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Nouvelle stratégie nationale de commerce électronique : La Tunisie trace sa feuille de route à l’horizon 2031

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  • 3 juin 2026
  • 8 min de lecture
Nouvelle stratégie nationale de commerce électronique : La Tunisie trace sa feuille de route à l’horizon 2031

Les consultations nationales autour de la nouvelle stratégie de commerce électronique à l’horizon 2031 ont démarré hier à Tunis et se poursuivront jusqu’au 4 juin. Rassemblant des représentants des secteurs public et privé, des institutions financières, de la société civile et du monde universitaire, ces journées offrent un cadre de dialogue participatif visant à définir les priorités stratégiques de l’écosystème tunisien du commerce numérique pour les prochaines années.

La Presse — Ce projet s’appuie sur les résultats actualisés de l’évaluation de l’état de préparation de la Tunisie au commerce électronique (eT Ready), publiés en 2022, et sera enrichi par les recommandations issues des consultations nationales. Il est le fruit d’un travail engagé par le ministère du Commerce et du Développement des exportations avec l’appui financier du Secrétariat d’État à l’économie suisse (Seco) et l’assistance technique de la Cnuced. Les consultations nationales marquent, en effet, le coup d’envoi d’un processus qui s’achèvera en février 2027 avec la finalisation et la présentation de la nouvelle stratégie.

Une nouvelle ère numérique s’annonce 

A l’ouverture de la rencontre, le ministre du Commerce, Samir Abid, a souligné, dans son allocution , l’importance de cette stratégie dans un contexte national et international marqué par une profonde transition technologique. « Après les révolutions agricole et industrielle, puis l’avènement de l’économie de la connaissance, le monde connaît aujourd’hui une mutation profonde portée par la révolution numérique, les données, les plateformes digitales et, plus récemment, l’intelligence artificielle», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Cette transformation ne modifie pas seulement les modes de production et de consommation ; elle redessine les chaînes de valeur mondiales, crée de nouveaux centres de compétitivité et redistribue les opportunités de croissance entre les pays.

Dans ce nouvel environnement, les nations capables d’anticiper les mutations technologiques, d’investir dans l’innovation et d’adapter leurs modèles économiques seront celles qui créeront davantage de richesses, d’emplois et de prospérité pour leurs citoyens.
»

Soulignant que la Tunisie se prépare à cette nouvelle ère économique mondiale, le ministre a indiqué que le pays a lancé un processus ambitieux visant l’élaboration d’une stratégie nationale quinquennale dédiée au commerce électronique. Cette stratégie reposera sur une approche participative mobilisant, selon ses propos, les secteurs public et privé, la société civile, le monde universitaire et l’ensemble des parties prenantes autour d’une vision commune déclinée en objectifs stratégiques, programmes d’action, mécanismes de gouvernance et dispositifs de suivi et d’évaluation. Il a ajouté que cette stratégie constitue une étape déterminante pour accélérer la transformation numérique de l’économie tunisienne, renforcer sa compétitivité et positionner la Tunisie comme un acteur régional de référence dans le domaine du commerce électronique et des services numériques.

Bien plus qu’un simple levier de croissance … 

Affirmant qu’à l’échelle mondiale, le commerce électronique est devenu un véritable moteur de transformation économique, d’innovation et d’intégration dans l’économie mondiale, le ministre a précisé que, pour la Tunisie, l’enjeu est crucial. Bien plus qu’un simple levier de croissance, le commerce électronique représente un accélérateur de transformation économique, un facteur de modernisation de l’appareil productif, un outil de développement des exportations et un puissant vecteur d’inclusion territoriale. « Il contribue également à la création d’emplois qualifiés, à la valorisation des compétences tunisiennes et à l’émergence de nouveaux modèles d’affaires fondés sur l’innovation et la connaissance. Dans un contexte international marqué par une intensification de la concurrence économique et technologique, le commerce électronique participe également au renforcement de notre souveraineté économique et numérique », a-t-il précisé.

L’ambition est, en ce sens, claire : la Tunisie ne doit pas être uniquement un marché consommateur de technologies développées ailleurs ; elle doit devenir un espace de création, d’innovation et de rayonnement économique capable de produire ses propres solutions numériques et de les exporter. Le ministre a poursuivi en affirmant que, pour atteindre cet objectif, le pays dispose d’atouts considérables, notamment des compétences humaines reconnues, un écosystème entrepreneurial et de startups parmi les plus dynamiques du continent africain, une diaspora fortement connectée à l’économie mondiale ainsi qu’une position géographique privilégiée, au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe. Le responsable a ajouté que cette stratégie ambitieuse ne part pas de zéro.

