Le projet phosphate Gasaat, situé dans le nord de la Tunisie, franchit une nouvelle étape stratégique avec la consolidation de ressources importantes et une avancée métallurgique jugée décisive pour sa viabilité économique. L’explorateur australien PhosCo Ltd (ASX: PHO) a annoncé en mai 2026 deux développements majeurs qui renforcent la place du site comme futur pôle potentiel de production de phosphate à grande échelle.
Le projet dispose désormais d’une ressource globale estimée à 166,6 millions de tonnes à 20,6 % de P₂O₅, après l’intégration des nouveaux gisements KM et SAB. À eux seuls, ces deux dépôts apportent 20,2 millions de tonnes à une teneur moyenne de 20,5 % de P₂O₅, dont une part importante classée en catégorie de ressources plus fiable (Indicated). Cette base minérale consolide significativement l’échelle du projet et améliore ses perspectives de développement industriel.
Parallèlement, PhosCo a annoncé une avancée métallurgique majeure issue des essais réalisés sur le prospect KM. Les tests de flottation montrent qu’un procédé simplifié en une seule étape permet de produire un concentré commercial de phosphate allant jusqu’à 31,4 % de P₂O₅, avec des taux de récupération compris entre 75,1 % et 83,7 %. Cette performance technique constitue un élément clé dans l’évaluation économique du projet.
Jusqu’ici, les schémas de traitement nécessitaient plusieurs étapes de flottation pour éliminer les impuretés, notamment la silice. Le nouveau procédé permettrait de supprimer trois étapes de traitement, réduisant ainsi la complexité industrielle et les coûts d’investissement et d’exploitation. Cette simplification est rendue possible par la nature du minerai et l’optimisation des réactifs utilisés lors des tests en laboratoire.
Autre élément stratégique : les résultats indiquent que l’eau saumâtre disponible sur le site pourrait être utilisée dans le processus de traitement avec un minimum, voire sans traitement préalable. Dans les projets phosphatiers, la qualité de l’eau est un facteur déterminant, et cette caractéristique pourrait réduire les besoins en infrastructures de dessalement ou de purification, souvent coûteuses.
Ces avancées techniques devraient être intégrées dans l’étude de cadrage actualisée prévue pour le troisième trimestre 2026, qui évaluera plus précisément la rentabilité et les paramètres industriels du projet.
Le directeur général de PhosCo, Taz Aldaoud, a souligné que la proximité des nouveaux gisements KM et SAB avec les infrastructures prévues, combinée à leurs faibles ratios de découverture, pourrait accélérer une éventuelle mise en production et améliorer la génération de cash-flow en phase initiale.
Le projet Gasaat s’inscrit dans un contexte plus large de relance du secteur phosphatier en Tunisie, un pays historiquement reconnu parmi les acteurs majeurs de ce marché stratégique. Les autorités tunisiennes visent par ailleurs une montée en puissance de la production nationale à l’horizon 2030, dans un contexte mondial où la demande en engrais reste structurellement élevée en raison des enjeux de sécurité alimentaire.
Au-delà des chiffres, l’ensemble des résultats positionne le nord tunisien comme une zone à fort potentiel minier, capable de contribuer de manière significative à la chaîne mondiale des engrais phosphatés. La combinaison d’une ressource importante, d’un procédé simplifié et d’avantages opérationnels place désormais le projet Gasaat parmi les développements miniers les plus surveillés du secteur phosphatier émergent.



