La Tunisie bénéficiera d’un financement direct de 2 millions de dollars (environ 5,8 millions de dinars tunisiens) dans le cadre d’un projet international de restauration des écosystèmes du lac Ichkeul et des zones humides environnantes. L’initiative, financée par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mise en œuvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), s’inscrit dans un programme global approuvé lors des réunions du Conseil du FEM à Samarcande, en Ouzbékistan.
Le projet, dont le budget global s’élève à 8,8 millions de dollars, sera déployé sur la période 2026-2028. Il cible le parc national d’Ichkeul ainsi que son bassin hydrographique, situé dans le gouvernorat de Bizerte.
Un écosystème sous pression climatique et hydrologique
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national d’Ichkeul est l’une des zones humides les plus importantes d’Afrique du Nord et un site majeur pour les oiseaux migrateurs entre l’Europe et l’Afrique.
Ces dernières années, l’écosystème du lac a subi une dégradation progressive, marquée par une baisse des apports en eau douce, une augmentation de la salinité et la dégradation de certaines zones humides, aggravées par les épisodes de sécheresse successifs en Tunisie.
Selon les données techniques du projet, ces déséquilibres résultent principalement de la diminution des flux hydriques provenant des oueds alimentant le lac, combinée aux effets du changement climatique et à la pression croissante des activités humaines sur les ressources naturelles.
Quatre axes d’intervention prioritaires
Le programme s’articule autour de quatre principaux axes. Il prévoit d’abord la restauration des écosystèmes aquatiques et des zones humides du lac. Il vise également à améliorer la gestion des ressources en eau afin d’assurer un équilibre durable entre eaux douces et eaux salées.
Le projet inclut par ailleurs le renforcement des dispositifs de suivi environnemental, grâce à l’introduction de technologies modernes de surveillance de la qualité de l’eau, ainsi que la consolidation de la gouvernance participative des ressources naturelles.
Il prévoit aussi un appui au comité de gestion de la réserve, avec un renforcement de ses capacités techniques et une meilleure organisation de l’exploitation des ressources du bassin, notamment en matière de pâturage et de pêche, tout en réduisant les pressions environnementales liées à certaines pratiques agricoles.
Une attention particulière sera accordée aux populations riveraines du parc national. Le projet entend développer des alternatives économiques adaptées aux contraintes climatiques et à la raréfaction de l’eau, notamment à travers l’écotourisme et la valorisation des produits locaux, afin de réduire la pression sur les écosystèmes.
L’UICN assurera la mise en œuvre du projet en coordination avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, à travers la Direction générale des forêts et le Commissariat régional au développement agricole de Bizerte.
Actuellement en phase finale de préparation, le programme devrait entrer en phase opérationnelle au cours de la période 2026-2028.



