La division de recherche indépendante du cabinet de conseil en performance « Melqart Partners » publie une nouvelle étude intitulée « Géographie financière de la Tunisie ». À travers une analyse approfondie de la répartition territoriale des agences bancaires et de l’allocation du capital, cette note met en lumière les contrastes régionaux qui structurent encore le paysage financier tunisien. L’étude propose une lecture renouvelée des dynamiques bancaires nationales et souligne les enjeux d’inclusion financière, de développement régional et d’efficacité économique à l’horizon 2026.
La Presse — La nouvelle étude publiée par « Melqart Partners » apporte un éclairage original sur la manière dont les ressources financières sont distribuées à travers le pays. Intitulée « Géographie Financière de la Tunisie », cette recherche analyse le secteur bancaire sous un angle rarement exploré, celui de la géographie économique et de la répartition spatiale des infrastructures financières.
L’étude s’appuie sur l’examen de la densité des réseaux d’agences bancaires, de la concentration des dépôts et des crédits ainsi que des flux financiers entre les différentes régions du pays. L’objectif est de comprendre comment l’implantation des établissements bancaires influence l’accès au financement, l’activité économique locale et les perspectives de croissance régionale.
Déséquilibre régional
L’un des principaux constats de la note concerne la forte concentration des activités bancaires dans les grandes zones urbaines et littorales. Les gouvernorats du Grand Tunis continuent de représenter le principal centre de gravité du système financier national. Cette concentration se traduit par une présence élevée d’agences, une collecte importante de l’épargne et une part prépondérante des financements accordés aux entreprises et aux particuliers.
À l’inverse, plusieurs régions de l’intérieur du pays demeurent caractérisées par une densité bancaire plus faible. Cette situation se traduit souvent par un accès limité aux services financiers, une moindre capacité de mobilisation de l’épargne locale et des difficultés accrues pour les entreprises souhaitant obtenir des financements. Selon l’étude, ces disparités contribuent à renforcer les écarts de développement économique observés entre les différentes régions.
La note souligne également que la présence physique des agences bancaires reste un indicateur pertinent malgré la progression des services numériques. Si la digitalisation transforme progressivement les modes d’accès aux services financiers, les agences continuent de jouer un rôle central dans l’accompagnement des clients, la distribution du crédit et le développement des relations de proximité avec les acteurs économiques locaux.
L’analyse de « Melqart Partners » met en évidence une corrélation significative entre densité bancaire et dynamisme économique. Les territoires bénéficiant d’un maillage bancaire plus dense affichent généralement une activité entrepreneuriale plus soutenue, un niveau d’investissement supérieur et une meilleure intégration dans les circuits financiers nationaux. À l’inverse, les zones sous-équipées tendent à présenter des indicateurs économiques moins favorables, alimentant ainsi un cercle de sous-développement financier et économique.
La digitalisation devrait continuer à progresser
L’étude s’intéresse également aux mécanismes d’allocation du capital. Elle observe que les ressources collectées dans certaines régions ne sont pas nécessairement réinvesties localement. Une partie importante de l’épargne mobilisée dans les territoires périphériques est orientée vers les pôles économiques les plus attractifs, où les opportunités d’investissement sont perçues comme moins risquées et plus rentables. Ce phénomène contribue à accentuer les déséquilibres territoriaux existants.
À l’horizon 2026, les auteurs anticipent une poursuite de la transformation du paysage bancaire tunisien sous l’effet de plusieurs facteurs. La digitalisation des services financiers devrait continuer à progresser, modifiant progressivement les stratégies d’implantation des banques. Toutefois, cette évolution ne devrait pas conduire à la disparition du réseau physique, mais plutôt à sa réorganisation autour de modèles hybrides associant proximité territoriale et services numériques.
La recherche met également en avant les opportunités offertes par les nouvelles technologies financières pour améliorer l’inclusion bancaire dans les régions moins desservies. Les solutions digitales, les services mobiles et les plateformes de paiement électronique pourraient contribuer à réduire certaines contraintes géographiques et à élargir l’accès aux services financiers pour les populations éloignées des centres urbains.
Une meilleure répartition encourage l’investissement
Au-delà du diagnostic, l’étude formule plusieurs pistes de réflexion pour les décideurs publics et les acteurs du secteur financier. Elle insiste notamment sur l’importance d’une approche territoriale de la politique bancaire, visant à renforcer la présence financière dans les zones insuffisamment couvertes. Une meilleure répartition des infrastructures financières pourrait favoriser l’investissement local, soutenir la création d’entreprises et contribuer à une croissance plus équilibrée à l’échelle nationale.
En proposant une cartographie détaillée des dynamiques bancaires tunisiennes, « Géographie Financière de la Tunisie » offre ainsi un outil d’analyse précieux pour comprendre les interactions entre finance et développement territorial. L’étude rappelle que l’accès au financement demeure un levier essentiel de développement économique et que la réduction des disparités régionales passe également par une meilleure distribution des ressources financières. À travers cette lecture géographique du système bancaire, « Melqart Partners » ouvre un nouveau champ de réflexion sur les conditions d’un développement plus inclusif et plus équilibré de l’économie tunisienne.



