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Nabeul : l’INSSPA met en garde contre l’eau vendue par des camions ambulants

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  • 14 juin 2026
  • 4 min de lecture
Nabeul : l’INSSPA met en garde contre l’eau vendue par des camions ambulants

Face à la recrudescence de la vente d’eau de provenance inconnue par des camions-citernes circulant dans plusieurs quartiers résidentiels et axes routiers du gouvernorat de Nabeul, les autorités chargées du contrôle de la qualité de l’eau ont renouvelé leur appel à éviter la consommation de ces produits, jugés non conformes aux exigences de sécurité sanitaire et susceptibles de présenter des risques pour la santé.
Le président de l’INSSPA, Mohammed Rabhi, a indiqué que ce phénomène s’est étendu à plusieurs régions du pays. Il a souligné que ces eaux, dont l’origine demeure inconnue, échappent à tout contrôle sanitaire et constituent un danger potentiel pour les consommateurs.

Selon lui, les citernes et les récipients utilisés pour le transport et le stockage de cette eau ne disposent pas des certifications sanitaires requises. Ils ne font notamment pas l’objet d’évaluations permettant de vérifier l’absence de migration de substances plastiques vers l’eau.

Mohammed Rabhi a également averti que l’exposition prolongée des citernes et contenants en plastique aux rayons directs du soleil favorise la libération de composés chimiques potentiellement toxiques. À cela s’ajoutent l’absence de désinfection adéquate et des conditions de transport souvent aléatoires, qui augmentent les risques de contamination bactérienne et microbienne.

Le responsable a insisté sur le fait que les dangers liés à cette eau ne se limitent pas aux intoxications immédiates pouvant provoquer vomissements ou diarrhées. La consommation régulière de cette eau pourrait entraîner une accumulation progressive de contaminants dans l’organisme et accroître le risque de développer diverses maladies et complications sanitaires à long terme.

Par ailleurs, le président de l’Instance a rappelé que l’eau minérale embouteillée est soumise à des contrôles réguliers et que les bouteilles commercialisées disposent des certifications sanitaires nécessaires. Il a toutefois souligné l’importance du respect des conditions de stockage et de transport de ces produits sensibles, notamment en les protégeant de l’humidité, de la chaleur, de l’exposition au soleil et des substances chimiques. Une mauvaise conservation peut en effet provoquer une dégradation du plastique et la migration de certains composants vers l’eau.

De son côté, le chercheur Hamza Fell, du Centre de recherches et des technologies des eaux, a indiqué que des analyses effectuées sur des échantillons d’eau commercialisée comme « eau de source » par des camions ambulants ont révélé que la plupart de ces eaux étaient en réalité des eaux dessalées et filtrées. Selon lui, elles sont souvent pauvres en sels minéraux essentiels, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé lorsqu’elles sont consommées de manière régulière.

Le spécialiste a également mis en avant les risques liés aux conditions de transport et à l’absence de désinfection, qui favorisent la prolifération des bactéries. Il estime qu’environ 30 % des consommateurs se tournent vers ces eaux en raison de leur faible coût par rapport à l’eau minérale embouteillée. Pour une famille de cinq personnes, la facture mensuelle en eau minérale peut varier entre 120 et 150 dinars, alors que de nombreux ménages évitent également l’eau du robinet en raison de sa salinité élevée dans certaines régions.

Enfin, Hamza Fell a expliqué que le stockage prolongé de l’eau dans des contenants plastiques exposés à la chaleur favorise le développement des germes. Il recommande aux consommateurs de désinfecter l’eau à l’aide de quelques gouttes d’eau de Javel afin de limiter les risques de contamination.

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Auteur

La Presse

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