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Culture

« Regards au quotidien » de Mokhtar Hnen : Héritage pictural vibrant de la Médina de Tunis

  • 16 juin 2026
  • 4 min de lecture
« Regards au quotidien » de Mokhtar Hnen : Héritage pictural vibrant de la Médina de Tunis

Ses tableaux capturent avec précision des métiers anciens et des paysages urbains, offrant une lecture nostalgique, mais vivante du patrimoine tunisien. Mokhtar Hnen représente l’un des derniers témoins de sa génération à pratiquer une peinture figurative riche en lumière.

La Presse —A travers l’exposition personnelle «Regards au quotidien», l’artiste utilise un style réaliste et impressionniste pour immortaliser l’architecture traditionnelle et les scènes de vie populaire de la Médina de Tunis, témoignant d’un désir profond de sauvegarder la mémoire des quartiers aujourd’hui disparus ou dégradés. Ses tableaux capturent avec précision des métiers anciens et des paysages urbains, offrant une lecture nostalgique mais vivante du patrimoine tunisien. Mokhtar Hnen représente l’un des derniers témoins de sa génération à pratiquer une peinture figurative riche en lumière.

A plus de 80 ans, Mokhtar Hnen continue à peindre et à exposer ses œuvres depuis 60 ans. Il peint toujours le même motif : la Médina de Tunis avec parfois quelques échappées à Bizerte, son fief natal. Actuellement 25 de ses  œuvres sont exposées à la Galerie Ain (Salambo-le Kram) dont il est resté fidèle. Son attachement inconditionnel à la Médina de Tunis n’est pas fortuit. Il est lié à sa formation.   

Autrefois, employé dans un Centre d’animation culturelle et passionné de peinture, il participe au hasard à un concours de dessin à l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis sise à Bab Sidi Abdessalem, qui proposait une formation professionnelle. C’est là qu’il a appris la peinture. Les enseignants Pierre Berjole ou encore Henri Saâda  envoyaient leurs élèves dans la Médina et ses faubourgs pour réaliser des croquis. Des exercices qui leur permettaient de mieux maîtriser les proportions des demeures, d’aiguiser leur regard et d’appréhender la réalité des quartiers de la Médina.

Après cette étape, Mokhtar Hnen réussit à se procurer un séjour à Cagnes Sur-Mer en France puis à Paris, affrontant les rues de Montmartre et du Mont-Saint-Michel pour se perfectionner dans le dessin et la peinture tout en faisant de menus boulots pour subvenir à ses besoins. Il a même appris à jouer de la trompette et travailler dans un cirque qui lui a permis de faire le tour du monde. Malgré ses nombreuses aventures et ses voyages, il est resté attaché à la Médina de Tunis dont il a fait le sujet de ses compositions.

Depuis plus d’un demi-siècle, il a consacré toute son œuvre à l’architecture et à la vie sociale d’un monde qu’il connaît bien. Il est resté le seul de sa génération qui continue à exercer le métier. La plupart de ses collègues artistes sont morts. Il a choisi d’adopter dans sa peinture le style réaliste. Une peinture figurative avec une note impressionniste anime ses tableaux colorés et lumineux. Il excelle dans la reproduction des détails d’une médina tombée en ruine.

Pour sauver la mémoire des quartiers dont une grande partie a disparu, il revisite une époque passée, mais aussi une peinture révolue en se servant de la technique du figuratif. L’histoire qu’il raconte est reconstituée à partir des besoins d’aujourd’hui. Il propose une lecture du passé et non un retour au passé. La mémoire reconstitue donc le passé. Mais dans ses œuvres, on retrouve une infraction par rapport aux règles du figuratif. Dans certaines compositions, les visages sont suggérés et non marqués. Outre l’architecture de la Médina qu’il reconstitue, les métiers sont aussi ses sujets de prédilection.

«Ses regards au quotidien» on le retrouve dans une large palette : Marché de Halfaouine, Zawiat Bab Lakouass, Hammam, Bédouine prépare le couscous, le marchand d’oranges, le fleuriste, l’aiguiseur de couteaux, le cordonnier et ses escapades bucoliques : chemin vers le village, et d’autres  impasses et ruelles qui éveillent les souvenirs des visiteurs de cette exposition  qui se poursuit jusqu’au 20 juin 2026.

Auteur

Neila GHARBI

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