Elle s’appuie sur plusieurs acquis dont dispose la Tunisie, notamment un cadre réglementaire relatif au commerce électronique mis en place dès le début des années 2000, un capital humain de qualité et un environnement entrepreneurial innovant propice au développement d’une économie numérique prospère. Mais des défis demeurent, poursuit-il.

Il s’agit principalement d’adapter en permanence le cadre réglementaire, moderniser les infrastructures logistiques, généraliser les paiements électroniques, renforcer la cybersécurité et améliorer la coordination institutionnelle.
Autant d’objectifs que la nouvelle stratégie nationale entend atteindre à l’horizon 2031 à travers une approche participative, inclusive et orientée vers l’action. « Notre ambition est claire : faire de la Tunisie, à l’horizon 2031, une plateforme régionale de référence pour le commerce électronique, l’innovation numérique et les services digitaux à haute valeur ajoutée », a-t-il martelé.

Et d’ajouter : « Nous voulons également permettre à un plus grand nombre de PME tunisiennes d’accéder directement aux marchés internationaux et de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la transformation numérique mondiale. »

Une étape décisive  

Dans ce cadre, le ministre a rappelé que la Tunisie s’est engagée dans la modernisation de son cadre juridique afin de l’aligner sur les standards internationaux, notamment ceux de la Commission des Nations unies pour le droit commercial international. Plusieurs initiatives structurantes ont déjà été lancées, en ce sens,, notamment la relance du programme Easy Export, la digitalisation croissante des procédures du commerce extérieur, le développement de la facturation électronique, la généralisation progressive des signatures numériques sécurisées, ainsi que les avancées enregistrées dans les domaines des paiements mobiles et de l’identité numérique. « Les résultats obtenus sont encourageants et témoignent du potentiel considérable de notre écosystème numérique », a-t-il souligné.

Il a également indiqué que le lancement récent de la marketplace internationale du Centre de promotion des exportations constitue une étape importante dans le renforcement de la visibilité des entreprises tunisiennes sur les marchés internationaux. Il a ajouté que cette nouvelle stratégie permettra, par ailleurs, de garantir une répartition équitable des bénéfices de cette transformation entre les régions, les jeunes, les femmes et l’ensemble des acteurs économiques, dans une logique d’inclusion, d’équité et de développement durable.

« Nous avons l’opportunité de faire du numérique un puissant levier de croissance, de développement régional, d’inclusion sociale, de création d’emplois qualifiés et de rayonnement économique. La réussite de cette ambition dépendra de notre capacité collective à fédérer les énergies, à mobiliser les compétences et à agir dans un esprit de responsabilité partagée », a-t-il conclu.

Soulignant l’importance de cette initiative, Rana Taha, coordinatrice résidente des Nations unies en Tunisie, a affirmé que l’élaboration de la nouvelle stratégie de commerce électronique marque une étape décisive dans le positionnement de la Tunisie en tant que hub numérique compétitif dans la région.

« Aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape afin de traduire ce diagnostic en un cadre cohérent reposant sur une vision commune, des piliers stratégiques clairement définis, une gouvernance robuste et des objectifs de mise en œuvre réalistes. Notre défi consiste à élaborer une stratégie à la fois inclusive et opérationnelle, capable de permettre aux microentreprises, aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu’aux citoyens, de participer pleinement au commerce électronique et d’en tirer profit», a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que le commerce électronique constitue un puissant levier pour accompagner la transition de l’économie tunisienne vers un modèle durable et numérique. Il peut, selon elle, améliorer l’efficacité, réduire les coûts et ouvrir de nouvelles opportunités à l’international, notamment dans des secteurs à forte valeur ajoutée tels que les services numériques, le textile moderne, l’artisanat et l’agriculture durable.

Rappelant l’appui de la coopération suisse à l’économie tunisienne, l’ambassadeur de Suisse en Tunisie, Josef Renggli, a souligné que cette dernière vise à favoriser une croissance durable, stable et inclusive, créatrice d’emplois en Tunisie. Il a affirmé que le soutien proposé dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle stratégie nationale du commerce électronique a pour objectif de renforcer l’intégration de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales. Le commerce électronique étant aujourd’hui un levier majeur de transformation économique et un facteur déterminant dans la création de nouvelles opportunités de développement.

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Auteur

Marwa Saidi

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