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Gestion de l’eau : cap sur 2050 avec 74 milliards de dinars d’investissements

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  • 9 juin 2026
  • 5 min de lecture
Gestion de l’eau : cap sur 2050 avec 74 milliards de dinars d’investissements

Face à l’aggravation du stress hydrique et aux effets croissants des changements climatiques, la Tunisie accélère la mise en œuvre de sa stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, un programme de transformation ambitieux destiné à garantir la sécurité hydrique du pays, moderniser les infrastructures et assurer la durabilité des ressources en eau pour les générations futures.

Présentée lors du conseil ministériel restreint consacré au système de l’eau, présidé mardi par la Cheffe du gouvernement, Sarra Zafrani Zanzeri, cette stratégie constitue l’un des plus importants programmes publics liés aux ressources naturelles et à la sécurité alimentaire en Tunisie.

Quatre axes structurants pour une gestion durable de l’eau

La stratégie nationale s’articule autour de quatre axes majeurs, regroupant 43 programmes et environ 1200 mesures et projets.

Le premier axe est consacré à la mobilisation et à la diversification des ressources en eau. Il prévoit le renforcement des ressources conventionnelles et le développement des ressources non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau et la réutilisation des eaux traitées.

Le deuxième axe porte sur l’amélioration de la gouvernance et de la performance des réseaux hydrauliques. Il vise la modernisation des infrastructures, la réduction des pertes dans les réseaux de distribution et l’introduction de systèmes numériques intelligents pour une gestion plus efficace et en temps réel des ressources.

Le troisième axe concerne la transition énergétique du secteur de l’eau. Il ambitionne de réduire les coûts de production et de distribution grâce au recours aux énergies renouvelables, à la modernisation des stations de pompage et à l’intégration de solutions photovoltaïques dans les infrastructures hydrauliques.

Le quatrième axe est dédié à la durabilité environnementale et à l’adaptation au changement climatique. Il inclut la protection des ressources naturelles, la collecte des eaux pluviales, la valorisation des eaux non conventionnelles et l’adaptation des usages agricoles aux nouvelles contraintes climatiques.

Un investissement global de 74,515 milliards de dinars

La stratégie prévoit un volume d’investissements estimé à 74,515 milliards de dinars à l’horizon 2050.

Plus de la moitié de ces investissements, soit 53 %, seront consacrés à la valorisation des ressources hydriques non conventionnelles ainsi qu’à des projets structurants visant à renforcer la sécurité hydrique nationale.

Les investissements concernent notamment la mobilisation des eaux de surface et souterraines, le développement des infrastructures de transfert, la modernisation des réseaux d’eau potable et d’irrigation, ainsi que la réhabilitation des systèmes hydrauliques existants.

Ils incluent également le développement des capacités de traitement et de réutilisation des eaux usées, la collecte des eaux pluviales, la protection des terres agricoles et le déploiement des énergies renouvelables dans le secteur de l’eau.

Une priorité donnée aux ressources non conventionnelles

La stratégie accorde une place centrale aux ressources hydriques non conventionnelles, considérées comme un levier essentiel pour réduire la pression sur les barrages et les nappes phréatiques.

Le recours au dessalement de l’eau, la réutilisation des eaux usées traitées et la valorisation des eaux secondaires dans l’agriculture constituent des axes prioritaires de cette transformation.

Cette orientation vise à renforcer la résilience du système hydrique face aux périodes de sécheresse prolongées et à garantir un approvisionnement plus stable et diversifié.

Modernisation, digitalisation et efficacité des réseaux

La stratégie 2050 prévoit également une modernisation complète des réseaux hydrauliques afin d’améliorer leur rendement et de réduire les pertes d’eau.

Elle inclut la généralisation des outils numériques de gestion, la mise en place de plateformes de suivi en temps réel et l’introduction de systèmes intelligents de détection des fuites.

L’objectif est d’améliorer la performance globale du réseau, d’optimiser la distribution et de mieux anticiper les besoins en eau à l’échelle nationale.

Transition énergétique et réduction des coûts

Le secteur de l’eau est également intégré dans une dynamique de transition énergétique visant à réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

La stratégie prévoit le développement de projets d’énergie solaire, notamment des centrales photovoltaïques d’une capacité globale de 225 mégawatts, ainsi que la modernisation des stations de pompage et des infrastructures énergivores.

L’objectif est de ramener la part des coûts énergétiques à moins de 17 % du coût total de production et de distribution de l’eau d’ici 2030, contre environ 27 % actuellement.

Enfin, la stratégie intègre plusieurs innovations technologiques destinées à améliorer la gestion des ressources hydriques.

Parmi elles figurent le développement de plateformes numériques d’aide à la décision, la modernisation de la cartographie bioclimatique, la réduction de l’évaporation des plans d’eau et le recours à des techniques comme l’ensemencement des nuages et les panneaux photovoltaïques flottants.

Ces innovations visent à améliorer la précision de la gestion des ressources, à renforcer l’efficacité des politiques hydriques et à anticiper les effets du changement climatique.

Encadré | Les fondamentaux de la stratégie 2050

* 4 axes stratégiques majeurs

* 43 programmes structurants

* Environ 1200 mesures et projets

* 74,515 milliards de dinars d’investissements

* 53 % dédiés aux ressources non conventionnelles

* 225 MW de capacité solaire prévue

* Objectif : renforcer la sécurité hydrique et la résilience climatique

* Réduction de la part des coûts énergétiques à moins de 17 % d’ici 2030

Meriem

R.I

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Auteur

La Presse

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