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Khaled Nouri : “La Tunisie et l’Italie partagent une responsabilité commune face aux défis méditerranéens”

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  • 6 juin 2026
  • 7 min de lecture
Khaled Nouri : “La Tunisie et l’Italie partagent une responsabilité commune face aux défis méditerranéens”
crédit photo : ©Belhassen LASSOUED

Dans un contexte régional marqué par des transformations économiques profondes et des défis sécuritaires et migratoires croissants, la Tunisie et l’Italie confirment la solidité et la densité de leur relation bilatérale. À l’occasion de la célébration de la République italienne, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, a mis en avant un partenariat qualifié de “structurant, multidimensionnel et tourné vers l’avenir”, soulignant la convergence stratégique entre les deux pays sur les plans économique, humain et géopolitique.

Dans son allocution, prononcée à Tunis lors de la réception officielle organisée par l’ambassade d’Italie, le ministre a d’abord tenu à saluer l’événement commémoratif de la République italienne, qu’il a qualifié de moment hautement symbolique pour les relations bilatérales.

Mais au-delà de la dimension protocolaire, cette célébration prend une résonance particulière cette année, puisqu’elle coïncide avec le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Tunis et Rome.

Pour le ministre, cette double commémoration illustre une réalité plus profonde : celle d’un partenariat enraciné dans l’histoire méditerranéenne et porté par une dynamique continue d’évolution.

Une relation historique devenue partenariat structurant

Dans son discours, Khaled Nouri a insisté sur la profondeur historique des liens entre les deux pays, rappelant que la Méditerranée a toujours constitué un espace de circulation, de dialogue et d’échanges.

“Elle constitue une précieuse occasion de rappeler les valeurs communes et l’histoire riche qui unissent nos deux nations et nos deux peuples dans l’espace méditerranéen, qui a toujours été un pont de dialogue et de communication”, a-t-il souligné.

Cette dimension historique s’accompagne aujourd’hui d’une réalité diplomatique et économique particulièrement dense. Selon le ministre, les relations tuniso-italiennes se distinguent par leur stabilité, leur diversité et leur intensité croissante.

Elles reposent sur une tradition consolidée de dialogue politique et de concertation permanente, qui s’est traduite ces dernières années par une multiplication des visites officielles à haut niveau et une intensification des échanges institutionnels.

“Ces relations ont connu une dynamique exceptionnelle et un élan croissant, illustrés par les visites bilatérales réciproques au plus haut niveau de l’État”, a-t-il précisé.

Cette évolution témoigne, selon lui, d’une transformation progressive du cadre bilatéral : d’une relation diplomatique classique vers un partenariat multidimensionnel structuré autour d’intérêts partagés.

Le ministre de l’Intérieur a en outre mis en avant la dimension géopolitique de la relation tuniso-italienne, dans un contexte régional marqué par des crises multiples. Pour lui, les deux pays partagent aujourd’hui une responsabilité commune face aux défis sécuritaires, économiques et migratoires de la Méditerranée.

“Cette évolution positive reflète une volonté sincère de porter la coopération bilatérale vers de nouveaux horizons et de relever ensemble les défis régionaux complexes dans un esprit de solidarité et de responsabilité”, a-t-il affirmé.

Dans cette perspective, la relation entre Tunis et Rome ne se limite plus à une coopération sectorielle. Elle s’inscrit désormais dans une logique plus large de stabilité régionale et de co-développement. “Les relations tuniso-italiennes ne se limitent pas à des liens diplomatiques traditionnels ; elles constituent un véritable partenariat de destin”, a insisté Khaled Nouri.

Cette formule traduit entre autres une vision stratégique partagée : celle d’un espace méditerranéen interconnecté, où les équilibres politiques, économiques et humains sont étroitement liés.

