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France : qui domine vraiment la migration en 2025 : Tunisiens, Marocains ou Algériens ?

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  • 1 mai 2026
  • 5 min de lecture
France : qui domine vraiment la migration en 2025 : Tunisiens, Marocains ou Algériens ?

La Tunisie consolide sa place parmi les principales nationalités bénéficiaires de titres de séjour en France, confirmant la solidité et la structuration de ses flux migratoires, malgré un léger recul enregistré en 2025. Selon les données du ministère de l’Intérieur français, le pays se maintient à la troisième position, derrière le Maroc et l’Algérie, dans un contexte marqué par une recomposition progressive des dynamiques migratoires à l’échelle internationale.

En 2025, 21 100 premiers titres de séjour ont été délivrés à des ressortissants tunisiens, contre 22 499 en 2024, soit une baisse de 6,2 %. Si ce recul apparaît plus prononcé que celui observé chez ses voisins maghrébins, il n’entame pas la position du pays dans le classement des nationalités les plus représentées. La Tunisie demeure ainsi solidement ancrée dans le trio de tête, qui continue de structurer une part significative des flux migratoires vers la France.

À l’échelle globale, la France a délivré 384 230 primo-titres de séjour en 2025, en hausse de 11,2 % sur un an. Cette progression témoigne d’un élargissement des origines migratoires, comme en atteste le recul de la part des dix premières nationalités à 48,3 %. Dans ce paysage en mutation, le Maghreb conserve néanmoins un poids déterminant. À eux seuls, les ressortissants du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie représentent près d’un quart des admissions, confirmant l’ancrage historique et structurel de cette région dans les relations migratoires avec la France.

Dans ce trio, le Maroc conserve la première place avec 36 100 titres délivrés en 2025, en légère baisse de 2,3 % par rapport à l’année précédente. L’Algérie suit avec 28 000 titres, en recul de 4,6 %. La Tunisie complète ce classement avec 21 100 titres. Si les volumes restent inférieurs, la position tunisienne se distingue par sa stabilité dans le temps et par la nature des flux observés, davantage orientés vers des formes de migration encadrée.

L’analyse des motifs de délivrance met en évidence un profil migratoire particulièrement révélateur. Pour les Tunisiens, les titres liés au regroupement familial représentent 38,3 % des primo-délivrances, tandis que les motifs économiques atteignent 35,7 %. Cette forte proportion de migration liée à l’emploi constitue un élément distinctif majeur. Elle traduit une insertion directe dans le marché du travail et souligne le rôle croissant de la main-d’œuvre tunisienne dans certains secteurs en tension en France.

En comparaison, l’Algérie présente un profil nettement plus dominé par le regroupement familial, qui représente 52,8 % des titres délivrés. Cette configuration reflète une dynamique d’installation ancienne et un ancrage familial plus prononcé. Le Maroc, pour sa part, affiche un profil plus diversifié. Les titres se répartissent entre les étudiants à hauteur de 33,8 %, les motifs familiaux à 32,5 % et les motifs économiques à 29,5 %. Cette diversité traduit une pluralité de trajectoires migratoires, allant des études à l’insertion professionnelle.

Dans ce contexte comparatif, la Tunisie se distingue par un équilibre particulier entre migration familiale et migration économique, avec un poids significatif accordé à l’emploi. Ce positionnement renforce l’image d’une migration structurée et orientée vers des opportunités professionnelles, dans le cadre de relations bilatérales anciennes et de dispositifs favorisant la mobilité légale.

Les titres accordés pour des motifs humanitaires restent marginaux pour les ressortissants maghrébins. Ils ne représentent que 0,9 % des primo-délivrances pour les Tunisiens, confirmant le caractère essentiellement économique et familial de leur présence en France. Cette donnée contraste avec la montée en puissance de certaines nationalités marquées par des crises géopolitiques, dont les flux sont largement dominés par des dispositifs de protection.

Au-delà des flux d’entrée, les données relatives aux renouvellements de titres de séjour apportent un éclairage complémentaire sur la stabilité des populations installées. En 2025, 58 900 titres ont été renouvelés pour les ressortissants tunisiens, en progression de 7,7 % par rapport à 2024. Cette évolution confirme un ancrage durable sur le territoire français et traduit la continuité des parcours d’installation.

Dans le même temps, les Marocains dominent largement cette catégorie avec 142 400 renouvellements, en hausse de 11,1 %, suivis des Algériens avec 129 200 titres, en progression de 2,4 %. Là encore, la Tunisie conserve sa troisième position, mais se distingue par une dynamique positive qui accompagne la consolidation de sa présence.

Au total, 955 080 titres de séjour ont été renouvelés en France en 2025, soit une augmentation de 7,6 % sur un an. Cette progression témoigne d’une installation durable des populations étrangères et confirme que les flux migratoires ne se limitent pas à des entrées ponctuelles, mais s’inscrivent dans des trajectoires de long terme.

Meriem Khdimallah

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Meriem KHDIMALLAH

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