Nizar Yaïche, ancien ministre des Finances : « Derrière l’exploit de Sfax, un signal stratégique pour la Tunisie »
La Tunisie dispose d’un atout stratégique majeur : ses compétences. L’initiative menée à Sfax, qui a abouti à la création d’une start-up en un temps record, témoigne de la capacité locale à maîtriser et à mobiliser les outils de l’intelligence artificielle dans une logique productive. Au-delà de sa dimension symbolique, le record réalisé à l’Université de Sfax envoie un signal économique fort. Il confirme que la Tunisie peut s’appuyer sur un capital humain agile, qualifié et capable de répondre aux exigences d’un environnement globalisé et concurrentiel.
La Presse —À l’Université de Sfax, près de 300 étudiants ont conçu, structuré et lancé une start-up technologique en moins de trois heures, marquant leur performance au «Guinness World Records». Mais au-delà de l’exploit chiffré, c’est une démonstration remarquable des compétences tunisiennes qui s’est imposée : capacité à travailler sous pression, maîtrise des outils technologiques, intelligence collective et rigueur méthodologique.
Bien plus qu’un record…
Ce fut bien plus qu’une tentative de record. L’événement a été marqué par une keynote dense de Mohamed Nizar Yaïche, ancien ministre des Finances, qui a mis en avant les mutations profondes liées à l’intelligence artificielle. Il a éclairé ses interactions avec la géopolitique et la géoéconomie, tout en insistant sur l’importance d’une utilisation structurée, stratégique et productive de ces technologies, une approche qui reflète précisément les compétences que les étudiants allaient mobiliser.
Près de 300 étudiants issus de divers horizons académiques et régionaux ont démontré une remarquable capacité d’adaptation. Ils ont généré près de 300 idées, traduisent une créativité foisonnante, mais aussi une aptitude à produire rapidement de la valeur dans un cadre contraint.
Les idées ont été analysées, hiérarchisées et sélectionnées selon des critères structurés, révèlent une véritable culture de la décision et une maîtrise des méthodes d’évaluation stratégique. Cette capacité à transformer un foisonnement d’idées en choix pertinents illustre un savoir-faire essentiel dans les environnements économiques actuels.
Yaïche a expliqué que le projet, qui a retenu une plateforme d’aide à la détection et à l’amélioration du langage chez les enfants, a mis en évidence une autre force des compétences tunisiennes: la capacité à conjuguer innovation technologique et utilité sociale. En intégrant l’intelligence artificielle au cœur de la solution, les étudiants ont démontré leur aptitude à mobiliser des technologies avancées pour répondre à des enjeux concrets.
Le défi était de taille : en moins de trois heures, bâtir une start-up complète. Et pourtant, les participants ont su mobiliser des compétences multidisciplinaires impressionnantes. Pas moins de 42 livrables ont été produits, couvrant l’ensemble des dimensions d’un projet entrepreneurial : analyse de marché, stratégie, business plan, aspects juridiques et financiers, marketing, ressources humaines et développement technique. Cette performance met en lumière un point essentiel : les compétences tunisiennes ne sont pas uniquement techniques, elles sont aussi organisationnelles.
Capables de rivaliser dans des environnements complexes et exigeants
Comme l’a souligné Mohamed Nizar Yaïche, la réussite repose sur la capacité à collaborer. Les étudiants ont ainsi démontré une excellente maîtrise du travail en équipe, de la coordination et du partage d’information, autant de compétences clés dans les environnements professionnels modernes. Même face aux contraintes techniques, notamment les ralentissements de la connexion Internet, leur résilience a été exemplaire.
Ils ont su s’adapter, réorganiser leur travail et maintenir leur niveau de performance, preuve d’une agilité et d’un sang-froid particulièrement remarquables. Les équipes ont non seulement finalisé leurs livrables, mais également déployé une plateforme fonctionnelle, accessible en ligne.
Cette capacité à aller jusqu’à l’exécution concrète, dans un délai extrêmement court, illustre une orientation forte vers le résultat, une qualité essentielle dans l’économie contemporaine. Au moment de la vérification par les équipes du «Guinness World Records», c’est une autre dimension des compétences tunisiennes qui s’est révélée : le respect des normes, la précision et la rigueur procédurale. Chaque étape a été menée avec sérieux, confirmant une maturité organisationnelle notable.
La Tunisie dispose d’un capital humain hautement qualifié, capable de rivaliser dans des environnements complexes et exigeants. Ces étudiants ont démontré leur capacité à innover, à décider rapidement, à collaborer et à produire des résultats concrets. Ils ont prouvé que les compétences tunisiennes sont non seulement au rendez-vous, mais qu’elles constituent un véritable levier de distinction. Cet exploit dépasse donc largement le cadre universitaire.
Il envoie un signal fort : lorsque les conditions sont réunies, encadrement, confiance, exigence et esprit collectif, les talents tunisiens sont capables de transformer leur potentiel en performance tangible. Plus qu’un record, c’est une démonstration de savoir-faire, de résilience et d’excellence. Une preuve concrète que l’innovation peut naître localement et rayonner à l’échelle internationale. Ces étudiants n’ont pas seulement battu un record. Ils ont révélé, avec force, l’étendue et la qualité des compétences tunisiennes, a conclu Yaïche.



