La Presse — La nouvelle décision émise dernièrement par la Fédération saoudienne de handball et qui porte sur la limitation à un seul joueur par équipe le nombre de professionnels étrangers, tout en interdisant leur présence en deuxième division, est une décision stratégique qui se situe à deux niveaux.
Elle favorise l’utilisation des joueurs locaux relégués actuellement au second plan. L’utilisation des joueurs étrangers bloquait, en effet, l’émergence des éléments du pays et les empêchait de progresser.
Néanmoins, et c’est ce qui nous intéresse, cette décision est la bienvenue pour ce qui nous concerne. Elle favorisera le possible retour de nombreux joueurs tunisiens d’élite, actuellement piliers des clubs saoudiens.
Il ne faudrait jamais perdre de vue que nos meilleurs joueurs choisissaient les clubs européens et cela favorisait leur perfectionnement. En allant vers les pays du Golfe, choix effectué pour des considérations financières, ils ne progressaient pas et entretenaient une forme assez précaire. Ils auraient mieux fait de rester en Tunisie où ils auraient considérablement renforcé les compétitions nationales.
Trois destinations
L’avenir de ces joueurs qui seront libérés se limitera probablement à trois destinations principales, en fonction de leurs ambitions financières et techniques : la réintégration des équipes tunisiennes en première division.
Cette option est la plus probable pour les joueurs en quête de stabilité ou ayant reçu des offres des grands clubs locaux (Espérance, Club Africain, Etoile Sportive du Sahel, El Makarem de Mahdia et autres). Un retour en première division tunisienne offre aux joueurs une plus grande disponibilité avec l’équipe nationale. Reste aussi la possibilité de les voir rejoindre d’autres clubs du Golfe au sein des championnats du Qatar, du Koweït et des Emirats arabes unis qui ne tarderont pas d’emboîter le pas des Saoudiens pour les même raisons.
Ces clubs sont toujours à la recherche de joueurs tunisiens expérimentés, d’autant plus que ces derniers ont démontré leur capacité d’adaptation. On pourra, dès lors, assister à un exode vers Doha, le Koweït où même en Europe, surtout en France (troisième destination) où la question de la langue est importante.
Reste à savoir si le handball tunisien est en mesure de satisfaire les exigences de joueurs habitués à des salaires assez élevés. L’Espérance et le Club Africain ont prouvé ces dernières années qu’ils sont capables d’investir pour s’imposer. Mais les autres, assez gênés, pourront-ils le faire ?
De toutes les manières, cette nouvelle bouleverse bien des projets et nous souhaitons qu’elle profite surtout au handball tunisien qui a été durant de longues années handicapé par ces choix qui l’ont vidé de ses substances.



