Développement et justice réparatrice
La relance par le Président de la République de la réconciliation pénale, que tout le monde pensait moribonde, se présente comme un choix incontournable pour moraliser la vie publique, lancer de grands projets, notamment régionaux, créer de nouvelles richesses et alléger ainsi la pression sur nos finances publiques.
Cette parade financière locale est d’autant plus indispensable que les instances internationales ne cessent, ces derniers temps, de multiplier les alertes prévenant une baisse sensible de la croissance pour plus des deux tiers des économies mondiales. Ce qui signifie un risque conjoncturel qui serait, vraisemblablement, très lourd de conséquences financières.
Cette opération, tout comme celles de l’amélioration du rendement fiscal, la rationalisation de certaines dépenses publiques ou encore la consolidation des politiques protectionnistes, pourrait constituer, en cas de bonne gestion — conditionnée, bien entendu — une piste sérieuse et un complément financier assez conséquent, surtout que certains parlent de sommes colossales détournées.
N’oublions pas que cette loi avortée ou mise en instance à plusieurs reprises, après l’échec de la gestion des deux premières commissions, a été dictée, en effet, par le souci «d’améliorer le climat de l’investissement et d’augmenter la restitution, par les chefs d’entreprise corrompus, de l’argent qui devrait servir à des projets de développement». Il était donc question, comme cela a été présenté à l’époque, d’un moyen pour «promouvoir la justice transitionnelle, débloquer un dossier qui entrave depuis longtemps l’élan économique et créer une nouvelle atmosphère propice à la liberté d’initiative».
Les enjeux semblent ainsi assez importants pour repenser et creuser sérieusement ce projet qui pourrait aider le pays à élargir son cercle de financement et retrouver un dynamisme socioéconomique, notamment dans les zones intérieures qui nécessitent une revalorisation urgente
Et même si certains critiques pensent que ce projet est quelque peu problématique, il pourrait aider, d’une part, comme le soutiennent plusieurs analystes, à l’instauration d’une nouvelle politique de repositionnement «géofinancier» et permettre, d’autre part, de se libérer de certains diktats étrangers et de sécuriser davantage son avenir.
Autrement dit, la réconciliation pénale pourrait constituer, en cas de transparence et d’implication sérieuse, un outil de développement fiable, une garantie de sécurité durable, un facteur d’autonomie financière et, mieux encore, un processus de justice réparatrice.
Et si on allait plus loin, on pourrait avancer que cette réconciliation serait un mécanisme socioéconomique phare pour l’Etat et une nouvelle chance pour les graciés de retrouver une vie normale.



