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WUF13 D’ONU-HABITAT : A Bakou, la Tunisie rejoint les débats mondiaux sur l’avenir des villes

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  • 19 mai 2026
  • 9 min de lecture
WUF13 D’ONU-HABITAT : A Bakou, la Tunisie rejoint les débats mondiaux sur l’avenir des villes

La Tunisie participe à la treizième édition du World Urban Forum (WUF13), organisée du 17 au 22 mai 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan, sous l’égide d’ONU-Habitat, dans un contexte international marqué par l’intensification des défis liés à l’urbanisation, au logement et à la résilience climatique.

La Presse — Considéré comme la principale plateforme mondiale consacrée au développement urbain durable, le World Urban Forum réunit gouvernements, collectivités locales, organisations internationales, urbanistes, experts, investisseurs et représentants de la société civile autour des grandes transformations qui redessinent les villes du XXIe siècle.

Cette édition de Bakou se tient sous le thème : “Loger le monde : des villes et des communautés sûres et résilientes”, avec une attention particulière portée à la crise mondiale du logement, aux politiques urbaines inclusives, à l’adaptation climatique, à la reconstruction des territoires vulnérables ainsi qu’au financement des infrastructures durables.

Selon les organisateurs, plus de 45 000 participants en provenance de 182 pays prennent part aux différentes activités du forum, comprenant dialogues ministériels, conférences thématiques, expositions urbaines, rencontres techniques et plateformes de coopération internationale.

Une participation tunisienne à dimension stratégique

La délégation tunisienne est conduite par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari. Elle regroupe plusieurs responsables du ministère ainsi que des représentants d’ONU-Habitat Tunisie, notamment Najeh Karbia, cheffe d’unité au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Aïda Robbana, responsable du bureau d’ONU-Habitat en Tunisie, Majdi Frihi, chef de projet, Asma Shili, chargée de communication, ainsi que Mariem Rekik, assistante de programme.

La participation tunisienne intervient dans un contexte marqué par l’accélération des enjeux urbains et territoriaux auxquels fait face le pays, notamment la pression démographique sur les villes, l’habitat informel, la mobilité urbaine, les besoins en infrastructures, la transition énergétique des bâtiments et l’adaptation aux changements climatiques.

À travers sa présence au WUF13, la Tunisie cherche à renforcer son intégration dans les dynamiques internationales liées au développement urbain durable, tout en valorisant ses expériences et ses projets dans les domaines du logement, de l’aménagement du territoire et de la gouvernance urbaine.

Le forum représente également une opportunité stratégique pour développer les échanges avec des partenaires internationaux, des institutions financières et des agences des Nations unies autour des mécanismes de financement, des innovations urbaines et des nouvelles approches de planification des villes.

Bakou, vitrine urbaine de l’Azerbaïdjan

La cérémonie d’ouverture du WUF13 a été marquée par l’intervention du président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, qui a mis en avant les ambitions urbaines de son pays ainsi que les projets de reconstruction engagés dans plusieurs régions.

Le chef de l’État a indiqué que plus de 45 000 participants provenant de 182 pays étaient enregistrés pour cette édition, qu’il a qualifiée de l’un des plus importants événements internationaux accueillis par l’Azerbaïdjan ces dernières années. Dans son discours, Ilham Aliyev a présenté Bakou comme un exemple d’équilibre entre patrimoine historique et modernisation urbaine, évoquant l’architecture de la vieille ville, les bâtiments historiques du XIXe siècle et les nouveaux aménagements urbains du front de mer.

Le président a, en outre, insisté sur les programmes de reconstruction menés dans le Karabakh et le Zanguezour oriental après plusieurs décennies de conflit, affirmant que des infrastructures routières, des écoles, des hôpitaux, des ponts et des aéroports avaient été réalisés dans le cadre d’un vaste programme de réhabilitation territoriale.

Selon lui, la planification urbaine constitue désormais une priorité stratégique pour l’Azerbaïdjan, 2026 ayant été proclamée “année de la planification urbaine”.

La crise mondiale du logement au cœur des discussions

Le thème du logement a largement dominé les interventions des responsables onusiens présents à Bakou.

Dans une allocution vidéo, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a alerté sur l’ampleur de la crise mondiale du logement, rappelant que près de trois milliards de personnes vivent actuellement dans des conditions inadéquates, souvent dans des quartiers informels ou des bidonvilles.

