Creative Tunisia : bilan chiffré d’un programme artisanal de six ans
En six ans, le projet Creative Tunisia aura soutenu 17 groupements économiques, encadré plus de 2 000 artisans, accompagné 200 entreprises artisanales, développé 350 nouvelles collections et conquis 10 nouveaux marchés à l’international. Le programme, financé par l’Union européenne et la Coopération italienne, a officiellement clos ses travaux ce mardi 5 mai 2026.
Mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) entre 2019 et 2026, en partenariat avec l’Office national de l’artisanat, Creative Tunisia reposait sur une approche par chaînes de valeur couvrant l’ensemble du cycle productif, des matières premières jusqu’à la commercialisation du produit fini.
La directrice générale de l’artisanat, Leïla Meslati, a indiqué que quelque 200 entreprises avaient accédé aux marchés internationaux grâce à leur participation à des foires et salons spécialisés. Dix nouveaux débouchés à l’export ont ainsi été ouverts, complétés par la création d’une exposition itinérante destinée à valoriser le savoir-faire artisanal tunisien à l’étranger.
Des objectifs sociaux jugés atteints
Le représentant de l’ONUDI en Tunisie, Lassaad Ben Hassine, a estimé que le programme avait pleinement rempli ses objectifs en matière d’autonomisation économique des femmes, d’insertion des jeunes dans l’économie créative et de réduction des inégalités régionales. Il a également mis en avant la transformation structurelle du secteur, passé d’une production individuelle et fragmentée à un écosystème intégré et connecté aux marchés.
40 entreprises créées, 6 pôles d’innovation ouverts
Le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a rappelé que le projet avait amélioré les performances techniques de 200 entreprises et contribué à la création de 40 nouvelles structures, tout en dotant plusieurs régions de centres de design. Six pôles d’innovation ont été établis à Tunis-Douar Hicher, Mahdia, Gabès, Gafsa, Kasserine et Sidi Bou Saïd, proposant des services de formation technique, de design, d’accompagnement entrepreneurial et d’incubation de projets.
Le programme a ciblé des filières à fort ancrage territorial : le kilim du Kef, le textile traditionnel du Sahel, les poteries de jardin de Moknine, l’alfa de Kasserine et les fibres végétales de Gabès. Onze réalités économiques locales parmi lesquelles la céramique, la broderie et les fibres naturelles ont par ailleurs été structurées en modèles économiques émergents, conçus pour être reproduits dans d’autres contextes régionaux.


