Ils ont dit
Ibrahim Debache
Représentant de l’AHK Tunisie et président de la Csncca
La Presse — « Nous faisons face aujourd’hui à de grandes difficultés, mais aussi à de réelles opportunités qu’il nous appartient de transformer en réalisations concrètes au service du développement de cette industrie. L’enjeu n’est plus uniquement celui de l’automobile en tant que tel, mais plutôt de notre capacité à attirer de nouveaux investisseurs.
Dans ce cadre, l’initiative portée par les chambres de commerce et d’industrie en Tunisie et en Allemagne, lancée en 2018, prend tout son sens. Nous en sommes aujourd’hui à la quatrième édition. Pour rappel, la première édition s’est tenue à Sousse et portait sur l’industrie 4.0. Dès le départ, l’industrie automobile était au cœur des réflexions, étant l’un des secteurs prioritaires les plus importants en Tunisie. À travers les chaînes de sous-traitance et les relations avec les donneurs d’ordres internationaux, nous avons su développer un tissu industriel performant, capable de faire émerger de véritables champions nationaux devenus des leaders à l’échelle mondiale. Cela démontre clairement notre capacité à évoluer et à nous positionner dans une industrie en pleine transformation. Aujourd’hui, nous devons nous assurer que nous disposons des compétences et des outils nécessaires pour jouer un rôle majeur dans la mutation de l’industrie automobile.
L’Europe demeure un marché clé, notamment en tant que principal partenaire commercial. Parallèlement, de nouvelles opportunités émergent en provenance de l’Asie, tandis que le marché africain offre des perspectives de développement prometteuses. Toutefois, l’Europe évolue et exprime de nouveaux besoins auxquels nous devons nous adapter. Cela passe notamment par le développement de compétences dans le software, les systèmes embarqués et les nouvelles technologies intégrées dans les véhicules.
Chaque année, plus de 7.000 ingénieurs diplômés sortent de nos universités. L’enjeu est de les intégrer dans le tissu économique national, de favoriser leur évolution en Tunisie et de faire de notre industrie automobile un moteur de croissance locale. L’objectif en matière d’investissement direct étranger est donc de renforcer cette attractivité».
Amira Smaoui Jamoussi
Partner Business Consulting à «EY»
« Les experts d’EY partagent leur expérience et leur expertise sur un constat clé issu du baromètre des entreprises : près de trois quarts des organisations n’ont pas encore réellement engagé de projets structurés en matière d’IA.
La série vise à explorer l’intelligence artificielle sous plusieurs angles : stratégique et transformationnel, technologique, sectoriel (banque, industrie, services), ainsi que ses impacts sur les collaborateurs et les modèles organisationnels. Elle aborde également la question de l’IA responsable.
L’objectif est d’aider les dirigeants et les auditeurs à mieux comprendre les technologies d’IA, à identifier leurs cas d’usage et à se projeter dans une transformation concrète des entreprises. L’IA est présentée comme un levier stratégique permettant de répondre à trois objectifs majeurs : croître, optimiser et protéger l’activité.
Les applications sont multiples : amélioration de l’expérience client, optimisation des coûts, maintenance prédictive, accélération des processus financiers ou encore développement commercial. L’IA transforme profondément les modèles économiques.
Parmi les exemples évoqués figurent l’évolution vers les outils d’IA générative, ainsi que des solutions industrielles permettant de concevoir des produits en temps réel grâce à l’IA. La démarche recommandée repose sur une approche progressive : acculturation des équipes, identification de cas d’usage, priorisation selon l’impact et la faisabilité, puis déploiement de solutions rapides avant la construction d’une stratégie IA globale alignée sur les objectifs de l’entreprise.
Enfin, la réussite de cette transformation repose sur un fort engagement de la direction générale, une gouvernance claire, la mobilisation des équipes métiers et le renforcement des fonctions liées à la data et au digital ».





