La hausse des salaires, un catalyseur de la cohésion sociale
Comme attendu, les engagements contenus dans l’article 15 de la loi de finances 2026 viennent d’être tenus avec l’annonce officielle et la publication au Journal officiel de la République tunisienne du jeudi 30 avril 2026, des décrets gouvernementaux relatifs à l’augmentation des salaires dans la fonction et le secteur publics pour les années 2026, 2027 et 2028.
En effet, la concrétisation de ces hausses salariales avec les différents textes d’application et annoncée lors de la célébration de la fête du Travail, le 1er mai, constitue l’un des piliers fondamentaux de la politique sociale de l’État dans le sens où étalée sur trois ans, elle permet aux citoyens d’être au diapason de l’évolution du niveau de vie dans le pays.
D’ailleurs, le ministre des Affaires sociales affirme que cette augmentation est jugée satisfaisante, surtout si l’on sait qu’elle est accompagnée par une stabilisation du taux d’inflation autour de 5 % sans oublier les conditions d’un travail décent assuré à la majorité des Tunisiennes et des Tunisiens et les améliorations pour les familles démunies ainsi que la garantie des droits assurés aux personnes âgées après leur retraite.
Il est à rappeler que le Chef de l’Etat a supervisé, en personne, les diverses péripéties devant aboutir à cette décision d’augmentations, attendue par toutes les catégories sociales. On mentionne notamment la grande réunion tenue le 23 mars dernier, sous la présidence du Chef de l’Etat et en présence de la Cheffe du gouvernement, de plusieurs ministres, dont ceux des Finances, de l’Économie et des Affaires sociales.
Cette réunion a permis, également, de mettre l’accent sur les défis économiques et sociaux auxquels fait face la Tunisie, en l’occurrence un « héritage lourd», par la faute des choix passés et dont le peuple continue à supporter le poids et à payer les frais.
Il va de soi que ces augmentations répondent à une forte attente, du reste compréhensible, des salariés et des retraités, mais l’atmosphère reste marquée par une conjoncture macroéconomique assez délicate puisque la croissance demeure modérée, alors que les marges de manœuvre budgétaires restent limitées.
Quoi qu’il en soit, ces augmentations salariales représentent, tout de même, une étape importante sur la voie des revalorisations, tout en reflétant la ferme détermination de l’Etat à préserver la cohésion sociale, ce qui s’insère dans le droit fil de la logique de stabilisation économique par le biais du soutien à la demande interne, perçue comme un facteur de résilience.