Hôpitaux : Les jeunes médecins tirent la sonnette d’alarme face à la hausse de la violence
L’ambiance est lourde dans les couloirs des hôpitaux publics tunisiens, et le constat dressé par l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi est sans appel.
La violence visant les professionnels de santé n’a plus rien d’un ensemble d’incidents isolés. Selon les responsables de l’organisation, il s’agit désormais d’un phénomène profondément enraciné qui menace directement la sécurité du personnel et ébranle les fondements mêmes du système de santé public.
Pour appuyer ce cri d’alarme, le président de l’OTJM, Wajih Dhkar, a présenté les résultats édifiants d’une étude descriptive menée auprès de 734 jeunes praticiens, dont une large majorité de résidents et d’internes exerçant principalement en milieu hospitalo-universitaire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de trois quarts des personnes interrogées affirment avoir subi des agressions verbales ou physiques au moins une fois dans l’exercice de leurs fonctions. Plus inquiétant encore, plus de la moitié des sondés ont été confrontés à ces violences à plusieurs reprises, entre deux et five fois, un niveau que l’organisation qualifie d’effrayant et qui dépasse largement les moyennes mondiales et régionales.
Cette situation traduit, selon Wajih Dhkar, un dysfonctionnement structurel majeur et une incapacité chronique des institutions à offrir un cadre de travail sécurisé. Si la violence verbale reste omniprésente, touchant la quasi-totalité des victimes, la violence physique physique concerne un médecin sur cinq. L’étude met également en lumière une réalité glaciale : un médecin sur huit a déjà été directement menacé par une arme blanche au sein même de son établissement.
Le profil des agresseurs montre que la tension émane principalement de l’entourage des malades, les accompagnants représentant près de 58 % des auteurs d’infractions, suivis par les patients eux-mêmes. Ces agressions se révèlent souvent collectives et se cristallisent dans des zones et des temporalités bien précises. Les services d’urgence se retrouvent ainsi en première ligne, concentrant près des deux tiers des incidents, lesquels surviennent majoritairement à la nuit tombée, durant les gardes nocturnes.



