gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Mariem Rekik, coordinatrice de projet à ONU-Habitat Tunisie : “Kerkennah devient un laboratoire de résilience fondé sur les données et l’action”

Avatar photo
  • 26 mai 2026
  • 4 min de lecture
Mariem Rekik, coordinatrice de projet à ONU-Habitat Tunisie : “Kerkennah devient un laboratoire de résilience fondé sur les données et l’action”

En marge du World Urban Forum 13 (WUF13), organisé à Bakou en Azerbaïdjan, l’archipel de Kerkennah a été mis en avant lors de la session “Voices from Cities”, consacrée aux expériences urbaines locales face aux défis mondiaux. À travers le projet SOUMOUD et le programme RISA porté par ONU-Habitat, la Tunisie a présenté une approche intégrée de la résilience des territoires insulaires. Dans cet entretien accordé à La Presse, Mariem Rekik, coordinatrice du projet, revient sur les résultats obtenus et les perspectives de mise en œuvre.

Dans quel cadre avez-vous participé au WUF13 à Bakou ?

Je suis ici à Bakou avec la délégation tunisienne pour participer au World Urban Forum 13. Nous avons profité de cette plateforme internationale pour présenter plusieurs projets en cours de mise en œuvre par le bureau ONU-Habitat Tunisie.

Ma participation s’inscrit principalement dans le cadre du programme RISA, qui est actuellement déployé en Tunisie, plus précisément dans la municipalité de Kerkennah.

Ce programme est une initiative phare d’ONU-Habitat, mise en œuvre également dans quatre autres pays : la Jordanie, l’Éthiopie, la Colombie et la Bolivie. RISA vise aussi à développer des outils de diagnostic et de planification stratégique pour renforcer la résilience des territoires vulnérables.

Quels résultats concrets ont été obtenus dans le cadre du programme RISA à Kerkennah ?

Nous avons déjà produit deux rapports majeurs dans le cadre de ce programme. Le premier est un rapport de diagnostic qui identifie les principaux “hotspots” de vulnérabilité dans la municipalité de Kerkennah. Ce diagnostic analyse le territoire selon trois dimensions essentielles : urbaine, biodiversité et risques climatiques.

Ce travail s’appuie sur les études existantes, mais il les approfondit grâce à l’utilisation d’outils de systèmes d’information géographique (SIG), ce qui permet une lecture beaucoup plus précise et actualisée du territoire.

Quant au second rapport, c’est un plan d’action pour la résilience urbaine de l’archipel. Il propose une vision stratégique pour l’avenir de Kerkennah et définit quatre objectifs stratégiques majeurs. À partir de ces objectifs, nous avons identifié une liste de 33 projets concrets.

Parmi ces projets, 14 ont été développés sous forme de fiches d’action détaillées, qui précisent les budgets, les objectifs et les partenaires potentiels nécessaires à leur mise en œuvre.

Où en est aujourd’hui la mise en œuvre de ces projets ?

Ces deux rapports sont déjà disponibles en ligne sur la plateforme d’ONU-Habitat, ainsi que les jeux de données SIG associés. Nous sommes désormais dans une phase de mobilisation des partenaires afin de passer de la planification à l’action.

Nous comptons sur les partenaires rencontrés ici à Bakou, mais aussi sur ceux mobilisés en Tunisie, pour soutenir la mise en œuvre de ces projets de résilience, qui sont essentiels pour protéger et renforcer la municipalité de Kerkennah.

Quel enseignement principal tirez-vous de la présentation de Kerkennah au WUF13 ?

Le message principal est que la résilience se construit localement. L’expérience de Kerkennah, présentée à travers le projet SOUMOUD lors de la session “Voices from Cities”, montre qu’un territoire insulaire peut transformer sa vulnérabilité en opportunité de développement durable.

Cela passe par des approches intégrées qui combinent les solutions fondées sur la nature, l’économie bleue, les infrastructures durables, mais aussi par un leadership local fort.

Nous avons également abordé des enjeux clés comme l’accès au financement climatique et la nécessité de renforcer les partenariats pour passer de la planification à la mise en œuvre.

Kerkennah montre aujourd’hui qu’avec les bons outils et les bons partenaires, il est possible de construire des trajectoires de résilience concrètes et durables.

Avatar photo
Auteur

Meriem KHDIMALLAH

You cannot copy content of this page