
Le secteur touristique tunisien, pilier de l’économie nationale générant près de 8 milliards de dinars de recettes en devises, traverse une phase critique marquée notamment par la fermeture de 164 établissements hôteliers, révélatrice des difficultés structurelles persistantes.
C’est ce qu’a indiqué, mercredi 29 avril 2026, le président de la commission du tourisme à l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Yahyaoui, soulignant que, malgré son caractère stratégique, le secteur ne bénéficie pas toujours du soutien gouvernemental nécessaire. Il a notamment pointé une baisse de 4 % du budget alloué cette année, ainsi que des lacunes dans les mécanismes de gestion.
Intervenant lors d’une émission radiophonique, le député a annoncé la tenue prochaine de séances d’audition avec les agences de voyages puis avec le ministère du Tourisme, dans le cadre des préparatifs de la saison estivale et en prévision de l’échéance majeure de “Tunis, capitale du tourisme arabe 2027”, désignée lors du conseil ministériel arabe du tourisme tenu à Bagdad en décembre 2025.
Au cœur des difficultés, la question de la gouvernance demeure centrale. Le responsable a évoqué un enchevêtrement des compétences entre plusieurs ministères — Intérieur, Commerce, Transport, Environnement — et le ministère du Tourisme, ainsi qu’un chevauchement des prérogatives avec l’Office national du tourisme. Il a également déploré la non-activation du Conseil supérieur du tourisme, pourtant annoncé comme une instance de coordination stratégique.
Mais le signal le plus préoccupant reste la situation du parc hôtelier. La fermeture de 164 hôtels illustre l’ampleur des fragilités du secteur, aggravées par la dégradation des zones touristiques anciennes nécessitant une réhabilitation urgente. À cela s’ajoute le blocage de projets d’investissement privés estimés à près de 1 milliard de dinars, notamment dans la région de Tabarka, en raison de documents d’aménagement non actualisés.
Le député a également relevé que la Tunisie n’a pas pleinement tiré profit des tensions géopolitiques dans certaines régions du monde pour capter de nouveaux marchés touristiques. Il a pointé des difficultés dans le transport aérien et au niveau des aéroports intérieurs, appelant à des solutions rapides pour renforcer leur attractivité.
Par ailleurs, plusieurs projets d’hébergement alternatif restent en suspens faute de cadre réglementaire clair, tandis que des restaurants touristiques continuent de subir les séquelles de la crise sanitaire, entre faillites, pression fiscale et complexité administrative.
Sur le plan législatif, environ 130 propositions de loi ont été déposées, mais certaines se heurtent, selon lui, à des blocages au niveau de l’exécutif, notamment en lien avec le code de l’investissement et la lourdeur des procédures, freinant aussi bien les investissements locaux qu’étrangers.





