre dans la prison de Saint Quentin, la plus ancienne prison de la cité. Les passants et les prisonniers incarcérés voient la même œuvre en un temps identique, les uns du dedans, les autres du dehors.

«Les prisonniers m’ont aidé à réaliser l’œuvre intérieure, leurs parents et amis celle de l’extérieur. Ce fut une conversation entre le milieu carcéral et l’extérieur. Mais à aucun moment je n’ai voulu savoir de quoi étaient inculpés ces gens, car il arrive un moment où on remet les choses en question : criminel ou victime ? Le regard change….» Cette expérience en milieu carcéral s’est transformée en expérience de vie et de convivialité.

El Seed qui adore faire la cuisine a offert un repas tunisien aussi bien aux prisonniers à l’intérieur qu’à leurs familles à l’extérieur. Il avait rapporté de Gabès les épices et hrous de sa mère, du couscous et des feuilles de brick, et l’on partagea le pain et le sel en une vraie célébration de l’art culinaire tunisien. De retour, cette fois à Tunis où il a jeté l’ancre pour un temps, El Seed est en mode « Focus», dit-il. Concentré sur sa famille, ses amis, ses oliviers…

Et l’exposition qu’il prépare pour l’an prochain à Paris, chez un autre Tunisien de l’autre rive, Mehdi ben Cheikh qui, le premier, introduisit le street art sur la scène parisienne, et à qui l’on doit l’incroyable exposition de street art au Grand Palais : «We are here».. Cette fois-ci ce sera cependant dans la galerie de celui-ci, la galerie Itinérance, que El Seed exposera.

Mais d’ici là, il sera à Gabès pour le festival du cinéma et remettre le prix créé à son nom le Seed D’or. Et il recevra, au cours des mois prochains, des artistes, des architectes, des chefs étoilés du monde entier, venus du Brésil, d’Arabie saoudite, Futura 2000, symbole de la culture pop, Manel Al Dowayan, pour ne citer que ceux-là. Parce que son rêve de faire de Gabès une plateforme du monde des arts, une résidence d’artistes et peut-être un musée est toujours vivace.

Auteur

Alya HAMZA

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