Nous avons pensé en avoir terminé avec les derbys. Et voilà qu’un autre s’annonce des plus passionnants. Il oppose, à partir d’aujourd’hui, le ministère de l’Education et les prestataires de services dans un domaine pointu qui semble décidé à vaincre les dernières hésitations de ceux qui «n’ont pas le droit d’échouer, qui doivent être les meilleurs, ceux qui ont des comptes à rendre à leur milieu familial en premier lieu et vis-à-vis des camarades et copains, ensuite».
La Presse — Le contournement des règles d’évaluation des candidats ne date pas d’aujourd’hui et n’épargne aucun pays au monde. Il est motivé par la pression qui pèse surtout sur ceux qui n’ont pas assez travaillé et qui pensent pouvoir compenser leur léthargie en cours d’année, en faussant la règle du jeu.
Pour enrayer ce phénomène, tout un pays est en alerte. Nombre de ministères sont mobilisés, notamment ceux des Technologies de la communication, de la Santé et de l’Intérieur.
En privilégiant la prévention, les autorités cherchent, avant tout, à protéger ces jeunes qui sont tentés, influencés par une préparation psychologique aussi poussée qu’insistante.
Le ministère a pris bien entendu toutes les précautions pour assurer le bon déroulement de cette session et n’a caché ni les interventions directes qui seront assurées sur le terrain ni, bien entendu, les complications qui attendent ceux qui tenteront le tout pour le tout. C’est dire que lorsqu’il s’agit d’avenir, il n’est pas question de tergiverser.
Le plus curieux, c’est qu’on a l’impression d’assister à une épreuve de force, à une confrontation directe, à un affrontement, à un duel entre deux adversaires dont l’un représente le bien et l’autre le mal.
Un face-à-face sans rémission entre les deux antagonistes qui se connaissent bien.
La pression que met le désir de réussir, le manque de préparation, la démotivation, l’effet de groupe, étant donné que la tricherie est parfois perçue comme un jeu ou un moyen de réaction vis-à-vis de la société, sont les arguments les plus exploités pour essayer de convaincre ceux qui sont dos au mur.
L’organisation des examens nationaux constitue une étape importante, compte tenu de leur lien avec la valeur de l’éducation et l’acquisition de connaissances.
Le ministère œuvre depuis le début de l’année scolaire en cours pour garantir le bon déroulement de ces examens.
C’est dans son droit et il est de son devoir de veiller sur la crédibilité de ses diplômes. Question de prestige de l’enseignement dispensé dans le pays, d’abord, et, ensuite, il n’est pas question que les futurs lauréats aient une certification entachée de quoi que ce soit.
Et comme il est d’usage, les réseaux sociaux ne manqueront pas de s’enflammer une fois les premiers sujets remis, arguant qu’il y a eu fuite. Rien que pour désorienter les organisateurs et encourager ceux qui ne se sont pas décidés à tricher, à foncer tête baissée dans la souricière.
Et ce jeu dure depuis des années. Les deux adversaires se préparent bien à l’avance. Les prestataires de services qui assurent que leurs nouvelles découvertes ou technologies sont imparables et garantissent une sécurité absolue, engagent des porte-voix discrètes et qui savent distiller de manière méthodique l’information. Cette discrétion est en fait largement sous contrôle des services compétents, qui relèvent de plusieurs ministères. Tout est suivi à la trace. La réaction est rapide pour dissuader ceux qui sont poussés dans leurs derniers retranchements.
L’image des parents, de la famille, des copains et copines sont devant eux et ils ne peuvent la chasser de leur esprit. En fin de compte, tout est près pour prendre le risque. Les réseaux sont de plus en plus agissants, mais les précautions prises par l’organisateur, qui joue à découvert, les sanctions brandies et rappelées, les lourdes conséquences ont de quoi tout remettre en question.
Le ministère, dans ce bras de fer, continue à œuvrer pour fournir aux candidats des conditions sereines et propices, indiquant que le personnel des centres d’examen a été formé à la détection des différentes tentatives de fraude.
Cette lutte contre la fraude est d’ailleurs une lutte de tous les jours, en raison des évolutions technologiques et de l’ingéniosité des «inventeurs des moyens de la triche»
Le ministère qui ne tolérera aucune tentative de tricherie a précisé que les statistiques de la session précédente du baccalauréat ont montré que le pourcentage de candidats ayant tenté de tricher s’élevait à 0,6%, et que les mesures disciplinaires nécessaires ont été prises à leur encontre.
En définitive, les parents ont bien le droit d’exiger des résultats, étant donné qu’ils se saignent à blanc pour assurer les cours de soutien tout au long de l’année. Mais ces parents devraient absolument sensibiliser leurs enfants à la nécessité de ne pas mettre en jeu leur avenir et emporter avec eux des appareils électroniques, tels que les lunettes connectées, les écouteurs ou le téléphone portable, afin d’écarter toute suspicion.
D’ailleurs, pour éviter tout risque, des espaces ont été aménagés au sein des centres d’examen, pour que les élèves puissent déposer leurs effets personnels et remettre leurs téléphones ou appareils électroniques avant d’entrer dans les salles d’examen.
C’est le moins qu’on puisse faire, étant donné qu’il est précisé que le fait de posséder un téléphone portable dans une salle d’examen constitue une fraude, même s’il est éteint.
Par quoi terminer ? Souhaiter la réussite du candidat le plus âgé à passer le baccalauréat cette année qui est âgé de 75 ans (section sport) et à la future mathématicienne, la candidate la plus jeune qui a 16 ans, semble le plus convenable.



