Une proposition de loi visant à améliorer les conditions de vie des retraités en Tunisie prévoit l’introduction d’un ensemble d’avantages sociaux, culturels et économiques, incluant des réductions pouvant atteindre 40 % dans les hôtels et établissements touristiques, ainsi que 30 % dans les transports publics. Le texte est actuellement en discussion à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Le président de la Commission du développement et de la planification stratégique, le député Sabeur Jelassi, a indiqué lundi 25 mai 2026 que cette initiative vise à apporter une réponse structurelle au vieillissement de la population tunisienne, tout en valorisant le rôle des personnes âgées dans la société.
Selon les données citées, le taux de vieillissement en Tunisie est passé de 6 % à environ 16,88 % en 2024, et pourrait atteindre près de 20 % à l’horizon 2030. Cette évolution impose, selon le député, la mise en place de politiques anticipatives permettant de transformer les retraités en une force sociale et économique active.
Le projet de loi comporte six axes principaux. Il prévoit notamment une réduction de 30 % sur les transports publics urbains, régionaux et ferroviaires, ainsi que sur les voyages de la compagnie nationale aérienne et maritime en dehors des périodes de pointe. Il introduit également des réductions allant jusqu’à 40 % dans les hôtels et établissements touristiques classés, et entre 40 et 50 % pour l’accès aux festivals, en plus de la gratuité d’accès aux musées.
Sur le plan sanitaire, le texte prévoit la mise en place de parcours prioritaires pour les retraités dans les hôpitaux, les consultations médicales, les examens et les interventions chirurgicales. Il inclut également des mesures d’exonération de certaines contributions liées aux services de prévention, afin de réduire les délais d’attente et d’améliorer la prise en charge des personnes âgées.
Le projet comporte par ailleurs un volet économique visant à valoriser l’expérience des retraités. Il propose de leur permettre d’exercer des activités de conseil sans perdre leur pension de retraite, tout en incitant les entreprises à recourir à leurs compétences.
Le député a souligné que de nombreux retraités restent actifs et disposent d’une expertise précieuse, dont la mobilisation pourrait contribuer à compenser certains déséquilibres du marché du travail, notamment dans un contexte de départ de compétences qualifiées vers l’étranger.
Il a en outre affirmé que cette initiative ne nécessite pas d’importants investissements, mais repose essentiellement sur une meilleure utilisation des infrastructures existantes, notamment les capacités disponibles dans les transports et les établissements hôteliers en dehors des périodes de forte affluence.
Par ailleurs, le projet de loi prévoit un volet social et culturel destiné à encourager l’intégration des retraités dans la vie publique et les activités culturelles, afin de réduire l’isolement et les risques de marginalisation. Le texte reste ouvert au débat parlementaire et à d’éventuelles améliorations avant son adoption finale.



