gradient blue
gradient blue
A la une Actualités

Franchise, véhicules, devises: ce que la douane tunisienne autorise vraiment pour les Tunisiens de l’étranger

  • 28 avril 2026
  • 5 min de lecture
Franchise, véhicules, devises: ce que la douane tunisienne autorise vraiment pour les Tunisiens de l’étranger

La douane tunisienne accorde aux ressortissants établis à l’étranger une franchise annuelle de 5 000 dinars pour leurs effets personnels, le droit d’importer un véhicule avec exonération partielle ou totale, et la liberté totale d’entrée de devises sous réserve de déclaration au-delà de 6 000 euros.

Chokri Jabri, porte-parole officiel de l’institution, a détaillé l’ensemble de ces dispositifs le28 avril 2026 sur les ondes de la Radio nationale, en annonçant des préparatifs renforcés pour la saison estivale.

Le porte-parole a rappelé les droits douaniers accordés aux Tunisiens résidant à l’étranger en matière d’importation d’effets personnels. Tout ressortissant tunisien majeur résidant hors du territoire bénéficie d’une franchise annuelle de 5 000 dinars pour l’importation de biens à usage personnel, utilisable en une ou plusieurs fois. Cette franchise n’est pas cumulable d’une année à l’autre : le solde non utilisé est perdu et ne s’ajoute pas au plafond de l’année suivante.

Chokri Jabri a également insisté sur la nature strictement personnelle des biens concernés : vêtements, appareils électroménagers, cadeaux. Tout article à caractère commercial ou professionnel comme les machines de production, le matériel de fabrication ou les marchandises destinées à la revente en est exclu et reste soumis aux autorisations d’importation délivrées par le ministère du Commerce.

Le porte-parole a identifié cette confusion entre biens personnels et biens commerciaux comme l’une des erreurs les plus fréquemment commises par les ressortissants.

Le régime d’importation des véhicules

Le porte-parole de la douane tunisienne a rappelé les conditions du régime d’importation de véhicules. Tout ressortissant tunisien majeur, résidant à l’étranger depuis au moins deux ans et n’ayant pas séjourné en Tunisie plus de 183 jours par an au cours des deux dernières années, est éligible à ce dispositif. Le véhicule importé ne doit pas avoir plus de cinq ans.

Chokri Jabri a précisé qu’à la suite d’une modification introduite par la loi de finances, la périodicité d’accès à ce régime est désormais fixée à dix ans. Le bénéficiaire a le choix entre deux options : une exonération partielle des droits et taxes, correspondant au paiement de 25 % à 30 % de leur valeur, permettant d’immatriculer définitivement le véhicule en Tunisie et d’en disposer librement. Ou une exonération totale, le véhicule circulant alors sous le régime de l’admission temporaire, avec la possibilité d’en déléguer la conduite au conjoint, aux ascendants, aux descendants ou aux frères et sœurs, dans le cadre d’une autorisation délivrée par les services douaniers pour une durée d’un an, de trois ans, ou sans limitation de durée.

La déclaration de devises : une obligation à ne pas négliger

Sur la question des devises, le général a tenu à dissiper les ambiguïtés : tout ressortissant peut entrer en Tunisie avec le montant de son choix en devises étrangères, sans plafond. Toutefois, la déclaration auprès des services douaniers devient obligatoire lorsque le montant importé est égal ou supérieur à 20 milles dinars (soit environ 6000 euros), lorsque les fonds sont destinés à être déposés sur un compte en devises ou un compte en dinars convertibles, ou encore lorsque le voyageur souhaite ressortir du territoire tunisien avec un montant égal ou supérieur à 5000 dinars, auquel cas il doit impérativement avoir déclaré ces fonds à son entrée.

Chokri Jabri a vivement encouragé les ressortissants à déclarer systématiquement leurs devises, quelle qu’en soit la valeur, afin d’éviter tout litige ultérieur. Il a rappelé que la déclaration peut être effectuée à distance via les applications de l’administration, et que le bordereau de change délivré à cette occasion doit être précieusement conservé.

Tout manquement à ces obligations expose au procès-verbal pour infraction de change, à la saisie des fonds et au paiement d’une amende.

L’innovation numérique au service du voyageur
Chokri Jabri a mis en avant plusieurs applications développées par la douane pour faciliter les formalités à distance. Il a particulièrement insisté sur l’application « Rkhsti » (« Mon autorisation »), ainsi que sur « Amti’ati » (« Mes bagages »), qu’il a décrit comme un outil permettant aux voyageurs de renseigner, depuis leur domicile à l’étranger et avant leur embarquement, la liste détaillée des biens qu’ils souhaitent importer.

Ce formulaire, une fois imprimé, est remis à l’agent des douanes à l’arrivée, évitant ainsi les déclarations manuscrites effectuées dans la fatigue du voyage. Le général a déploré un taux d’utilisation encore insuffisant de ces applications. En cas de litige ou de dépassement constaté, Chokri Jabri a rappelé que des responsables sont présents à chaque point de passage, et que tout ressortissant peut leur soumettre une réclamation directement et sans hésitation.

Auteur

S. R

You cannot copy content of this page