Adolescence captive de la fumée digitale
La cigarette est, en réalité, une porte dérobée, une voie royale vers des dépendances plus sombres. Derrière la fumée bleutée qui s’élève, il y a souvent l’ombre d’autres substances, plus dures, plus destructrices. Voilà pourquoi il faut serrer la vis, resserrer les boulons de la loi et de la vigilance : parce que chaque bouffée peut être le premier pas sur un escalier qui descend vers l’addiction.
Le ministère de la Santé vient d’annoncer la révision du cadre juridique de la lutte contre le tabagisme. Il ne s’agit plus seulement de cigarettes traditionnelles, mais de toute une galaxie de produits : cigarettes électroniques, sachets de nicotine, dispositifs aromatisés qui séduisent les adolescents par des parfums de fruits et de bonbons. Ces artifices ne sont pas innocents ; ils sont des appâts, des pièges tendus par des multinationales qui veulent capturer la prochaine génération dans leurs filets.
Il faut des lois qui protègent les enfants, des règles qui ne laissent aucune brèche. Interdire la publicité, bannir les arômes enjôleurs, rendre les espaces publics totalement sans tabac ni vapotage. Mais la loi seule ne suffit pas. Il faut aussi une pédagogie, une sensibilisation qui commence dès l’école. Car la dépendance ne se combat pas seulement par la répression ; elle se prévient par la connaissance, par la conscience des dangers.
La cigarette est une graine de dépendance. Elle sème dans le corps des maladies cardiovasculaires, respiratoires, plus de vingt types de cancers… En Tunisie, elle fauche chaque année 13 200 vies, soit une sur cinq. Elle coûte deux milliards de dinars en soins, mais le prix le plus lourd est celui payé par les familles endeuillées, par les enfants qui grandissent sans père ou sans mère.
Alors oui, il faut serrer la vis. Non par puritanisme, mais par humanisme. Parce que protéger la jeunesse, c’est protéger l’avenir. Parce que derrière chaque adolescent qui allume sa première cigarette, il y a un adulte en devenir, une promesse de vie qui mérite mieux qu’un destin en cendres.



