Médecine esthétique : les pratiques anarchiques représentent un risque pour la santé, alerte Dr. Wahiba Chabboub
La Vice-Présidente du syndicat des médecins esthétiques, le Dr Wahiba Chabboub, a lancé ce lundi 11 mai 2026 un cri d’alarme face à la multiplication des pratiques illégales. Intervenant à la radio, elle a dénoncé l’expansion anarchique de centres non autorisés et la prolifération de publicités mensongères sur les réseaux sociaux, qu’elle considère comme une menace réelle pour la sécurité des citoyens.
Un acte médical strict détourné par des imposteurs
Le Dr Chabboub a tenu à rappeler que la médecine esthétique est une spécialité de haute précision. Elle ne peut être exercée que par des docteurs en médecine inscrits à l’Ordre des Médecins, ayant suivi un cursus rigoureux en anatomie humaine et en techniques d’injection. La législation tunisienne est d’ailleurs sans équivoque sur ce point : toute intervention pénétrant la barrière cutanée réalisée par une personne non qualifiée constitue un exercice illégal de la médecine. Ce délit, doublé d’une usurpation de titre, expose ses auteurs à de lourdes peines de prison et à des amendes conséquentes.
Des réseaux sociaux vecteurs de produits incontrôlés
L’espace numérique est devenu, selon la responsable syndicale, une zone de non-droit où s’échangent des substances injectables d’origine douteuse. Des produits sensibles comme le Botox, normalement soumis à une autorisation stricte du ministère de la Santé et délivrés uniquement sur prescription, sont vendus librement en ligne. Cette situation est décrite comme une véritable catastrophe sanitaire, d’autant plus que les conditions de stockage et la traçabilité de ces produits sont totalement ignorées dans ces circuits informels.
Des séquelles irréversibles et des risques de décès
L’impact de ces dérives sur la santé des patients est dévastateur. Le Dr Chabboub a énuméré une liste de complications graves observées récemment : défigurations, brûlures, cicatrices indélébiles et réactions allergiques violentes. Elle a particulièrement insisté sur le risque de choc anaphylactique, une urgence vitale pouvant entraîner la mort en l’absence d’une intervention médicale immédiate. Des précédents tragiques enregistrés à l’étranger suite à des injections sauvages rappellent que l’enjeu dépasse largement l’esthétique pour devenir une question de survie.
Pour une réforme urgente du cadre légal
Face à ces dangers, le syndicat appelle à une actualisation urgente des textes réglementaires. Les lois actuelles datant de 1991 sont jugées obsolètes face à l’ère numérique et à la puissance de frappe des réseaux sociaux. Le Dr Chabboub préconise le renforcement de la cyber-surveillance et la mise en place de mécanismes de suivi rigoureux pour démanteler les centres clandestins. Elle recommande vivement aux patients de vérifier systématiquement l’identité de leur praticien via les listes officielles de l’Ordre des Médecins.
En conclusion, elle a rappelé que si la médecine esthétique joue un rôle social crucial dans la réparation des cicatrices et la reconstruction de l’estime de soi, elle doit impérativement rester entre les mains d’experts afin de préserver la réputation d’excellence de la médecine tunisienne.



