Sommet « Africa Forward », les 11 et 12 mai à Nairobi : Favoriser une nouvelle dynamique économique et culturelle entre l’Afrique et la France
Le sommet sera axé sur l’entrepreneuriat innovant, la jeunesse et les partenariats économiques bilatéraux et multilatéraux. La France relance ses relations avec les Africains pour englober les pays non francophones et avec un dialogue ouvert notamment avec les jeunes entrepreneurs et artistes…
La Presse — La France et le Kenya co-organisent le sommet « Africa Forward », les 11 et 12 mai à Nairobi. Cet événement marque un renouveau dans les relations franco-africaines, se tenant pour la première fois dans un pays anglophone. Le sommet sera axé sur l’entrepreneuriat innovant, la jeunesse et les partenariats économiques bilatéraux et multilatéraux. Les organisateurs tablent sur la participation de plus de 3 mille participants, dont 2 mille représentants d’entreprises économiques, notamment une cinquantaine de PDG d’entreprise d’envergure et de différents secteurs. En effet, l’événement se vante d’être un rendez-vous à portée économique en premier lieu. Ainsi, l’on s’attend à ce que plusieurs conventions de partenariat et des contrats soient signés lors de ce sommet qui verra la participation de plusieurs chefs d’Etats et de gouvernements africains. Placé sous le thème : «des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance», ce sommet France-Afrique sera dédié, entre autres, à faciliter les investissements et l’accès aux financements destinés au développement.
D’après des sources de l’Elysée, durant l’événement, les différents acteurs discuteront des coopérations économiques avec les parties gouvernementales et celles du secteur privé afin de renforcer la dynamique de partenariat dans divers domaines et favoriser le développement en Afrique loin de toute interférence étrangère. En effet, selon ces sources de l’Elysée, la France, en ces temps où l’on perçoit un peu trop d’ingérence étrangère en Afrique, la France est pour des solutions africaines concrètes aux crises du continent et dans le monde. Favorisant le développement, la France, qui présidera dans un mois le prochain sommet du G7, table sur l’impulsion d’une nouvelle étape de la coopération avec l’Afrique avec un accent sur l’innovation et le développement économique à travers, entre autres, le « dérisking » des investissements en Afrique afin de faciliter l’intégration et la mise en place des projets.
La France via cette nouvelle dynamique, tend à diversifier ses relations bilatérales et multilatérales dans les diverses zones du continent pour dépasser son espace francophone d’antan, relançant ses partenariat au-delà de son ancienne diplomatie en Afrique ; pour adhérer à un format plus ouvert à la société civile, aux entrepreneurs et notamment aux jeunes et artistes.
Renforcer la présence tunisienne en Afrique
D’après Philippe Garcia, directeur de Business France pour l’Afrique du Nord, en résidence permanente en Tunisie, l’agriculture, l’économie bleue, la transition énergétique, la santé et l’intelligence artificielle figurent parmi les secteurs prioritaires en matière de partenariats que ce soit institutionnels ou avec le secteur privé. Et outre les grandes entreprises dans ces secteurs et autres, le sommet favorisera l’échange avec les diasporas et les jeunes entrepreneurs afin de favoriser l’innovation dans les domaines technologiques mais aussi dans le sport, la culture et l’économie innovante et créative. D’après Garcia, outre une vingtaine d’entreprises tunisiennes inscrites pour participer à ce Sommet de Nairobi, il y a aussi des incubateurs qui sont sur place et vont y assister.
La Tunisie reste un partenaire privilégié au cœur de cette stratégie de renouvellement et de transformation des relations entre la France et les pays africains, notamment via sa forte intégration commerciale à l’espace européen. La Tunisie assume un rôle central dans les relations euro-africaines et dispose de plusieurs atouts à même de la favoriser de conquérir de nouveaux marchés dans l’espace africain. Le sommet lui permettra de nouer plus de partenariats afin de renforcer son potentiel commercial vers les autres pays africains. Aussi, avec l’appui du programme Qawafel, financé par la France et mis en œuvre par Expertise France, les startups et les PME tunisiennes bénéficient d’un soutien à l’internationalisation notamment à l’échelle du continent africain.
Soutenir la place de l’Afrique à l’international
Sur le plan politique, le sommet tend à discuter comment le continent africain peut peser davantage sur la scène internationale, et le prochain Sommet du G7 sera une opportunité pour plaider davantage pour une place plus importante de l’Afrique notamment dans les instances internationales et notamment le Conseil de sécurité. Aussi, selon des sources de l’Elysée, lors de ce Sommet de Nairobi, on abordera la question de restitution de biens culturels à certains pays africains.
Pour rappel, le dernier sommet Afrique-France a été organisé en 2017 à Bamako. La France est le quatrième investisseur dans les pays africains. Le stock d’investissement français y a atteint 52 milliards d’euros à fin 2024, dont près de 3 milliards d’euros en Tunisie. Ses échanges de biens avec les pays africains ont dépassé les 65 milliards d’euros en 2025, dont près e 9 milliards d’euros avec la Tunisie. Le nombre de filiales d’entreprises françaises a doublé en 15 ans, contribuant à la création de 500 mille emplois directs, dont 70 mille en Tunisie.
Programme du sommet
Par ailleurs, et au programme du sommet « Africa Forward » de Nairobi, la première journée, celle du 11 mai, l’Université de Nairobi accueillera des séquences autour de la jeunesse et sur des secteurs d’excellence créateurs d’emplois et fédérateurs tels que le sport ou les industries culturelles et créatives, ICC,. S’y tiendra également un Forum d’affaires, sous l’égide de BPI France, Business France, et Proparco (filiale de l’AFD), ayant vocation à réunir 2mille dirigeants d’entreprises dont une cinquantaine de PDG appelés à lancer une coalition pour l’industrialisation durable et la transition énergétique dans les pays africains.
La deuxième journée, celle du 12 mai, réunira le président français, le président kényan et autres chefs d’Etat et de gouvernement africains autour des questions de financement du développement, de paix, de sécurité et d’industrialisation durable. A ces séances, ont été invités le secrétaire général des Nations unies, de hauts représentants de l’Union européenne et de l’Union africaine, des banques de développement et d’autres organisations internationales.
