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Tribune – Immigration irrégulière en Tunisie : Pour un débat fondé sur les faits et le respect de la souveraineté nationale

  • 9 juin 2026
  • 4 min de lecture
Tribune – Immigration irrégulière en Tunisie : Pour un débat fondé sur les faits et le respect de la souveraineté nationale

Le récent communiqué signé par plusieurs associations et partis politiques au sujet de la situation des migrants originaires d’Afrique subsaharienne en Tunisie suscite de nombreuses interrogations. Au-delà des considérations humanitaires, qui doivent naturellement demeurer au cœur de toute politique publique, ce texte donne l’impression de présenter une lecture unilatérale de la réalité migratoire tunisienne et d’ignorer des éléments essentiels du contexte.

En premier lieu, le communiqué évoque de manière générale les «migrants» sans distinguer clairement les personnes en situation régulière de celles qui se trouvent sur le territoire tunisien en infraction avec les lois relatives à l’entrée et au séjour des étrangers. Cette distinction est pourtant fondamentale. La question soulevée aujourd’hui par une grande partie de l’opinion publique tunisienne concerne avant tout l’immigration irrégulière et les défis qu’elle pose en matière de sécurité, d’équilibre social, de gestion des ressources publiques et de respect de la législation nationale.

En second lieu, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient de «complicité» ou de «banalisation» de la part des institutions de l’État. Une telle accusation apparaît excessive au regard des efforts consentis depuis plusieurs années par les autorités tunisiennes. Malgré les difficultés économiques que traverse le pays, les structures publiques continuent d’assurer des prestations sanitaires et sociales à de nombreux ressortissants étrangers présents sur le territoire national. Les établissements hospitaliers tunisiens accueillent quotidiennement des patients étrangers, y compris des personnes en situation administrative précaire, illustrant ainsi l’attachement de la Tunisie aux principes de solidarité et de dignité humaines.

Par ailleurs, le communiqué fait référence à une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux et présentée comme la preuve d’une agression particulièrement grave visant une famille migrante. Or, dans un État de droit, la vérité des faits ne peut être déterminée ni par les réseaux sociaux ni par l’émotion suscitée par certaines images. Seules les enquêtes menées par les autorités compétentes permettent d’établir les responsabilités et l’authenticité des événements rapportés. Dès lors, toute affirmation définitive avant la conclusion des investigations officielles doit être considérée avec prudence.

Plus largement, il est regrettable que certains acteurs de la société civile semblent considérer toute critique de l’immigration irrégulière comme une manifestation de racisme ou de xénophobie. Une telle approche empêche un débat serein et démocratique sur une question qui préoccupe une partie importante de la population tunisienne. Défendre l’application des lois relatives à l’immigration ne signifie pas rejeter les étrangers ni nier leur dignité humaine. Il s’agit simplement de rappeler que chaque État souverain dispose du droit légitime de contrôler ses frontières et d’organiser les conditions d’entrée et de séjour sur son territoire.

Les récentes manifestations pacifiques organisées par des citoyens tunisiens témoignent d’ailleurs d’une préoccupation réelle concernant l’ampleur du phénomène migratoire irrégulier. Ces citoyens expriment une attente claire : voir les autorités appliquer la loi de manière équitable et efficace, dans le respect des droits fondamentaux mais également dans le respect des intérêts nationaux.

La Tunisie a toujours été reconnue pour son hospitalité et son ouverture. Cependant, l’hospitalité ne saurait être confondue avec le renoncement à la souveraineté nationale ni avec l’acceptation d’une immigration irrégulière incontrôlée. Il est donc nécessaire d’aborder cette question avec responsabilité, objectivité et respect des institutions de l’État.

Le débat sur l’immigration mérite mieux que les procès d’intention et les accusations généralisées. Il exige une confrontation honnête des faits, une écoute attentive des préoccupations des citoyens et une recherche de solutions conformes à la fois aux exigences de l’État de droit, aux intérêts de la Tunisie et au respect de la dignité humaine de toutes les personnes concernées.

* Consultant en logistique

 

N.B. : L’opinion émise dans cette tribune n’engage que son auteur. Elle est l’expression d’un point de vue personnel.
Auteur

Leith LAKHOUA

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