La saison agricole 2025-2026 s’inscrit sous le signe d’un renouveau pour les grandes cultures tunisiennes. Portée par une amélioration notable des indicateurs climatiques, la filière céréalière fait actuellement l’objet d’une mobilisation gouvernementale d’envergure afin d’assurer une moisson et une collecte optimales.
Une pluviométrie salvatrice malgré des disparités régionales
Sur le front climatique, la générosité des précipitations dans les principales régions de production a radicalement transformé le paysage agricole. Ces pluies ont non seulement stimulé le développement végétatif des céréales, mais ont également permis de reconstituer les réserves hydrauliques nationales, portant le taux de remplissage des barrages à un niveau encourageant de 68 %. Ce bilan globalement positif occulte toutefois des débuts de saison laborieux dans le Centre-Est, où le déficit hydrique initial a contraint les agriculteurs à limiter les emblavements.
Un taux de réalisation des semis de 87 %
Sur les 1,14 million d’hectares initialement projetés par les autorités, les superficies effectivement semées s’élèvent à environ 991 000 hectares. Si ce taux de réalisation atteint les 87 %, l’accent a été mis sur le potentiel des zones irriguées qui couvrent désormais 74 000 hectares, constituant un rempart stratégique pour la sécurité alimentaire. L’état de santé des cultures reflète cette dynamique puisque 70 % des parcelles sont jugées dans un bon état, tandis que les zones irriguées du Centre affichent des performances allant de bonnes à excellentes. Seules quelques zones de Bizerte et de Nabeul ont souffert d’excès d’eau localisés.
Une course contre la montre pour sécuriser la moisson
À l’approche de la récolte 2026, l’État déploie un arsenal de mesures préventives. Une vaste opération de désenclavement et de nettoyage des pistes agricoles est actuellement menée en coordination entre les ministères de l’Agriculture et de l’Équipement. Cette démarche vise un double objectif : faciliter le transit des récoltes et instaurer des pare-feu naturels contre les incendies estivaux.
Le défi reste également technologique. Avec un parc de 2 750 moissonneuses-batteuses dont seulement 10 % sont considérées comme récentes, le ministère lancera dès le mois de mai 2026 une campagne de réglage à grande échelle. Plus de 1 300 machines seront inspectées par des experts pour minimiser les pertes de grains au champ. En parallèle, des actions de sensibilisation aux risques d’incendie seront menées auprès des exploitants, chaque machine certifiée arborant un macaron officiel garantissant sa conformité technique pour cette saison cruciale.

