70 ans de diplomatie tunisienne : un bilan historique et des perspectives de modernisation
La diplomatie tunisienne s’emploiera à consolider et à développer ses relations au sein de ses différents espaces d’appartenance, notamment arabe, islamique, maghrébin, africain et méditerranéen, a affirmé lundi le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.
S’exprimant lors d’une cérémonie organisée au siège du ministère à l’occasion du 70e anniversaire de sa création, le ministre a souligné que cette orientation s’inscrit dans la vision du président de la République, fondée sur le respect de la souveraineté des États, la réciprocité, le refus de toute ingérence dans les affaires intérieures, ainsi que la diversification des partenariats sur la base d’intérêts communs et la défense des valeurs de justice, notamment la cause palestinienne.
Il a indiqué que l’année 2025 a été marquée par une forte activité multilatérale, dans le cadre du soutien de la Tunisie aux Nations unies et à ses agences spécialisées à New York, Genève, Vienne et Nairobi, en vue de promouvoir un ordre international plus équitable.
Le ministre a également mis en avant la portée symbolique de cette rencontre ayant réuni plusieurs générations de diplomates, rendant hommage à des figures disparues et favorisant la transmission des compétences aux jeunes cadres appelés à porter l’action diplomatique, en tirant parti des avancées technologiques et de la formation spécialisée.
Évoquant les jalons historiques de la diplomatie tunisienne, il a rappelé son rôle déterminant dans la lutte pour l’indépendance, depuis son lancement officiel le 3 mai 1956, jusqu’à l’achèvement des attributs de la souveraineté nationale, notamment après la bataille de Bizerte et l’évacuation agricole.
Selon lui, la diplomatie tunisienne a évolué d’un instrument de défense de la cause nationale vers un acteur engagé dans les domaines économique, commercial, financier et culturel, contribuant à la mise en œuvre de programmes de coopération, malgré un contexte international marqué par les tensions idéologiques et les déséquilibres économiques.
Il a, en outre, souligné l’attachement de la Tunisie à la Charte des Nations unies, rappelant son adhésion à l’organisation durant la lutte pour l’indépendance et son engagement dans plusieurs batailles diplomatiques, de Sakiet Sidi Youssef à Bizerte, en passant par l’attaque de Hammam Chott, jusqu’à son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2020-2021.
Par ailleurs, le ministre a mis en exergue la contribution de l’armée nationale aux opérations de maintien de la paix, considérée comme un prolongement du rôle diplomatique de la Tunisie dans la promotion des valeurs de paix et de coexistence.
Sur le plan consulaire, il a insisté sur la nécessité d’améliorer les services destinés aux Tunisiens à l’étranger, à travers la digitalisation des procédures, l’accélération des prestations administratives et la facilitation des transferts financiers et de l’investissement, rappelant les efforts déployés durant la pandémie de Covid-19 pour rapatrier les ressortissants tunisiens dans des conditions sécurisées.

