gradient blue
gradient blue
Editorial

Un enjeu d’anticipation et de réactivité

  • 2 juin 2026
  • 3 min de lecture
Un enjeu d’anticipation et de réactivité

Tous les indicateurs confirment que la Tunisie, après une longue période d’incertitude, a réussi, tout au long de ces dernières années, à retrouver certaines certitudes économiques,  améliorer son niveau de résilience, stabiliser sa croissance avec des perspectives positives et, surtout, soigner progressivement ses finances publiques. Les appréciations des agences de notation internationales, la reconsidération, positive, bien entendu, des instances régionales et internationales de leurs positions, notamment financières, à l’égard de notre pays et le regain du capital confiance auprès des donneurs d’ordres sont autant de facteurs qui confortent ce «diagnostic».

Mais cela ne signifie pas que notre pays a atteint les rivages ou encore qu’il s’est assuré une marge de sécurité suffisante. On est toujours en plein chantier et surtout bien en deçà de nos objectifs stratégiques.

On reconnaît, en effet, que les tensions géopolitiques internationales et les nouvelles compositions de l’économie mondiale ont fini par créer une atmosphère de doute et d’invisibilité. Les «chocs pétroliers, le durcissement monétaire des grandes banques centrales, et la reprise des politiques commerciales et industrielles agressives aux Etats Unis, en Europe et en Chine, ont aggravé encore plus la situation», réaffirme l’Institut arabe des chefs d’entreprise dans une note parue tout récemment. On retient ainsi une rupture avec «une période de relative stabilité» et l’émergence «d’un environnement beaucoup plus fragmenté».

Pour la Tunisie, l’Iace parle désormais «d’un retour à l’incertitude» et suppose même «une remise en question des belles projections préétablies».

Toutefois, en dépit de la complexité de la situation actuelle, l’on estime qu’il ne faut pas trop dramatiser. Car notre pays dispose d’assez d’arguments pour résister et même avancer. Il suffit, seulement de savoir les faire prévaloir et les mettre totalement à profit.

On pense ainsi, comme l’atteste la note de l’Iace, qu’il est important aujourd’hui de peaufiner encore plus notre modèle de développement national en repensant, d’abord, certains aspects et en insérant, ensuite, de nouveaux paramètres qui soient en mesure d’améliorer la capacité de l’économie nationale  en termes d’anticipation, de réactivité et de résilience.

Et il faut dire que c’est, notamment, notre dépendance aux importations aussi bien énergétiques que céréalières qui donne davantage  de légitimité au besoin de notre modèle économique de corrections bien ciblées.

Ce qui est, de toute évidence, essentiel, c’est que les éventuelles corrections que pourrait subir notre modèle de développement permettent à nos architectes et à nos décideurs d’intégrer «durablement l’instabilité, assez fréquente, du marché international dans toutes les stratégies et programmations économiques».

L’essentiel serait, également, de trouver les bonnes parades pour la valorisation de certaines ressources hautement importantes et toujours en mal d’exploitation. On pense, en priorité, aux énergies renouvelables qui constituent, à elles seules, un potentiel stratégique capable, une fois bien utilisé, de placer notre pays dans une position de choix au double niveau national et international.

Auteur

Anis SOUADI

You cannot copy content of this page