Le nombre de candidats inscrits au bac pour cette année s’élève, officiellement, à plus de 162.435. De fait, ce sont les effectifs les plus élevés au cours de cette décennie après les 151.553 de l’année dernière. Au cours de la période 2016-2026, on peut considérer que la moyenne des effectifs tournait autour de 130.000/an.
On a assisté à une évolution en dents de scie, puisqu’en 2021 on a enregistré 146.164 candidats tandis qu’en 2017, leur nombre s’était situé autour de 130.280.
La Presse — En vérité, ces chiffres ne reflètent pas, exactement, la réalité. Car dans les faits, il y a les inscrits, les présents et les absents.
La machine est bien rodée
Généralement, il y a toujours des candidats qui ne se présentent pas pour diverses raisons. Notamment parmi les candidats libres.
Ces absences tournent, chaque année, autour de 6.000. L’année précédente, par exemple, on avait enregistré 6.965 absences au niveau national. Un taux qui ne représente même pas 5 %. Le taux de présence, lui, était de 95.44 %.
Une petite différence est à relever pour caractériser les trois examens nationaux.
Si tous les lycéens de 4e année secondaire s’inscrivent, automatiquement, pour passer le bac, il n’en est pas de même pour leurs camarades de 6e ou de 9e.
Pour ces deux dernières catégories de niveaux, la participation à l’examen de “Sixième” n’est obligatoire que pour ceux qui cherchent à rejoindre un des 28 collèges pilotes. 3.850 places les y attendent. Les élèves de “Neuvième” peuvent, également, passer les épreuves du Dfeeb (général et technique). Une minorité obtiendra une place parmi les 3.700 offertes dans l’un des 26 lycées pilotes.
Dans tous les cas, le Dfeeb et la “Sixième” ne sont pas, uniquement, un visa pour intégrer un établissement pilote. De nombreux élèves les passent pour s’auto-évaluer et connaître les vraies conditions des épreuves nationales.
Pour ce faire, les autorités ont pris toutes les mesures nécessaires pour que tout se passe normalement. Les différents acteurs sont bien rodés dans de tels exercices et l’ont démontré tout au long des dernières décennies.
En effet, il s’agit de gérer des centaines de milliers de candidats dans les trois degrés d’enseignement. Le bac avec ses 162.000 candidats, la “Neuvième” avec ses 32.000 candidats et la ‘Sixième’ avec ses 62.000 candidats.
En tout, il faut compter pas moins de 256.000 élèves. À cela il faut ajouter au moins 150.000 agents pour superviser toute l’opération.
Mine de rien, c’est toute une armée qui veille sur les destinées de la jeunesse.
Triche : les dangers de la surmédiatisation
Aussi ne faut-il pas exclure les inévitables à-côtés.
Dans le cas d’espèce, il y a lieu de déplorer la surmédiatisation de ces événements même si cela est compréhensible. Cette année, particulièrement, il y a eu une focalisation plus forte que d’habitude sur le phénomène de la triche au bac. Cela a eu pour effet immédiat de créer un certain trouble parmi l’ensemble des intervenants et des candidats.
Tout le monde s’est emparé du moindre incident pour l’épingler. Certains médias en ont fait leur pain quotidien. Les réseaux sociaux traitent ces sujets comme si c’était une découverte. Or, ce phénomène (sans chercher à en minimiser l’impact) n’est pas l’apanage de notre pays.
Sa trop grande couverture médiatique et la judiciarisation poussée de certains cas génèrent un malaise certain dans la communauté éducative et chez les parents.
Certes, l’acte de fraude est répréhensible mais de là à ce que cela se transforme en affaire passible devant les juridictions ne fait qu’engager l’institution éducative sur une voie dangereuse.
Il est impératif d’en étudier les conséquences et prendre les précautions nécessaires avant qu’il ne soit trop tard. Car il faut, toujours, savoir raison garder.
Devant une telle question, l’important est de ne pas tomber dans le piège du dénigrement systématique de notre enseignement et de jeter l’opprobre et le discrédit sur toute la famille éducative. La campagne menée contre le fléau de la fraude est en train de prendre l’allure d’une cabale. C’est pourquoi il faut être vigilant et ne pas glisser sur la pente vers laquelle certains veulent mener notre système éducatif.
Déjà, cette œuvre de destruction a commencé avec l’arme des stupéfiants devant nos établissements scolaires et universitaires. Il est donc plus judicieux de concentrer tous les efforts en direction des bandes criminelles qui alimentent ces réseaux (fraude et drogue). Visons les têtes pensantes !
Plus de discrétion est nécessaire concernant nos examens. Il sera possible après leur bon déroulement de faire un bilan et publier les statistiques en question dans une option constructive.



