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Société

Clubs d’été : Fuir les écrans intelligemment !

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  • 18 juin 2026
  • 6 min de lecture
Clubs d’été : Fuir les écrans intelligemment !

Comment occuper son enfant durant les trois mois et demi de vacances estivales ? Cette année, les vacances semblent être trop longues pour se limiter aux divertissements anodins. Ces derniers pourraient, en effet, séduire les enfants durant les deux ou trois premières semaines, tout au plus !

A défaut d’activités, les enfants risqueraient de tomber dans le piège des écrans. Aussi, des établissements de prime enfance et autres, scolaires leur offrent-ils la possibilité d’intégrer des clubs d’été. L’objectif étant multiple et l’intérêt est, à la fois, préventif et curatif.

La Presse — Les responsables des clubs d’été pour enfants le savent pertinemment : il convient de prévenir l’addiction des enfants aux écrans, sinon d’y remédier intelligemment via sa substitution par des activités utiles et agréables. D’où l’intérêt d’organiser des clubs d’enfants durant les vacances d’été. Ces espaces apportent aux parents actifs la possibilité de garder les enfants durant les heures de travail.

Certes, mais les parents avisés décèlent dans cette offre d’autres vertus. Mme Hedia Madani, directrice d’une école primaire privée, et Mme Ichrak Brayes, directrice d’un jardin d’enfants, s’apprêtent, chacune de son côté, à ouvrir les portes de son établissement aux membres des clubs d’été respectifs.

Deux établissements, deux clubs d’été aux programmes différents et un objectif commun : protéger les enfants des écrans durant les heures passées au club ! « Les enfants de nos jours trouvent dans les écrans un amusement haut en risque. A défaut d’activités ludiques,  ils finissent immanquablement par se tourner vers la télé, le téléphone portable et la tablette.

Il s’agit d’une réelle addiction dont les répercussions sont de taille », souligne Mme Madani, qui porte aussi la casquette d’enseignante et de mère de deux enfants. Comme toutes les mamans soucieuses de la santé de ses enfants, elle supervise l’utilisation du téléphone portable par son fils, en la limitant dans le temps.

« Mon fils âgé de sept ans se met dans tous ses états au moment où je coupe la connexion. Il s’énerve, saute et rechigne. Ce n’est qu’après un certain temps qu’il arrive à se calmer, progressivement. Cela prouve la gravité et la dangerosité des écrans sur nos enfants. D’autant plus que leur impact sur leur santé oculaire est indéniable : la majorité des enfants inscrits à l’école portent déjà des lunettes de vue ! », confie-t-elle. 

Connaissant bien ce comportement, Mme Brayes observe souvent les signes trahissant les troubles que génère l’utilisation des écrans chez les enfants. « Nous collaborons régulièrement, indique-t-elle, avec des spécialistes à même de déceler les problèmes développementaux et communicationnels chez l’enfant, notamment des pédopsychiatres, des orthophonistes… Le  retard du langage, l’hyperactivité et le manque de concentration ne sont plus considérés comme des cas isolés. Ils reviennent dans la majorité des cas à l’exposition aux écrans ».

Le divertissement ciblé

Pour contribuer au « sevrage numérique » des enfants, les clubs d’été ouvrent leurs portes, proposant différentes activités ludiques en préservant, aussi, la connectivité des enfants avec le milieu scolaire et parascolaire. Intégrant ces espaces, les enfants entrent de plain-pied dans un monde juvénile autre que celui purement éducatif.

« Les clubs d’été n’obéissent pas à la rigueur infaillible de l’école. Nous faisons imposer la discipline autrement. Nous visons à occuper l’enfant durant les quatre ou cinq heures matinales en exploitant ces dernières dans des activités auxquelles il n’a pas l’habitude de s’adonner.

A la maison, par exemple, poursuit Mme Madani, les enfants ne lisent que rarement ou peut-être jamais ! Mais dès qu’il s’agit d’une séance de lecture dans le cadre d’un groupe, les choses changent et le plaisir de la concurrence prend le dessus. Il faut admettre aussi que les clubs d’été favorisent le contact des enfants avec leurs semblables, créant de nouvelles amitiés, ce qui est fondamental pour leur développement psycho-affectif et leur sociabilité », explique Mme Madani.

Mission accomplie !

Certainement, pour fuir les écrans, il faudrait occuper l’enfant, attirer son attention et charger sa journée par des activités tentantes : voilà l’alternative selon Mme Brayes. « Si l’enfant échappe aux écrans de 7h à 15h et qu’il bénéficie, en revanche, d’activités ludiques et autres d’apprentissage, notre mission serait parfaitement accomplie !

Comme vous le savez, un enfant âgé de moins de cinq ans ne devrait pas suivre des cours. Cela dit, il doit toucher à certaines activités qui faciliteraient son apprentissage des couleurs, des formes, etc. L’idée étant de jouer en apprenant et d’apprendre en jouant. Dans le club d’été, les enfants profitent d’activités amusantes comme la peinture, le théâtre, la cuisine, la danse, la poterie et autres comme l’éducation religieuse.

Les maîtresses veillent aussi à inculquer les principes du savoir-vivre auprès des enfants ». Il est à noter que les enfants âgés de six à treize ans disposent d’autres centres d’intérêt adaptés à leur âge et niveau cognitif comme la robotique, le bricolage, les langues, etc.

Inscrire son enfant dans un club d’été n’est pas uniquement une solution de gestion du planning familial durant les heures de travail, mais un choix qui sert le développement communicationnel et cognitif de l’enfant. Un choix qu’imposent le mode de vie actuel, les risques numériques, les familles nucléaires et l’isolement auxquels sont confrontés les enfants de nos jours.

Dans le temps où la vie virtuelle n’était qu’une expression barbare et insensée, les enfants n’étaient point collés à la télé. La communication avec leur milieu familial et leurs semblables était évidente. S’ouvrir sur autrui et s’éveiller à la vie ne nécessitaient pas de clubs. Aujourd’hui, ces derniers viennent au secours des parents et des enfants en mal de temps, de contact et de dialogue ; une prestation précieuse au sens propre et figuré, qui ne convient pas, décidément, aux petits revenus…

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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