Economie

Utica-Conect-TRE : Un capital humain et financier à mieux valoriser

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  • 4 août 2026
  • 7 min de lecture
Utica-Conect-TRE : Un capital humain et financier à mieux valoriser

Si les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger demeurent une ressource essentielle pour l’économie nationale, l’enjeu consiste désormais à orienter une partie de ces fonds vers des investissements productifs. C’est le message porté par l’Utica et la Conect lors du séminaire régional des Tunisiens à l’étranger. Les deux organisations patronales plaident pour une meilleure mobilisation des compétences, des réseaux et du potentiel d’investissement de la diaspora afin d’en faire un véritable levier de développement économique.

La Presse — Présent à l’ouverture du séminaire régional des Tunisiens à l’étranger, dédié au deuxième district et organisé récemment à Tunis par l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) sous le thème « Nos compétences… une force motrice du développement national », le président de l’Utica, Samir Majoul, a salué cette rencontre qu’il considère comme une occasion de renforcer la coordination entre les différents intervenants et les membres de la diaspora. Cet événement vise, en effet, à examiner les moyens de transformer les compétences, les expertises et les énergies des Tunisiens résidant à l’étranger en opportunités d’investissement productif, au service du développement économique et de la création de richesse. Soulignant l’attachement constant de la diaspora tunisienne à son pays d’origine, Majoul a affirmé que les Tunisiens résidant à l’étranger constituent un capital humain d’une valeur inestimable pour la Tunisie. Cette communauté, qui compte plus de deux millions de personnes à travers le monde, représente, selon lui, un partenaire essentiel pour soutenir l’économie nationale et renforcer l’ouverture de la Tunisie sur son environnement international. Revenant sur cette initiative lancée par l’OTE dans le cadre d’un cycle de rencontres régionales, le président de l’Utica a indiqué qu’elle permettra aux membres de la diaspora d’avoir une vision plus globale de la carte des investissements en Tunisie et de découvrir la diversité des opportunités offertes par les différentes régions. Une démarche qui vise à favoriser leur implication dans la dynamique économique nationale en tant qu’acteurs du développement. « Le thème de cette rencontre traduit la volonté de valoriser le rôle économique croissant des Tunisiens résidant à l’étranger, non seulement à travers leurs contributions financières, mais également grâce à leurs compétences, leur savoir-faire et leurs réseaux de relations, qui constituent autant d’atouts pour promouvoir l’investissement, le transfert de connaissances et l’ouverture de nouvelles perspectives pour les entreprises tunisiennes», a-t-il indiqué.

Transferts en hausse et investissement productif

Selon Majoul, l’évolution des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, qui ont atteint près de 8,8 milliards de dinars en 2025, en progression de 6 % par rapport à l’année précédente, illustre parfaitement la solidité du lien qui unit la diaspora à son pays. Les estimations tablent d’ailleurs sur un dépassement du seuil des 9 milliards de dinars en 2026. « Ces chiffres ne représentent pas uniquement une ressource financière importante pour l’économie nationale. Ils témoignent avant tout de la confiance renouvelée que les membres de la diaspora accordent à leur pays et de leur volonté constante de contribuer à son développement, à sa résilience et à son essor », a-t-il précisé. Dans ce contexte, Majoul a appelé à mieux valoriser les transferts des TRE en favorisant leur orientation vers l’investissement productif. « Il s’agit d’orienter une partie de ces ressources vers des projets créateurs de valeur ajoutée, capables de générer de la richesse, de renforcer la compétitivité de notre économie et de favoriser son ouverture sur les marchés internationaux», a-t-il expliqué. Un défi qui suppose, selon lui, la mise en place d’un environnement favorable, de mécanismes d’accompagnement adaptés ainsi qu’une meilleure mise en relation entre les compétences et les hommes d’affaires tunisiens établis à l’étranger, d’une part, et le tissu économique national, d’autre part. Revenant sur les indicateurs économiques enregistrés au cours de la période récente, le président de l’Utica a estimé qu’ils envoient des signaux encourageants quant à la capacité de la Tunisie à retrouver son attractivité auprès des investisseurs. Ainsi, les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint environ 825 millions de dinars au cours du premier trimestre 2026, tirés notamment par le secteur industriel, qui demeure l’un des principaux moteurs de cette dynamique. « Ces résultats confirment que la Tunisie dispose de véritables atouts pour attirer des projets, notamment dans les secteurs à forte valeur ajoutée, tels que les industries mécaniques et électriques, l’agroalimentaire, les services numériques, les énergies renouvelables, l’économie verte ainsi que plusieurs autres secteurs porteurs », a-t-il ajouté. Évoquant le potentiel du deuxième district, objet de cette rencontre, l’intervenant a mis en avant son importance économique et démographique, qui en fait un marché intérieur particulièrement prometteur. Il a précisé, dans ce même contexte, que le Plan de développement 2026-2030 prévoit plus de 4 400 projets pour ce district, représentant un investissement global d’environ 28,6 milliards de dinars. Des perspectives qui offrent de nombreuses opportunités aux investisseurs privés dans des secteurs variés. Majoul a également souligné que l’Utica considère le secteur privé comme un partenaire incontournable de cette dynamique. « Dans cette perspective, l’Utica poursuivra son rôle d’accompagnement des investisseurs, de renforcement des liens entre les entreprises tunisiennes et les Tunisiens résidant à l’étranger, ainsi que de soutien à toutes les initiatives favorisant la création d’entreprises, le développement de la production et la promotion des exportations. Nous lançons aujourd’hui un appel aux entrepreneurs, industriels et compétences tunisiennes établis à l’étranger afin qu’ils contribuent à bâtir une nouvelle étape du développement national, où l’investissement sera un levier de valorisation des compétences, de modernisation de l’économie et de création d’opportunités pour les générations futures », a-t-il renchéri.

La diaspora, un prolongement de la culture tunisienne à l’international 

De son côté, le président de la Conect, Aslen Berjeb, a souligné que le profil de la diaspora tunisienne a profondément évolué. Elle compte aujourd’hui davantage de cadres, d’hommes d’affaires et de talents reconnus à l’échelle internationale dans des domaines variés. Cette transformation a, selon lui, fait évoluer les mentalités au sein de la diaspora et appelle à un changement de regard sur les Tunisiens résidant à l’étranger ainsi que sur la manière d’interagir avec eux. « Les TRE ne doivent pas être considérés uniquement comme des pourvoyeurs de devises. Certes, les 8,8 milliards de dinars de transferts de revenus constituent un montant important. Mais il ne faut pas le  comparer à d’autres secteurs économiques, comme le tourisme ou l’industrie, qui sont créateurs de la valeur ajoutée et d’emplois », a-t-il expliqué. Tout en reconnaissant l’importance de ces transferts, Berjeb a appelé à aller au-delà des chiffres pour réfléchir aux moyens de les investir durablement et d’en faire un véritable moteur de création de richesse. Établissant une comparaison avec d’autres économies similaires, le président de la Conect a révélé que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger demeurent en deçà des niveaux enregistrés dans ces pays. Il a ainsi appelé à identifier les mécanismes et les outils susceptibles de les améliorer. « Nous devons changer notre définition du TRE et ne plus le considérer uniquement à travers les transferts financiers qu’il réalise, mais également à travers les transferts de savoir-faire, de compétences et de valeur qu’il peut apporter à l’économie nationale. Il faut le voir comme le prolongement de la culture tunisienne à l’international », a-t-il insisté.

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Auteur

Marwa Saidi

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