Moins de touristes français : un été à risque pour la Tunisie et le Maroc…
La saison touristique estivale 2026 s’annonce sous pression pour la Tunisie et le Maroc. Selon une étude de l’Alliance France Tourisme, relayée par Libération, les Français devraient être moins nombreux à partir en vacances cet été et, surtout, dépenser moins, sous l’effet d’un contexte économique marqué par l’inflation et les tensions internationales.
Une baisse des départs et une incertitude croissante
Les chiffres confirment un net ralentissement. D’après l’étude menée avec l’Ifop, 68 % des Français envisagent de partir au moins une semaine, soit une baisse de 9 points par rapport à 2025. Plus révélateur encore, seuls 37 % se déclarent certains de partir, contre 50 % l’an dernier, illustrant une montée de l’incertitude.
Cette prudence s’explique en grande partie par la dégradation du pouvoir d’achat. Le budget moyen des vacanciers est désormais estimé à 1 530 euros, en recul d’environ 150 euros sur un an. Face à ces contraintes, plus de six Français sur dix prévoient de réduire leurs dépenses, notamment en raccourcissant la durée de leurs séjours ou en limitant les activités sur place.
Au-delà des chiffres, l’étude met en évidence un changement profond dans les habitudes de consommation. Les vacances s’inscrivent désormais dans une logique de proximité, de sobriété et de recentrage.
Ainsi, 71 % des Français privilégient des séjours en France, contre 23 % en Europe et seulement 9 % vers des destinations lointaines. Cette tendance s’accompagne d’un recours accru à des solutions plus économiques : l’hébergement gratuit progresse nettement, tandis que le camping connaît un regain d’intérêt significatif.
Malgré ces arbitrages, les Français restent attachés aux vacances. Environ 86 % d’entre eux se disent prêts à puiser dans leur épargne pour partir, signe que le départ en vacances demeure une priorité, même dans un contexte contraint.
La Tunisie et le Maroc en première ligne
Dans ce contexte, les conséquences pour la Tunisie et le Maroc pourraient être significatives. Ces deux destinations figurent parmi les plus prisées des touristes français, dont elles dépendent en grande partie.
Le Maroc constitue le premier marché touristique des Français hors Europe, tandis que la Tunisie reste l’une des principales destinations méditerranéennes et un marché clé pour le tourisme européen.
La baisse attendue des départs, combinée à la réduction des budgets, pourrait ainsi se traduire par un recul du nombre de visiteurs et une diminution des dépenses par touriste. À terme, cela risque d’affecter les recettes en devises et l’emploi dans un secteur stratégique pour les deux économies.
Cette évolution s’inscrit dans un environnement global marqué par la hausse des coûts de l’énergie, les tensions géopolitiques et une inflation persistante. La flambée des prix des carburants, notamment, renchérit le coût des transports, en particulier aériens, ce qui pèse directement sur les décisions de voyage.
Dans ce contexte, les destinations perçues comme proches, accessibles et moins risquées financièrement sont privilégiées, au détriment des voyages plus lointains.
Pour la Tunisie et le Maroc, l’été 2026 pourrait ainsi constituer un test important pour la résilience de leur secteur touristique. Face à une demande plus prudente, les professionnels du tourisme pourraient être amenés à adapter leur offre, en misant sur la compétitivité des prix et la diversification des marchés.
Si la tendance actuelle se confirme, elle pourrait marquer un tournant durable dans les comportements touristiques européens, avec des répercussions directes pour les destinations du Maghreb.
