60e anniversaire de la Télévision tunisienne : Six décennies de récits collectifs
60 ans de télévision nationale, ça rallume les mémoires. Oui la Télévision tunisienne fête ses soixante ans, et derrière ce chiffre rond se cache une véritable fresque nationale.
Six décennies de visages, de voix, de génériques devenus familiers, de soirées partagées autour d’un écran qui, bien plus qu’un meuble, fut une fenêtre ouverte sur le monde et un miroir de la société.
La Presse — Depuis ses premières émissions en 1966, la télévision publique a accompagné les mutations du pays : elle a vu défiler les grandes heures politiques, les bouleversements sociaux, les enthousiasmes culturels. Elle a été témoin des joies collectives, des crises traversées, des débats passionnés. Elle a surtout offert aux Tunisiens un espace commun, un lieu où se tisse le fil invisible de la mémoire audiovisuelle.
Cet anniversaire n’est pas seulement une célébration nostalgique. Il est aussi une promesse : celle de continuer à évoluer, à se réinventer. Car la télévision n’est plus seulement un poste dans le salon ; elle est désormais une plateforme qui doit dialoguer avec le numérique, rivaliser avec les réseaux sociaux, séduire des générations connectées. La Télévision tunisienne, en annonçant une programmation spéciale et des événements tout au long de l’année 2026, affirme sa volonté de rester au cœur de la vie culturelle et médiatique.
Il faut saluer les artisans de cette histoire-aventure : journalistes, techniciens, réalisateurs, artistes. Tous ont contribué à bâtir un patrimoine audiovisuel qui appartient à la nation. Leur travail, souvent discret, a façonné des repères collectifs : une chanson entendue, une image gravée, une émission qui a marqué une époque.
Soixante ans, c’est l’âge de la maturité. Mais c’est aussi celui où l’on peut encore surprendre. La Télévision tunisienne doit désormais conjuguer héritage et audace, mémoire et modernité. Elle doit être capable de préserver ses archives tout en inventant de nouveaux formats, de rester fidèle à sa mission de service public tout en s’ouvrant aux langages contemporains.
Car au fond, la télévision n’est pas qu’un média : elle est une scène nationale. Et la question qui se pose aujourd’hui, dans un monde saturé d’images et de flux numériques, est cruciale : comment une télévision publique peut-elle continuer à être le lieu du récit collectif, sans se perdre dans le brouhaha des écrans ?



