La détection des difficultés de parole dès le plus jeune âge permet d’éviter l’apparition de troubles de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. C’est ce qu’a annoncé l’experte Samia Chaabane qui livre les clés pour repérer les signaux d’alerte et accompagner efficacement les enfants.
Mme Samia Chaabane, présidente de la Chambre syndicale des orthophonistes (UTICA), a affirmé ce dimanche 24 mai 2026 qu’un accompagnement précoce et un diagnostic dès les premières années de vie de l’enfant sont indispensables. Pour les enfants souffrant de troubles de la parole et de l’expression orale, cette intervention rapide permet de prévenir les difficultés d’apprentissage du langage écrit et de limiter leur impact négatif sur le parcours scolaire.
L’experte a expliqué que les lacunes en expression orale ou écrite pèsent lourdement sur le rendement scolaire. Ceci dit, elle a précisé que ce type de trouble est principalement lié à des anomalies du développement neurologique, ce qui le différencie du simple retard de langage, dont les causes peuvent être de toute autre nature. La spécialiste a indiqué que les progrès de l’enfant dépendent de ses capacités cognitives, mais aussi de l’implication de sa famille et de son école. « Ces facteurs agissent comme des catalyseurs essentiels pour réduire l’intensité du trouble », insiste-t-elle tout en mettant l’accent sur l’importance d’un soutien continu et du développement des compétences de l’élève tout au long de sa scolarité.
Repères et signaux d’alerte pour les parents
La responsable appelle les parents à suivre de près l’évolution du langage de leurs enfants dès le plus jeune âge. Elle rappelle les étapes clés du développement où à 1 an, l’enfant doit être capable de prononcer quelques mots simples. À 2 ans, il doit commencer à associer les mots entre eux. Alors qu’à 3 ans, l’enfant doit pouvoir formuler des phrases claires et compréhensibles, même pour les personnes extérieures à son cercle familial.
En cas de retard de langage constaté à l’âge de trois ans, elle recommande vivement de consulter un pédiatre ou un pédopsychologue. Ce dernier posera un diagnostic précis et orientera l’enfant, si nécessaire, vers un orthophoniste.
Mme Chaabane a souligné dans cet ordre d’idées que ce retard peut être lié à des troubles auditifs, des difficultés psychologiques, des handicaps, des facteurs génétiques, ou encore à un déficit de communication au sein du foyer. Elle a conclu sur l’importance absolue de vérifier si ces retards découlent de troubles développementaux profonds ou de situations passagères curables, tout en insistant sur la création d’un environnement familial et scolaire bienveillant pour stimuler les acquis de l’enfant.