Un partenariat économique en forte expansion

La dimension économique occupe une place centrale dans la relation bilatérale. Le ministre a présenté des chiffres illustrant la solidité de cette coopération. L’Italie est aujourd’hui le premier investisseur étranger en Tunisie dans le secteur de l’énergie et le troisième partenaire économique du pays en matière d’investissements directs étrangers. En 2025, près de 1 000 entreprises italiennes étaient implantées en Tunisie, représentant environ 3,7 milliards de dinars d’investissements.

“Ces chiffres témoignent de la confiance du partenaire italien dans le climat d’investissement tunisien”, a souligné le ministre.

Les échanges commerciaux suivent également une trajectoire ascendante. Ils ont atteint environ 20,5 milliards de dinars en 2025, avec une progression de 8 % enregistrée sur les premiers mois de l’année en cours. Pour sa part, le tourisme constitue aussi un pilier important de cette relation économique. Près de 161 000 touristes italiens ont visité la Tunisie en 2025, confirmant l’attractivité du pays sur le marché italien.

Dans ce contexte de croissance, les deux pays poursuivent la mise en œuvre de projets structurants, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et de l’eau. Parmi eux, le projet d’interconnexion électrique ELMED occupe une place stratégique. Il est décrit comme un véritable pont énergétique entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Le projet TANIT, financé par la partie italienne, vise quant à lui à renforcer la coopération dans les secteurs de l’agriculture et de la gestion des ressources hydriques.

Migration : une approche globale et équilibrée

La question migratoire a occupé une place importante dans le discours du ministre, qui a tenu à souligner les résultats positifs de la coopération bilatérale dans ce domaine.

“La coopération entre la Tunisie et l’Italie dans la lutte contre la migration irrégulière a enregistré des résultats très positifs au cours de l’année 2025”, a-t-il affirmé.

Mais au-delà de l’aspect sécuritaire, Khaled Nouri a insisté sur une approche globale, intégrant les dimensions économiques et sociales du phénomène migratoire. Cette approche repose sur la création d’opportunités économiques, le développement de l’emploi des jeunes, le renforcement des systèmes éducatifs et la promotion de la formation professionnelle.

“Cette démarche traduit la volonté des deux États de bâtir un partenariat stratégique fondé sur l’égalité, le respect mutuel et le partage des responsabilités”, a-t-il expliqué.

Dans cette logique, la migration n’est plus uniquement perçue comme un défi, mais comme un phénomène structurel nécessitant des réponses coordonnées et durables.

La diaspora tunisienne en Italie, un pont humain essentiel

Le ministre a en outre mis en lumière le rôle central de la communauté tunisienne établie en Italie, considérée comme un acteur clé du rapprochement entre les deux pays. Cette diaspora constitue la deuxième plus importante communauté tunisienne à l’étranger et contribue activement aux transferts financiers, à la circulation des compétences et à l’investissement.

Pour Khaled Nouri, cette présence représente un véritable levier de développement économique et social pour la Tunisie, mais aussi un facteur de rapprochement culturel et humain entre les deux sociétés.

Finalement et non moins important, le ministre a replacé les relations tuniso-italiennes dans un cadre plus large : celui de la Méditerranée. Il a rappelé que cet espace commun est aujourd’hui confronté à des défis sécuritaires, environnementaux et sociaux majeurs, qui exigent une coopération renforcée.

“La Méditerranée constitue un lien vital entre la Tunisie et ses partenaires européens”, a-t-il affirmé.

Dans ce cadre, la Tunisie réaffirme également son engagement à moderniser son partenariat avec l’Union européenne, notamment à travers la révision de l’Accord d’association afin de l’adapter aux mutations de l’économie mondiale. L’objectif est clair : renforcer l’intégration de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales, améliorer la compétitivité économique et favoriser les transitions énergétique et numérique.

“Entre économie, migration, énergie et culture, la Tunisie et l’Italie semblent désormais engagées dans une trajectoire commune, portée par une conviction partagée : celle d’un avenir méditerranéen construit ensemble… Il s’agit de bâtir un espace fondé sur la paix, la sécurité, la prospérité et le développement”, a résumé le ministre.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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