À l’heure du commerce sur les réseaux sociaux : La Foire internationale de Nabeul fait de la résistance
Les produits exposés dans le cadre de la 63e édition de la Foire internationale de Nabeul sont variés, allant des objets d’art et d’artisanat aux vêtements «prêt-à-porter», en passant par les produits de broderie, les parfums, les meubles, les fleurs séchées, les pâtisseries, les poteries et les articles de décoration. (Crédits: Abdel Aziz HALI)
Pour sa 63e édition, la Foire internationale de Nabeul, qui a ouvert ses portes du 17 avril au 3 mai, devrait au moins dépasser l’affluence de 250.000 visiteurs. Malgré le poids du commerce en ligne aujourd’hui, l’événement attire toujours les entreprises : près de 300 exposants tunisiens et étrangers y sont présents pour vendre leurs produits et gagner en visibilité auprès du grand public.
La Presse — «Nous n’avons jamais manqué une édition de la Foire depuis sa création, nous sommes des fidèles et nous y sommes très attachés», déclare Mohamed Ali, gérant d’une entreprise de textile. Pour son entreprise et ses célèbres jetées et ses draps, la question de venir ou non à la Foire internationale de Nabeul ne se pose même pas.
«Concurrence déloyale sur les réseaux sociaux»
«Malgré la concurrence déloyale sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, cet événement est le rendez-vous de prédilection des futures mariées en quête de bonnes affaires pour compléter leurs trousseaux de mariage», ajoute le commerçant.
Il faut dire que la Foire internationale de Nabeul s’est forgé depuis des années la réputation d’un espace offrant un large éventail de produits et d’articles ciblant toutes les catégories et classes sociales de la société tunisienne.
À chaque édition, de nombreux exposants tunisiens en provenance de différentes régions du pays, ainsi que des commerçants étrangers venus de plusieurs pays arabes (Syrie, Libye, Egypte, Maroc, etc.) meublent les travées et les stands de cet eldorado des bonnes affaires.
Comme à l’accoutumée, les produits exposés sont variés : entre créations artisanales et objets d’art, en passant par les articles de décoration, les vêtements «prêt-à-porter», les meubles, les parfums, les produits de terroir, les poteries et la broderie, etc. Il faut dire que les visiteurs de la Foire ont l’embarras du choix.
D’ailleurs, pour cette édition 2026, les organisateurs ont exprimé le souhait de faire retrouver aux visiteurs «l’ambiance des foires estivales, où on va en famille», avec des halles gourmandes et un marché de démonstrateurs d’objets en tous genres.
La Foire internationale de Nabeul est «ce lieu unique où l’on vient autant pour vivre une expérience que pour découvrir, se renseigner, acheter et créer du lien», souligne Karim Khelil, un fidèle visiteur.
Un air de déjà-vu
Toutefois, si l’enthousiasme et l’affluence demeurent au rendez-vous, pour certains visiteurs, cette 63e édition offre un air de déjà-vu, voire une foire qui a tendance d’une année à l’autre à se transformer en un grand souk de produits bas de gamme, voire de pacotille.
«Cette année, je suis très déçue par la qualité des produits exposés et surtout par le manque d’organisation. On se se croirait vraiment au souk de Boumendil. La Foire de Nabeul a perdu de sa superbe. Et même la partie réservée à la gastronomie laisse à désirer en matière d’hygiène. J’ai bien l’impression que le côté commercial a pris le dessus sur la qualité», s’indigne Mme Malika. «D’ailleurs, plusieurs articles exposés sont désormais accessibles sur plusieurs pages Facebook et avec un meilleur rapport qualité/prix. Je préfère de loin passer une commande en ligne et payer des frais de transport de 7 ou 8 dinars que venir ici sur place et vivre un tel chaos», ajoute-t-elle.
Or, les préparatifs pour cette édition ont commencé plusieurs mois à l’avance, avec le bichonnage et les travaux d’entretien du site de la Foire, ainsi que la mise en état des espaces d’exposition et l’aménagement des jardins et espaces verts. «L’objectif était d’offrir aux exposants et visiteurs des conditions optimales pour garantir le succès de cet événement majeur et assurer une expérience fluide et agréable, tant pour les exposants que pour le public», selon la société organisatrice de l’événement.
«Attachement nostalgique»
De son côte, Meriem Sahli voit les choses sous un autre angle. «Certes, le commerce sur les réseaux sociaux est en vogue actuellement, très dynamique et florissant, mais de loin je préfère visiter la Foire de Nabeul pour chiner des articles artisanaux ou créatifs, marchander avec les exposants et faire mes emplettes sans prendre le risque d’être arnaquée par des publicités mensongères et de fausses promotions diffusées sur Facebook. Ici, au moins, on a le droit de toucher aux articles et vérifier leur qualité. En plus, la Foire a toujours été pour moi une parenthèse de bonnes affaires, sans oublier mon attachement nostalgique à cet événement et sa charge historique. Pour la plupart des Nabeuliens, la Foire est une institution qui fait partie du patrimoine culturel de la ville», conclut-elle.
Il est à signaler que la Foire internationale de Nabeul est l’un des rendez-vous incontournables pour les habitants de la région qui attire chaque année environ 250.000 visiteurs et près de 300 exposants.
Cet événement est une véritable vitrine pour les artisans locaux et régionaux ainsi qu’un levier de promotion pour les créations traditionnelles du Cap Bon et ses différents produits du terroir, participant directement à la dynamisation de la Cité des Potiers et à faire tourner la roue économique du gouvernorat de Nabeul.