“Le logement est un droit humain fondamental”, a affirmé António Guterres, appelant les gouvernements à placer cette question au centre des politiques de développement durable.

Le chef de l’ONU a aussi souligné que la crise du logement touchait désormais aussi bien les pays en développement que les économies avancées confrontées à la hausse des loyers et du coût de la vie.

Dans une autre intervention, la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, a souligné que plus de 1,1 milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des quartiers informels ou dans des conditions précaires. Elle a averti que l’absence de logements sûrs accentuerait les inégalités, l’insécurité, les vulnérabilités sanitaires et les risques liés aux catastrophes climatiques.

Selon elle, la crise du logement nécessite une approche globale reliant urbanisme, infrastructures, services essentiels, résilience climatique, financement et planification inclusive. La responsable onusienne a dans ce même cadre insisté sur le rôle des collectivités locales, des communautés, de la société civile, du secteur privé et des habitants eux-mêmes dans la construction de villes durables et inclusives. Elle a en outre rappelé que le Nouvel Agenda urbain demeurait la feuille de route internationale de référence pour promouvoir des villes “inclusives, sûres, résilientes et durables”.

ONU-Habitat appelle à accélérer l’action mondiale

Dans le même sillage, la directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anacláudia Rossbach, a plaidé pour une accélération de la mise en œuvre du Nouvel Agenda urbain adopté par les Nations unies. Elle a rappelé que plus d’un milliard de personnes vivent toujours sans accès adéquat à l’eau, à l’assainissement, à l’électricité ou à des logements décents.

Selon elle, les crises climatiques, les conflits et les déplacements forcés aggravent les fractures urbaines et accentuent les inégalités sociales dans de nombreuses villes du monde.

“Les villes ne peuvent prospérer lorsque les systèmes de logement s’effondrent”, a-t-elle déclaré, estimant que les politiques de logement et l’action climatique devraient désormais être pensées conjointement.

Sur un autre plan, la directrice exécutive d’ONU-Habitat a indiqué que la forte participation au WUF13 témoignait d’une reconnaissance croissante du rôle stratégique du logement et du développement urbain dans la stabilité économique, l’inclusion sociale et la résilience climatique.

Elle a salué les initiatives engagées dans plusieurs régions du monde, évoquant notamment les programmes africains d’amélioration des quartiers informels et des infrastructures, les politiques asiatiques de logement à grande échelle, les projets de logement social en Amérique latine ainsi que les réformes du marché immobilier en Europe et en Amérique du Nord. Selon elle, la crise mondiale du logement est aussi “une crise d’équité, de résilience et de droits humains”.

Anacláudia Rossbach a aussi insisté sur le lien étroit entre politiques du logement et action climatique, estimant que les deux dimensions ne pouvaient plus être traitées séparément. “La résilience commence chez soi”, a-t-elle affirmé, ajoutant que les logements construits aujourd’hui devraient être capables de répondre aux réalités climatiques de demain. La responsable onusienne a également appelé à repenser les mécanismes financiers liés au logement afin de privilégier les besoins sociaux plutôt que la spéculation immobilière et assuré que le WUF13 devrait permettre de transformer les engagements internationaux en politiques concrètes, investissements et partenariats opérationnels.

Une approche centrée sur l’humain

De son côté, le ministre malaisien du Logement et des Collectivités locales, Nga Kor Ming, également président en exercice de l’Assemblée d’ONU- Habitat, a appelé à promouvoir un urbanisme davantage centré sur l’humain.

Il a estimé que la crise mondiale du logement représentait un défi économique, social et climatique majeur nécessitant davantage de coopération internationale.

Le responsable malaisien a notamment mis en avant l’expérience de son pays dans le domaine du logement abordable et des politiques environnementales, tout en appelant à renforcer les investissements dans les infrastructures résilientes face au changement climatique. “Le futur appartient à ceux qui le construisent”, a-t-il déclaré devant les participants du forum.

Il est à noter que le WUF13 intervient dans une période importante pour l’agenda urbain international, marquée par l’évaluation à mi-parcours du Nouvel Agenda urbain des Nations unies pour la période 2026-2036.

Les discussions de Bakou devraient ainsi contribuer à préparer les prochaines réunions internationales consacrées à l’urbanisation durable et aux Objectifs de développement durable (ODD).

Au-delà des déclarations politiques, le forum ambitionne surtout de faire émerger des solutions concrètes en matière de logement abordable, de résilience climatique, de mobilité durable, de villes intelligentes et d’inclusion territoriale.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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