gradient blue
gradient blue
Culture

​Rapprochement académique : Les universités de Catane et de La Manouba tissent de nouveaux liens

  • 22 mai 2026
  • 5 min de lecture
​Rapprochement académique : Les universités de Catane et de La Manouba tissent de nouveaux liens

La présentation de l’essai « Paroles et images d’une histoire mineure. L’émigration italienne en Tunisie (XIXe et XXe siècles) », coécrit par Alfonso Campisi et Flaviano Pisanelli, s’est imposée comme le point d’orgue de cette rencontre.

​L’Université d’études de Catane a, récemment, prêté son cadre, plus précisément le Chœur de Nuit « Giancarlo Magnano San Lio » situé dans l’ancien monastère bénédictin de la Piazza Dante, à un débat foisonnant d’idées.

Ce colloque s’est penché sur les dynamiques migratoires, la création artistique et les enjeux de la diplomatie universitaire dans le bassin méditerranéen et ses environs. Intitulé « Au-delà des frontières. Migrer, raconter, exister. Histoires entre l’Italie, la Tunisie et le Bénin », l’événement a bénéficié du soutien croisé de la Société italienne de littérature comparée (Sicl), du département des Sciences humaines (Disum) de l’université catanaise, de l’Académie des beaux-arts locale ainsi que du projet Polyphonie. Il a, ainsi, offert une tribune d’analyse transdisciplinaire, au confluent de la littérature, de l’anthropologie et des études culturelles.

​Le débat s’est principalement cristallisé autour de l’ouvrage « Paroles et images d’une histoire mineure. L’émigration italienne en Tunisie (XIXe et XXe siècles) », réalisé conjointement par Alfonso Campisi et Flaviano Pisanelli.

Ce livre explore la trajectoire historique des vagues migratoires italiennes vers le sol tunisien, mettant en exergue la trame complexe des interactions sociales et culturelles reliant les deux pays. Les auteurs y proposent une déconstruction critique des migrations, envisagées comme des territoires de cohabitation, d’assimilation, mais aussi de tensions.

Durant l’événement, les deux chercheurs ont échangé avec les professeures Cettina Rizzo et Iride Valenti de l’Université de Catane. Pour illustrer le propos, Beatrice Bizzini et Noemi Di Benedetto ont lu des extraits choisis en langues italienne et française, matérialisant ainsi la vocation plurilingue et multiculturelle de ce rendez-vous.

​Les discussions se sont également élargies vers l’Afrique subsaharienne avec l’introduction du projet cinématographique d’Alessandro De Filippo, intitulé « Notes pour un film sur le Bénin », présenté lors d’un entretien avec le cinéaste et universitaire Giuseppe Consales. Cette démarche, qui croise le septième art et l’investigation anthropologique, ambitionne de restituer la pluralité et la profondeur des récits liés aux sociétés de l’Afrique de l’Ouest.

Cette table ronde a notamment mis en lumière le sort des enfants dans certaines contrées béninoises. Là-bas, l’ancrage de croyances ancestrales combiné à une grande précarité socioéconomique marginalise parfois les plus jeunes, accusés de « sorcellerie ». Selon diverses analyses et alertes d’organisations internationales, ces mineurs font face à une brutale exclusion de la société et se retrouvent, parfois, dans des cas critiques, livrés à l’abandon ou cibles de violences rituelles.

Ce constat alarmant est suivi de près par des organisations non gouvernementales (ONG) et des structures de protection de l’enfance. Celles-ci interviennent sur le terrain de concert avec des institutions confessionnelles locales — chrétiennes comme musulmanes — investies dans la prise en charge et le retour à la vie sociale de ces enfants en détresse. ​Au-delà du volet intellectuel et de la recherche, cet événement a marqué un jalon concret dans la mise en place de passerelles d’études trans-méditerranéennes.

Les instances ont, en effet, annoncé la finalisation imminente d’un protocole d’accord liant l’université de Catane à l’Université de La Manouba, à Tunis. Ce partenariat prévoit d’organiser des flux d’échanges pour la communauté étudiante et le corps enseignant, tout en intensifiant les synergies en sciences humaines et en culture.

Ce rapprochement est porté par l’implication conjointe de la professeure Iride Valenti et du professeur Alfonso Campisi, ce dernier intervenant au nom de l’Université de La Manouba et de la Chaire de langue et culture siciliennes (l’une des pionnières du genre dans le monde et pôle majeur du dialogue interculturel). Rattaché aux initiatives du programme universitaire « Piaceri », ce projet s’appuie sur l’expertise d’un comité scientifique réunissant des universitaires et des chercheurs : Carla Aleo, Beate Baumann, Giuseppe Canzoneri, Erika Damigella, Manuela D’Amore, Tiziana Emmi, Federica Fragapane, Fabrizio Impellizzeri, Salvo Menza, Candida Munoz, Cettina Rizzo, Vincenza Scuderi, sans oublier Iride Valenti.

Les participants ont unanimement émis le vœu que cette nouvelle passerelle académique pérennise la mobilité étudiante et érige la recherche en un levier durable de diplomatie culturelle, capable de resserrer les liens entre le Nord et le Sud de la Méditerranée, et d’étendre son action jusqu’à l’Afrique subsaharienne.

 

Auteur

Alfonso Campisi

You cannot copy content of this page