Les défenseurs des droits des animaux plaident, inlassablement, pour la substitution de l’abattage des chiens errants par des solutions fiables et humaines. La stérilisation aussi bien des mâles que des femelles, la vaccination contre la rage et le marquage des chiens sains constituent les axes autour desquels doivent s’articuler les efforts pour un environnement urbain sécurisé aussi bien pour les humains que pour les animaux.
La Presse — Aussi l’association de protection des animaux de Tunisie s’apprête-t-elle à renouveler l’expérience qui avait été, souvenons-nous, réalisée à La Goulette en 2021. Il s’agit d’une nouvelle campagne de vaccination et de stérilisation des chiens errants, repérés dans les zones de l’Aouina, notamment aux Jardins de l’Aouina, à la Cité el Wahat et à la Cité el Salama ainsi qu’à La Goulette. Mme Triki, membre de ladite association, souligne que la priorité est accordée aux quartiers où la présence des chiens errants dérangeait le plus les habitants. «Pour le moment, nous sommes en phase de collecte des dons. Nous avons lancé l’appel pour inciter les Tunisiens sensibilisés à la cause animale afin qu’ils contribuent à ladite campagne. Nous avons également consacré une cagnotte en ligne aux Tunisiens à l’étranger», indique, en substance, Mme Olfa Triki.
Conjuguer les efforts des citoyens, des bénévoles, des membres du tissu associatif et des collectivités locales s’impose pour sécuriser la santé de l’animal et de l’humain mais aussi pour réduire, durablement, le nombre grandissant de la race canine. «Nous comptons sur la municipalité de La Goulette pour coopérer avec nous et nous aider à attraper les chiens errants et à nous faciliter, ainsi, la tâche. Nous sommes ouverts aussi à d’autres collaborations pour garantir la survie des chiens errants», renchérit-elle.
L’abattage n’est pas une bonne solution !
L’intervention prévue inclut, en effet, la stérilisation, la vaccination, des boucles de marquage ainsi qu’un bulletin de soins vétérinaires pour chaque animal bénéficiaire. Il est à savoir, néanmoins, que la stérilisation d’une femelle coûte 250dt ; celle d’un mâle, 180dt. «Chaque année, les municipalités consacrent près de 2000dt pour l’acquisition des balles utilisées pour tuer les chiens de rue. Sans oublier les voitures qui sont mises à la disposition des agents pour se déplacer, les combustibles etc. Or, poursuit-elle, tous ces efforts et ces dépenses s’avèrent vains. L’abattage n’est pas la solution miracle. La preuve : le nombre de chiens errants ne cesse d’augmenter chaque année ! Autant opter, donc, pour des solutions qui promettent des résultats fiables et durables, tout en étant respectueux du droit des animaux à la vie».
Le réseautage manque !
Le dossier des chiens errants mobilise les membres de cette association mais aussi d’autres ONG pro-animales. Certes, mais le partenariat et le réseautage desdites organisations fait souvent défaut. Leurs actions auraient pu être, pourtant, plus pertinentes et leurs plaidoyers, renforcés! Interrogée sur la possibilité d’implanter un refuge pour les chiens errants comme c’en est le cas dans d’autres pays, une solution qui pourrait donner ses fruits, Mme Triki ne se montre aucunement enthousiaste à cette idée. «D’abord, je doute fort que l’Etat daigne céder un lot de terrain pour une telle finalité. D’autant plus qu’il n’est pas évident de garantir la bonne foi de tous ceux qui y mettraient la main à la pâte…», confie-t-elle, méfiante.
Il est à noter que l’association a organisé, samedi dernier, un sit-in devant le siège du Parlement pour inciter les représentants du peuple à défendre la cause animale et à l’impératif d’instaurer des lois interdisant l’abattage de ces créatures abandonnées à leur sort.


