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Société

Consommation : Comment manger à petits prix

  • 9 mai 2026
  • 6 min de lecture
Consommation : Comment manger à petits prix

Dans un contexte mondial marqué par la crise et la flambée des prix, la course aux «bonnes affaires» s’impose désormais comme un rituel quotidien dans plusieurs pays européens. Entre ventes à prix réduits, produits proches de la date de péremption et marchés parallèles, les consommateurs cherchent à alléger une charge devenue insupportable. En Tunisie, l’absence d’une véritable culture de ces points de vente accentue les difficultés des plus modestes, privés d’un mécanisme qui pourrait pourtant soulager leur quotidien.

La Presse — Ce qui suit n’est nullement une exception tunisienne. Les événements qui secouent le monde depuis un bon bout de temps font régner la sinistrose sur bien des pays européens habitués à la disponibilité de tout ce dont ils ont besoin. Et nous en subissons les conséquences.

Et dans ces pays habitués à une relative opulence,  mise à mal par ces événements, tous les jours, c’est la course aux «affaires» que l’on relève la veille sur les catalogues.

On traverse pour quelques heures les frontières pour un produit vendu moins cher, pour acheter des carburants, ou autres nécessités en solde.

Tôt le matin, la clientèle est déjà sur place. Tout le monde a appris la chanson. On n’expose pas à la vente une quantité importante et il s’agit de ne pas rentrer bredouille. A l’ouverture des grandes surfaces, c’est la ruée vers les stands que l’on a repérés la veille, entourés d’un emballage en plastique avec la mention de la journée de vente, pour essayer d’avoir sa part.

D’autres se rendent directement aux magasins spécialement aménagés pour la vente à prix réduits. Dans ces pays, ce genre de commerce est encouragé, pour diminuer la déperdition de très grosses quantités de victuailles de toutes sortes, tout en faisant profiter ceux qui arrivent difficilement à joindre les deux bouts.

Ces produits sont à la limite des dates de péremption et pour ne pas risquer de les retirer complètement de la vente, on les écoule à un prix convenable.

C’est justement là que nos représentants, vendeurs ou revendeurs, n’ont pas encore compris l’utilité de ces points de vente, obnubilés par un appât du gain qui les pousse à jeter des produits à la poubelle au lieu de contribuer à l’allégement des charges qui pèsent sur les plus démunis.

En effet, d’après un responsable d’un point de vente appartenant à une grande surface de renom, «tout est détruit et un procès-verbal a été dressé pour entériner cette destruction !»

Cela explique la raison pour laquelle ce genre de vente n’est pas tellement en vogue. Il y a une conviction qui fait défaut, celle qui s’explique par la main tendue qui offre l’aide et contribue à encourager une action qui inspire la mise en place de ce genre de magasins spécialisés, dans la vente des produits dont la date de retrait du circuit est proche. 

Une seule grande surface s’est en quelque sorte spécialisée dans ce créneau, qui a ses mérites. On y trouve des produits vendus au prix du jour et d’autres en quantités respectables destinés à être écoulés au plus vite, pour prévenir  leur retrait du circuit.

Le plus important est bien d’éviter de jeter à la poubelle des produits dont on aurait pu faire profiter des consommateurs qui s’abstiennent d’acheter par exemple des yaourts ou des fromages, du poisson, de la viande dont les prix dépassent tout entendement.

A se demander où vont les invendus de ces produits, lorsque la date arrive aux limites portées sur l’emballage. Sont-ils gardés sur les étalages? Sont-ils retournés aux fournisseurs (peu probable à moins qu’il y ait accord) ou sont ils détruits?

Ce ne sont pas les seuls laitages que l’on trouve dans l’ensemble des produits à prix réduits. Un catalogue est fourni toutes les semaines avec spécification des ventes à prix revus à la baisse.

Dans d’autres grandes surfaces, on trouve, il est vrai, des espaces si petits qu’ils sont ridicules, réservés et où le choix n’est en rien motivant.

Au jour indiqué donc, une foule se présente à l’entrée mais considérant l’attrait de cette formule, on semble vouloir changer la règle du jeu on ne mettant qu’une petite quantité de ces produits que l’on a tout simplement transformés en produits d’appel. La clientèle qui s’est dérangée étant venue sur place fait contre mauvaise fortune bon cœur et achète autre chose.

Pour les légumes et les fruits, les emplettes se font par à-coups. Il faudrait avoir la patience d’attendre le passage des rondes de surveillance autour des marchés, pour acheter ce que l’on veut à des prix beaucoup plus avantageux que ceux proposés à l’intérieur des marchés. Souvent lugubres, mal organisés, à la limite sales et aux prix difficiles à accepter.

Aux alentours des marchés, ce sont  les vendeurs à la sauvette qui  constituent de ce fait l’issue pour alléger la charge quotidienne de bien des consommateurs. A se demander pourquoi à qualité égale, les prix sont plus engageants. La raison se trouve tout simplement dans le circuit que suivent ces produits. Les uns ont suivi un réseau tortueux d’intermédiaires et les autres ont été déversés par des véhicules qui les déchargent à un rythme soutenu… aux portes du marché, pour être pris en charge par ces revendeurs.

Plus malins ceux qui reviennent en fin de journée, parce qu’il y a moins de rondes de surveillance et qu’on enregistre une véritable dégringolade des prix. Tous ces revendeurs tiennent à se débarrasser de ce qui leur reste. Cela fait la chance de ceux qui ont eu le mérite d’attendre ou de revenir.

Auteur

Kamel GHATTAS

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