Face au défi du stress hydrique qui menace la Tunisie tout comme la majorité des pays du monde, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, prône une stratégie qui repose sur la gestion rigoureuse des ressources disponibles. Entre recours aux eaux usées traitées pour l’irrigation et renforcement de la recherche scientifique, le département de l’Agriculture multiplie les leviers pour garantir la pérennité du secteur agricole et par ricochet assurer la souveraineté et la sécurité alimentaire.
De fait, Selon un communiqué publié mardi 5 mai 2026 par le ministère, lors d’une séance de travail tenue lundi au siège du ministère et qui a été consacrée au suivi de la situation agricole et hydrique dans les gouvernorats de Jendouba et Zaghouan, Ezzeddine Ben Cheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a souligné que la valorisation des eaux traitées et leur utilisation pour l’irrigation sont devenues une nécessité urgente pour renforcer la sécurité hydrique et pour garantir la durabilité des ressources en Tunisie. Le ministre a insisté, dans ce même cadre, sur l’importance d’impliquer la recherche scientifique. Il a appelé à la mise en place de programmes intégrés de vulgarisation agricole afin de sensibiliser et d’encourager les agriculteurs à adopter les eaux traitées, tout en renforçant la coordination entre les différentes structures administratives pour optimiser l’exploitation de ces ressources.
Le traitement tertiaire : un choix stratégique
La réunion a abordé l’exploitation des eaux usées traitées comme une option stratégique face à la pénurie d’eau. Le ministre a mis en avant l’importance d’adopter le traitement tertiaire et de réallouer ces eaux au secteur agricole, compte tenu des défis liés à la rareté des ressources hydriques et aux changements climatiques, toujours selon la même source. Une attention particulière a alors été portée au dossier hydrique des deux gouvernorats de Jendouba et Zaghouan où le ministre a appelé à accélérer la réalisation des grands projets hydrauliques et à améliorer la gouvernance des ressources disponibles pour assurer un approvisionnement régulier en eau potable durant l’été.
Il a également insisté sur la nécessité de rationaliser l’usage de l’eau d’irrigation dans les périmètres irrigués et de renforcer l’efficacité des groupements d’intérêt collectif. Il a mis l’accent sur le recouvrement des créances impayées pour garantir la continuité des services d’approvisionnement.
Souveraineté alimentaire et recherche appliquée
Concernant le gouvernorat de Jendouba, M. Ben Cheikh a appelé à l’encouragement de la culture de la betterave sucrière et à l’incitation des agriculteurs à intégrer cette filière tout en s’engageant à fournir les ressources hydriques nécessaires. Et ce, dans le cadre de la stratégie de l’État pour la souveraineté alimentaire. Il a également souligné l’importance de la coordination avec l’Office des Terres Domaniales (OTD) pour mobiliser les capacités techniques et les superficies disponibles afin de développer cette culture stratégique.
Dans ce même ordre d’idées, Ezzeddine Ben Cheikh a souligné la nécessité de renforcer le rôle de la recherche scientifique dans les différents domaines agricoles afin de garantir l’innovation et accroître la rentabilité et la durabilité de la production. Il a ainsi préconisé la conclusion de partenariats entre les structures régionales et les institutions académiques, citant l’exemple de la collaboration entre le Commissariat Régional au Développement Agricole (CRDA) de Zaghouan et l’École Supérieure d’Agriculture de Mograne.
Le ministre a appelé à activer les programmes de vulgarisation et de formation, notamment pour le réglage des moissonneuses, en intensifiant les sessions de formation en coordination avec l’Agence de Vulgarisation et de Formation Agricole (AVFA).



